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Concerts: compte-rendu
Alcatraz : jour 2 - libération
/ paru le 20/08/2016 /
Dimanche 14 août 2016. Nous n'avons pas encore fini de payer notre dette à la société. Le gang est de retour au pénitencier d'Alcatraz pour une seconde journée d'immersion sonore en milieu carcéral.

Le détenu se lève tôt dans la grande prison courtraisienne et le parterre qui accueille Flotsam And Jetsam est franchement loin d'être clairsemé.

Les courtes heures de sommeil auxquelles nous avons eu droit n'ont pas été réparatrices. Pas de souci. La prestation musclée de l'ancien gang de Jason Newsted nous fait autant d'effet qu'un plein bol de caféine liquide. Contrairement aux aumôniers de l'Église du Metal qui, hier à la même heure, nous avaient donné une messe un peu trop soporifique, Eric A.K. et ses acolytes n'attendent pas l'heure de l'apéro pour nous dénoyauter les olives. Les thrashers déversent tout ce qu'ils ont dans les trippes et offrent à l'Alcatraz son premier Mosh Pit. Voila qui est de bon augure pour le reste de la journée.

Il y a trois ans, le concert donné par Exodus sur les planches de ce même festival nous avait laissé de marbre. Depuis, le groupe californien s'est séparé du détestable (au point de vue vocal) Rob Dukes et a réintégré l'excellent Steve 'Zetro' Souza. La différence de style entre les deux vocalistes est phénoménale. Alors que Dukes ne faisait que déverser de la bile, Souza renoue avec les plaisirs du 'Friendly Violent Fun'. Le gaillard ne met pas bien longtemps à raviver les braises du foyer allumé par Erik A.K. et le pit s'embrase à nouveau au son des terribles "A Lesson In Violence", "Bonded By Blood", "The Toxic Waltz" ou "Strike Of The Beast".

Le Groove Death Metal standardisé à l'américaine vomi par l'insipide Dez Fafara et de son DevilDriver préfabriqué m'a toujours rebuté au plus haut point. Et puisqu'il faut absolument me retourner les trippes, je choisis de le faire en testant l'un des exotiques kébabs que les cuisiniers bénévoles de l'Alcatraz assaisonnent curieusement avec du piment... chinois. Moins téméraire que votre serviteur, l'ami Bernard Henri Leviathan (NDR : qui représente fièrement l'excellent webzine français Lords Of Chaos) préfère se restaurer à la manière des autochtones en goûtant aux traditionnelles frites/andalouse. Après avoir compté une dernière fois les piercings de Fafara, nous décidons d'aller débusquer Alain Boucly dans son habitat naturel : le bar de la presse. Comme nous nous y attendions, nous surprenons notre chasseur d'images officiel en charmante compagnie (NDR : une superbe créature nommée Marie-France qu'il essaie depuis toujours de faire passer pour son épouse, mais nous ne sommes pas dupes). Comme toujours, le fourbe nous propose d'acheter notre silence en nous offrant des rafraichissements houblonnés. Loin d'être incorruptibles, nous acceptons de bonne grâce.

Nous sommes toujours attablés lorsque les bardes de Korpiklaani déboulent sur les planches du pénitencier courtraisien. Par chance la table réservée par l'ami Alain nous offre une vue panoramique sur la scène et nous profitons confortablement des réjouissances offertes par la formation finlandaise. Enchantés par les mélodies folklorico-métalliques, nous ne manquons rien des amusantes chorégraphies rustiques du violoniste et nous jaugeons avec émerveillement la taille de la barbe du bassiste. Emporté par l'ambiance féérique (et les effluves alcooliques), notre sympathique photographe esquisse quelques jolis pas de danse avant de filer en direction de la scène pour immortaliser l'instant.

15h30. Je quitte le confort du bar de la presse à regret. Je ne peux décemment pas assister "à distance" au retour de Lita Ford sur les terres de notre bon Roi Philippe. Autours de moi, les commentaires vont bon train. De l'avis général, il est impossible qu'à 58 ans, l'ex-guitariste des Runaways soit toujours aussi pimpante que voudrait nous le faire croire la photo publiée dans le livret officiel du festival. Outre ces considérations purement esthétiques, je me demande à quelle sauce sonore nous allons être cuisinés. Car si je n'ai absolument aucune idée de ce que propose "Time Capsule", le dernier album studio de Lita Ford sorti cette année, je me souviens encore de l'intense déplaisir éprouvé en chroniquant (pour un autre webzine) son "Wicked Wonderland" semi-électronique de 2009. Il ne reste que quelques minutes à patienter et je serai fixé. Fixé n'est pas le mot. Je suis scotché. Car si le portrait a manifestement été retravaillé à la hache, le modèle a quand même conservé un certain charme. Côté son, nous avons droit à un set efficace, à forte teneur en Rock'n'roll, ce qui n'est pas pour me déplaire. Du hit "Gotta Let Go" extrait du "Dancing On The Edge" de 1984 au "Kiss Me Deadly" tiré de son opus éponyme de 1988, en passant par un hommage à "Lemmy" ("Can't Catch Me") et une électrisante version du "Cherry Bomb" des Runaways, la petite heure allouée au show de la chanteuse/guitariste est agréable de bout en bout, et ce, même si nous aurions pu nous passer de l'inutile solo de batterie. Au final, une très bonne surprise.

Il est un peu plus de 17h lorsque Children Of Bodom entre en scène. Absorbé par une importante conversation (de comptoir) avec mon ami Claude, je me contente de regarder la prestation des Finlandais d'un œil distrait. Entre deux gorgées de Maes Pils et deux anecdotes croustillantes, je m'émerveille des duels virtuoses qui opposent la guitare haineuse d'Alexi Laiho aux claviers magiques de Janne Warman. Il fait beau, la bière est fraiche, la compagnie agréable, la musique superbe. Tout va bien ! Pintje ? Non peut-être !

Tous les vingt ans, avec une régularité métronomique donc, Max Cavalera me gonfle. En 1996, il quitte Sepultura et c'est l'enfer. Impossible d'ouvrir un magazine sans le voir pleurnicher ou casser du sucre sur le dos de l'autre fils de sa mère. En 2016, il investit la scène de l'Alcatraz et m'extirpe de l'état de zénitude profonde dans lequel je suis plongé en massacrant le "The Trooper" d'Iron Maiden et l'"Iron Man" de Black Sabbath, et c'est l'enfer. Alors pour faire court , le concert de Soulfly, c'était un peu comme celui de DevilDriver, mais avec des maillots de foot en plus. C'était donc mieux que DevilDriver. Sauf si vous n'aimez pas le foot. Personnellement je n'aime pas le foot.

Heureusement, il y a Kreator ! Six ans après en avoir assuré la tête d'affiche, la 'Kréature' de Mille Petrozza réinvestit les planches de l'Alcatraz Metal Fest dans une impressionnante explosion de confettis blancs. Durant quelques secondes, nous avons l'impression de voir la neige tomber sur la prairie qui fait face au pénitencier. Si l'image est jolie, voire même bucolique, elle n'est pas tout à fait adaptée au style rageur des Teutons Flingueurs. Surtout que ces derniers ne ménagent pas vraiment les âmes sensibles en assénant, dès leur entrée en scène, un "Enemy Of God" ultra-cataclysmique. Bien plus malsain que le 'friendly violent fun' distillé ce matin par Exodus, le Thrash Metal noir qui suinte de la scène écrase littéralement l'assistance. Glissées entre les explosions de fureurs les plus récentes, quelques classiques des eighties tels que "Endless Pain", "Terrible Certainly" ou "Pleasure To Kill" sont interprétés avec une frénésie décuplée. Intense et décapant, Kreator démontre qu'il est toujours l'une des valeurs les plus sures de la scène Thrash Metal européene !

Lors de sa prestation au PPM Fest en 2013, Tobias Sammet avait promis de revenir nous enchanter les yeux et les oreilles avec Avantasia et, manifestement, il ne sait pas mentir ! Ce soir, Avantasia ne culmine pas au sommet de l'affiche de l'Alcatraz (comme il l'avait fait lors de son passage à Mons) et la représentation de son Opera Metal est un peu écourtée. (NDR : onze titres seulement alors qu'il en avait interprété une vingtaine il y a trois ans). Hormis trois titres extraits du dernier album en date ("Ghostlights" sorti au tout début de l'année) le show n'est pas vraiment différent de celui qui nous avait été offert précédemment. L'intro est identique (NDR : l’ouverture du "Also Sprach Zarathustra" de Richard Strauss). Le (super) line-up qui accompagne le vocaliste d'Edguy est sensiblement le même : Sascha Paeth et Oliver Hartmann tiennent toujours les guitares, Miro Rodenberg les claviers et Felix Bohnke la batterie. Amanda Somerville assure toujours avec brio le chant solo féminin et les chœurs. J'avoue ne pas avoir reconnu le second choriste. Du côté des solistes masculins, nous assistons aux retours flamboyants de Michael Kiske (ex-Helloween), Ronnie Atkins (Pretty Maids), Bob Catley (Magnum) et Eric Martin (Mr. Big). La seule véritable surprise provient de l'apparition inespérée du fabuleux Jørn Lande (ex-Masterplan, ex-Ark, ex-Yngwie Malmsteen).

Les décors sont plutôt superbes et la musique enchanteresse. Sammet, qui, en plus d'être un excellent chanteur, est aussi un amuseur né, nous offre quelques parties de franche rigolade et de fantastiques duos avec chacun des vocalistes présents. Ceux qui, comme moi, espéraient voir Dee Snider pointer le bout de son nez sur scène (NDR : puisqu'il pose ses vocaux sur l'un des titres de l'album "Ghostlights") sont un peu déçus. Tant pis, l'opéra est prenant de bout en bout et le Grand Final, au cours duquel tous les vocalistes chantent à l'unisson sur les fantastiques "Sign Of The Cross" et "The Seven Angels" est absolument bluffant. Superbe représentation.

23h05. Après deux journées passées à supporter le poids de ma bidoche cinquantenaire, mes pauvres talons tiennent à me faire savoir qu'ils en ont marre. Mes intestins, quant à eux, s'insurgent contre le traitement 'double-gras' qu'ils ont dû subir au cours des dernières 48h. Bref, je souffre le martyre (NDR : riez, vous verrez quand vous aurez passé la barre du demi-siècle, bande de gamins !) et je songe à l'évasion. Ah, quitter sournoisement le pénitencier, sans rien dire à personne, l'idée semble franchement bonne ! Si seulement nos geôliers avaient eu la bonne idée de proposer une platitude telle que Sabaton, Marylin Manson ou Within Temptation pour clôturer leur superbe festival, je serais parti sans une once de remord. Oui mais voilà, pour éviter les fuites prématurées, nos tortionnaires ont carrément programmé les adieux à l'Europe de Twisted Sister ! Les fourbes ! L'ami Bernard Henri Leviathan n'est pas dans un meilleur état que moi. Le gaillard m'explique qu'il est tiraillé par une terrible migraine (bizarre, je ne lui avais pourtant pas proposé de ramasser ma savonnette dans les douches...). Afin de soulager nos souffrance, je l'invite à prendre un acide... acétylsalicylique (bref une aspirine) dans ma voiture. Cette petite escapade nocturne nous tient jusqu'à 23h40 et nous manquons l'entrée en scène des sœurs tordues. Comme s'il avait remarqué notre hérétique absence, Dee Snider accueille notre retour par un terrifiant You're Gonna "Burn In Hell" !

Par un étrange hasard, les survivants de notre gang (qui s'étaient un peu éparpillés au cours des dernières heures) se retrouvent tous au même endroit pour assister à la Grand Messe du Rock'n'roll. Dépannés au niveau rythmique par l'intérimaire de luxe qu'est Mike Portnoy (ex-Dream Theater), Dee Snider, Jay Jay French, Eddie Ojeda et Mark Mendoza nous assènent les coups les plus fatals de leur répertoire : "Destroyer", "Like A Knife In The Back", "You Can't Stop Rock'n'Roll", "The Fire Still Burns", "I Am, I Am Me", "I Wanna Rock" ! À l'Alcatraz, les départs à la retraite se suivent et ne se ressemblent pas. Si celui de Whitesnake, hier, était un peu fade, celui de Twisted Sister est carrément flamboyant ! Il faut dire que Dee Snider est l'antithèse de David Coverdale. Ici, l'énergie du Rock'n'roll passe avant le look. Contrairement à l'Anglais, le New Yorkais n'a rien perdu de sa mobilité, ni de ses capacités vocales (NDR : par contre, il ne se soucie plus vraiment de sa permanente). À le voir gesticuler ainsi d'un bout à l'autre de la scène, on a peine à imaginer qu'il prépare son départ à la pension. Il y a d'ailleurs fort à parier que la cessation d'activités de Twisted Sister sera pour lui synonyme d'un nouveau départ ! La suite des évènements est empreinte d'émotions. Snider dédie le très mélancolique "The Price" aux disparus qui ont compté pour lui. Il évoque ainsi A.J. Pero, bien sur, le batteur historique des Sisters, décédé en mars de l'année dernière. Il nous parle également de Dio et de son bassiste Jimmy Bain et surtout, de Lemmy ! En entendant le nom du leader de Motörhead, l'Alcatraz s'embrase. Lemmy ! Lemmy ! Lemmy ! Les deux syllabes résonnent sur toute la plaine du festival. Le groupe est ému. Portnoy se lève pour applaudir la foule. Intense !

Après ces moments d'émotion, la machine infernale reprend de plus belle : "I Believe In Rock'n'roll", "Under The Blade". Toujours tiraillé par la douleur, je décide, à contrecœur, de rentrer au bercail. Je salue mes compagnons et me dirige vers la sortie. Cependant, je fais demi tour lorsque j'entends résonner les premières notes de l'hymnique "We're Not Gonna Take It". Ce serait trop con de manquer cela ! Tant pis, demain je me ferai greffer des talons en plastique et un intestin grêle en caoutchouc ! Lorsque la musique s'arrête, je joins ma voix aux milliers de gorges qui m'entourent pour hurler We're not gonna take it, oh no, we ain't gonna take it, we ain't gonna take it anymore ! Demain, il faudra que j'ajoute des cordes vocales neuves à ma commande d'organes artificiels. Snider profite de l'enthousiasme général pour rappeler que, s'il est aujourd'hui considéré comme un titre festif, "We're Not Gonna Take It" était un titre contestataire au moment de son écriture et qu'aujourd'hui encore, nous devons le chanter à tue tête pour faire comprendre à ceux qui tentent de museler nos libertés au nom de la religion que n'accepterons pas leur dictature ! We're not gonna take it, oh no, we ain't gonna take it, we ain't gonna take it anymore ! Avant de quitter la scène, Twisted Sister balance encore une dernière vérité commune à tous les détenus de l'Alcatraz : "It's Only Rock'n'Roll, But I Like It".

Bien sur, nous réclamons le retour du groupe à corps et à cris. Et, bien sur, nous obtenons gain de cause. Le quintette revient avec "Come Out And Play", qui n'est malheureusement pas son meilleur titre. Cependant, il balaie cette petite faute de goût avec un "Tear It Loose" on-ne-peut-plus ravageur. C'est l'heure des adieux. À l'exception de Portnoy, chacun des musiciens se présente devant le micro pour remercier les fans qui ont soutenu Twisted Sister durant quarante années. L'émotion est forte et Eddie Ojeda va même jusqu'à verser une larme. Beau et troublant à la fois ! Avant de nous condamner à son absence ferme et définitive, le groupe nous gratifie encore d'un "S.M.F." bien senti et disparait dans les lueurs d'un feu d'artifice. Twisted Sister vient d'offrir son dernier décibel à l'Europe ! Le monde du Rock'n'roll ne sera plus jamais pareil.

Merci à l'organisation de l'Alcatraz pour sa généreuse invitation et pour tous ces fabuleux moments musicaux (et gastronomiques). Merci à Alain Boucly d'avoir immortalisé tout cela en image. Et plus personnellement, merci au gang (Jean-Marc, Claude, Yann, Jean-Christophe et Eric) d'avoir fait de ces deux journées d'incarcération l'un des weekends les plus mémorables de cette année 2016 !
Photos © 2016 Alain Boucly

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