Alcatraz 2015 : deux jours fermes, sans sursis
Date: 13/08/2015 à 00:00
Catťgorie: Concerts

La sentence est sans appel : un weekend d'incarc√©ration sonique au p√©nitencier d'Alcatraz !



Samedi 8 ao√Ľt 2015.
10h30. Encadr√© par quelques-uns des membres de mon gang, je remonte p√©niblement la longue all√©e qui m√®ne aux portes de la forteresse. Quelques milliers de patibulaires trainent le pas dans la m√™me direction et les minutes se font longues. En deux jours, nous serons 17.000 cod√©tenus √† arpenter ce couloir de la mort. Les m√Ętons de l'Alcatraz sont plut√īt g√©n√©reux envers les 'balances' de mon genre et comme les autres membres de la presse, je b√©n√©ficie de quelques avantages en nature (NDR : un parking proche de l'entr√©e, un portail d'acc√®s rapide au site, une salle de repos pourvue de si√®ges confortables et un acc√®s √† une terrasse avec vue sur la sc√®ne) qui me valent quelques regards m√©prisants et quelques remarques d√©gradantes. Pas de souci, j'ai renonc√© √† toute fiert√©, il y a quelques ann√©es de cela, lorsque je me suis associ√© √† l'inf√Ęme Bernie pour faire ce sale boulot. Les fans du Keupon Photographe remarqueront qu'une fois de plus, celui-ci brille par son absence. R√©cemment enchain√© √† un boulet plus joli, le mono-neuronal a carr√©ment refus√© son transfert √† l'Alcatraz. Une trahison impardonnable qui me contraint √† faire une nouvelle fois alliance avec ce voleur d'images d'envergure internationale qu'est Alain 'The French Mitrailleur' Boucly.

L'administration p√©nitentiaire semble presque aussi lente que l'administration tout court. Nous prenons donc un peu de retard et il est 11h20 lorsque nous nous plantons face √† la sc√®ne o√Ļ les aum√īniers de Wolf tentent d√©j√† d'acclimater l'assistance √† sa nouvelle situation carc√©rale. Le quatuor su√©dois balance encore vingt bonnes minutes d'un Heavy M√©tal frais, mais classique, avant de laisser sa place au suivant.

Un peu moins frais, mais tout aussi classique, Armored Saint s'empare dess planches.
Le groupe culte qui, on s'en souvient, est mené par l'excellent John Bush (ex-Anthrax) sert aussi de refuge temporaire à Joe Vera de Fates Warning. À voir la foule qui s'agglutine malgré le soleil de plomb, nous comprenons que les yankees sont toujours en odeur de sainteté dans nos contrées et ce, même s'ils ont abandonné depuis longtemps le port de l'armure. Les classiques que sont "March Of The Saint", "Reign Of Fire" ou "Can U Deliver" font la joie des convaincus et des nostalgiques. Deux nouveaux titres ("Mess" et "With Hands Down") servent d'introduction au nouvel opus "With Hands Down", sorti il y a peu chez Metal Blade Records.

La tension monte d'un cran lorsque les r√©cidivistes de Death Angel entrent dans la place (NDR : c'est d√©j√† leur troisi√®me s√©jour √† l'Alcatraz). Faute d'√™tre vraiment surprenante, la prestation des San Franciscains est franchement d√©capante. Si les classiques se font rares (un seul extrait de "The Ultra Violence", un autre de "Act III" et carr√©ment aucun de "Frolic Through The Park"), les titres plus r√©cents remplissent parfaitement leur fonction agitatrice et les premiers rangs en profitent pour s'adonner √† de sympathiques √©chauffour√©es circulaires.
Celles et ceux d'entre vous qui consultent r√©guli√®rement notre feuille de chou virtuelle se souviennent peut √™tre que je n'ai pas vraiment appr√©ci√© le go√Ľt de la derni√®re galette de Moonspell. Je choisis donc de laisser aux autres le soin d'appr√©cier cette la triste cuisine portugaise afin d'aller d√©guster une sp√©cialit√© exotique cuisin√©e √† partir de ces tubercules que nos cousins germains appellent 'Kartoffeln' et qui, une fois d√©coup√©s en lamelles, plong√©s dans l'huile bouillante et recouverts d'un coulis gras et √©pic√© de couleur orange (que l'on m'a affirm√© √™tre d'origine andalouse) se r√©v√®lent fort succulents.
Apr√®s son retour frisquet au PPM 2013 et sa prestation semi d√©sertique au Brielpoort de Deinze quelques mois plus tard, Queensr√Ņche tente, une fois encore, de d√©montrer la validit√© de son retour aux affaires. √Ä l' exception du titre "Arrows Of Time" qui est extrait du dernier album en date, la setlist n'est constitu√©e que de classiques soigneusement choisi dans une discographie allant de l'EP classique "Queen Of The Reich" de 1983 au ph√©nom√©nal "Operation : Mindcrime" de 1988. Plus souriants que lors de leurs deux prestations pr√©c√©dentes, les musiciens nous offrent un set remarquable, mais sans v√©ritable surprise. Todd La Torre est toujours parfait dans son r√īle de substitut de Geoff Tate, m√™me s'il semble parfois devoir se faire aider par la magie de la r√©verb√©ration pour pouvoir tenir la note de son pr√©d√©cesseur. Un concert agr√©able, mais sans plus.

La tonne de superlatifs requis pour décrire correctement la prestation suivante ne rentre pas vraiment dans le budget de Music In Belgium. Je devrai donc me résigner à vous faire une description au rabais et me contenter de vous dire qu'elle était fantastique, époustouflante, mirobolante, mirifique et sensationnelle. Imaginez un groupe réunissant une brochette d'artistes que vous admirez depuis longtemps, qui interprètent une collection de titres que vous considérez comme la crème des classiques et vous comprendrez la joie éprouvée par votre serviteur durant ce concert du Michael Schenker's Temple Of Rock. Comme son nom l'indique, le groupe est mené par le guitar-hero ultime qu'est Michael Schencker. Ce dernier s'est entouré de camarades de jeu rencontrés lors de son séjour chez Scorpions (Herman Rarebell à la batterie, Francis Buchholz à la basse), de l'excellent Doogie White (ex-Rainbow, ex-Malmsteen, ex-Tank, etc.) au chant et de Wayne Findlay (l'un de ses lieutenants chez MSG) aux claviers et à la guitare rythmique pour réinterpréter quelques incontournables d'UFO et des Scorpions ainsi, bien sur, quelques titres plus récents. Au nombre des très bons moments de la prestation, nous retiendrons bien sur, l'ouverture sur l'incontournable "Doctor Doctor" d'UFO, le fédérateur "Lights Out" du même 'ovni', l'ultraculte "Lovedrive" des Scorpions, l'un peu moins recommandable (mais très bon quand même) "Rock You Like A Hurricane" de la 'bestiole à pinces' et surtout le fantastique final à rallonges de "Rock Bottom". Les musiciens semblent prendre un plaisir démesuré à jouer ensemble et leurs sourires perpétuels s'étendent à la foule. Pour ma part, l'un des meilleurs concerts donnés à l'Alcatraz cette année.
Nous accueillons ensuite Overkill avec tout le respect qui est d√Ľ au parrain de la sc√®ne Thrash New Yorkaise. Toujours men√© par les ind√©boulonnables Bobby 'Blitz' Ellsworth au chant et D.D Verni √† la basse, le gang relance le d√©bat sur la violence en milieu carc√©ral. Les uppercuts Thrash M√©talliques fusent de toutes parts et l'assembl√©e se transforme en un maelstrom de jambes, de bras et de molaires. Le groupe h√©rite malheureusement du triste privil√®ge de b√©n√©ficier du son le plus pourri de la journ√©e, chose qui g√Ęche un peu le plaisir que nous √©prouvons √† les voir interpr√©ter les classiques du genre que sont "Hammerhead", "In Union We Stand", "Rotten To The Core", "Elimination" et, bien sur, l'hymne du jour "Fuck You" !
L'artiste suivant est un enfant sauvage de 58 ans, il veut √™tre quelqu'un depuis 1984 et il baise comme une b√™te ! Vous l'avez compris, Blackie Lawless se fait l'Alcatraz pour la seconde ann√©e cons√©cutive. Le leader de W.A.S.P. semble de bien meilleure humeur qu'en 2014 et sa prestation du jour y gagne beaucoup. La setlist est fort similaire √† celle de l'ann√©e pr√©c√©dente (NDR : les 4 premiers titres sont carr√©ment les m√™mes) mais personne ne semble dispos√© √† lui en tenir rigueur. Les festivaliers (jeunes ou vieux) reprennent en chŇďur les hymnes que sont "On Your Knees", "L.O.V.E. Machine", "Wild Child", "I Wanna Be Somebody" et "Blind In Texas" et l'heure de musique allou√©e au groupe passe √† vitesse grand V.
L'organisation de l'Alcatraz est d√©cid√©ment bien g√©n√©reuse puisqu'elle a gentiment pr√©vu de faire jouer les groupes que je n'appr√©cie pas √† l'heure des repas. Je garde donc de Trivium le souvenir d'une prestation d√©licieuse o√Ļ se sont succ√©d√©s les hits que sont 'Pain Saucisse', 'Boulette Curry Ketchup' et 'Kebab' ainsi qu'un final explosif sur un 'Maes Pils' d'anthologie que mes amis et moi m√™me r√©clamerons plusieurs fois en rappel ! On ne le r√©p√®te pas assez souvent aux jeunes g√©n√©rations : le Metalcore, ce n'est vraiment pas bon pour la ligne !

Nombreux √©taient celles et ceux qui attendaient le retour de Nightwish √† l'Alcatraz. Depuis la derni√®re prestation du groupe au p√©nitencier de Courtrai en 2013, l'int√©rimaire qu'√©tait Floor Jansen √† sign√© un contrat √† dur√©e ind√©termin√©e. C'est donc elle qui domine √† nouveau les planches de son m√®tre quatre-vingt cinq, faisant passer ses employeurs finlandais pour de vulgaires Hobbits. Le concert est sympathique mais sans autres surprises que le feu d'artifice final. Floor confirme ce que nous savions d√©j√†, √† savoir qu'elle est grande, jolie, qu'elle chante mieux qu'Anette Olzon mais moins bien que Tarja Turunen. C√īt√© d√©cor, notons seulement que la branche d'arbre qui sert de support aux instruments de Tuomas Holopainen fait un peu 'cheap' lorsqu'elle est compar√©e aux extravagances maritimes auxquelles le clavi√©riste nous avait habitu√©s par le pass√©. La setlist s'articule autours du nouvel album "Endless Forms Most Beautiful" (NDR : six titres sur les 14 jou√©s ce soir) que je ne connais pas encore et mon int√©r√™t d√©croit de plus en plus. Avant de retrouver ma cellule, une petite douche s'impose afin de me d√©barasser du m√©lange de cr√®me solaire et de poussi√®re accumul√© au cours de cette chaude journ√©e d'√©t√©. Une seule id√©e en t√™te : surtout ne pas laisser tomber la savonnette !

Dimanche 9 ao√Ľt 2015.
11h00. La matinée est radieuse et nous sommes heureux de voir briller les reflets dorés de la première Maes Pils du jour au fond de nos gobelets en plastique.
Sur les planches qui nous font face, le plus hilarant des 'entertainers' danois se pr√©pare √† nous filer la premi√®re claque de la journ√©e. D*A*D a toujours √©t√© un groupe √† part et ses prestations ont quelque chose d'unique. Le nombre de d√©tenus qui se masse autours de nous en d√©pit de l'heure matinale est impressionnant, ce qui nous am√®ne √† penser que le quatuor aurait m√©rit√© de se trouver un peu plus haut sur l'affiche. La collection de basses aux formes extravagantes de l'imp√©rial Stig Pedersen, la bonne humeur communicative de l'amusant Jesper Binzer et les hits inoubliables extraits de l'album "No Fuel Left for the Pilgrims" de 1989 mettent l'Alcatraz √† genoux d√®s l'ouverture. Bel exploit !
Nous continuons dans l'humour (enfin j'esp√®re) avec les vampires lycanthropes germano-carpathiens de Powerwolf. Le Power M√©tal th√©√Ętral (mais d√©pourvu de basse) du combo est toujours aussi efficace en live. Le soleil de midi ne semble pas vraiment effrayer les cr√©atures de la nuit. Les titres imm√©diats et le charisme des protagonistes suffit √† convaincre et la foule prend manifestement son pied au son de br√Ľlots sanglants et explosifs que sont "Sanctified With Dynamite", "Werewolves of Armenia" ou "We Drink Your Blood".
Deux cordes seulement pour la basse de D*A*D et carr√©ment pas de basse pour Powerwolf : il est temps de remettre les pendules √† l'heure ! Une t√Ęche qui est confi√©e au Bass-Hero Steve DiGiorgio et √† son impressionnant instrument √† six-cordes. En compagnie du cogneur mercenaire Gene Hoglan, du guitariste Paul Masvidal et du guitariste/hurleur Max Phelps, le bassiste de Testament tente de ressusciter la mort devant nos yeux √©merveill√©s. Death DTA reprend donc √† son compte et avec un certain succ√®s l'h√©ritage du pionnier du Death M√©tal qu'√©tait Chuck Schuldiner. Si Phelps pousse le vice jusqu'√† ressembler physiquement au h√©ros disparu, il lui reste quand m√™me un peu de travail √† effectuer au niveau du charisme. De "The Philosopher" √† "Pull The Plug" en passant par "Spiritual Healing", "Symbolic" et "Zombie Ritual", ce sont une dizaine de classiques du M√©tal de la Mort qui revivent aujourd'hui devant un public conquis.
Nous sommes en prison pour expier nos crimes et il n'est pas honn√™te que nous nous amusions autant. Il faut donc quelqu'un pour g√Ęcher la f√™te. Cette t√Ęche ingrate est confi√©e √† Annihilator. Comme les rudes peuplades qui hantent les for√™ts canadiennes, nous avions √©lev√© Jeff Waters au panth√©on des d√©it√©s du Thrash M√©tal. Ce n'est malheureusement plus le cas ! Tout commence pourtant tr√®s bien. Le guitariste/chanteur monte sur sc√®ne en esquissant un sympathique pas de danse avant de nous balancer une paire de coups de poings soniques du plus bel effet. Encore √©tourdis par ces dix minutes de d√©cibels ac√©r√©s, nous sommes surpris de voir Waters et ses compagnons quitter pr√©matur√©ment la sc√®ne. Apr√®s dix-minutes d'attente, l'un des porte-paroles de l'organisation s'empare du micro pour annoncer qu'un probl√®me technique insoluble emp√™che le groupe de revenir sur sc√®ne. Le concert de Terminator est annihil√© (√† moins que cela soit l'inverse). Au sein de la foule d√©√ßue, une rumeur circule. On aurait vu Waters se cr√™per l'iroquois avec le cogneur du groupe et refuser de partager √† nouveau les planches avec lui. Le Canadien ne prendra m√™me pas la peine de s'excuser aupr√®s du public. Un manque total de respect que nous sanctionneront d√®s aujourd'hui en boycottant le sirop d'√©rable !
L'organisation profite de ce d√©sagr√©ment pour rattraper le l√©ger retard qu'elle a accumul√© au d√©but de la journ√©e et il ne faut pas attendre plus d'un quart d'heure pour voir les anglais de Carcass pointer leur nez sur sc√®ne. Le Death M√©tal m√©lodique c'est beau et c'est technique. Celui de Carcass, en plus, est carr√©ment culte. Mais le Death M√©tal m√©lodique, c'est aussi lassant. Apr√®s avoir profit√© durant une bonne vingtaine de minutes du 'beau', du 'technique' et du 'culte', je ne parviens plus √† me concentrer que sur le 'lassant'. Je d√©cide donc d'abandonner mon gang, qui boit manifestement les grunts de Jeff Walker comme du petit lait, pour aller profiter des avantages accord√©s aux scribouillards. C'est dans la qui√©tude de la terrasse VIP que je retrouve mon ami Bernard-Henri Leviathan du webzine fran√ßais Lords Of Chaos, install√© comme un empereur romain dans un sofa fait de palettes et de coussins. Ce dernier m'invite √† d√©guster quelques rafraichissements houblonn√©s. En d√©pit d'une calvitie pas vraiment m√©rit√©e (NDR : j'ai acquis la mienne apr√®s 49 ans de dur labeur, Bernard-Henri brille d√©j√† du haut du front alors qu'il n'est √Ęg√© que d'une trentaine d'ann√©es √† peine) et d'une maigreur 'katemossienne', le gaillard est un agr√©able compagnon et je me joins √† lui sans me faire prier. NOTRE photographe Alain Boucly (Message anonyme aux responsables du webzine Onyx Metal : "Nous avons votre photographe, nous vous le rendrons sain et sauf en √©change de la modique somme d'un million d'Euros en petites coupures que vous aurez l'amabilit√© de d√©poser √† l'attention de Michel Serry aux bureaux de la r√©daction de Music In Belgium") nous fait l'immense plaisir de se joindre √† nous pour refaire le monde de la presse √©lectronique non r√©mun√©r√©e au cours d'une sympathique discussion durant laquelle nous n'avons pas vraiment soif. Apr√®s avoir go√Ľt√© au petit paradis des VIPs, nous devons nous r√©soudre √† descendre en enfer, car il est temps pour notre sainte trinit√© journalistique d'aller affronter le tonitruant courroux de Behemoth.
Vendre son √Ęme est un business lucratif et Nergal et sa horde n'ont pas regard√© √† la d√©pense pour nous en mettre plein la vue et nous rallier √† leur sombre cause. Il y a fort √† parier que les d√©cors monstrueux, la pyrotechnie abondante et la mise en sc√®ne sanguinolente ont co√Ľt√© bien plus aux Polonais que les trente deniers d'argent accord√©s √† Judas pour son ultime trahison. L'une des, si pas LA prestation la plus visuelle du weekend ! Apr√®s un tel d√©luge de haine et de d√©cibels, seul un v√©ritable h√©ros peut encore sauver l'Alcatraz des flammes de l'enfer ! Ce h√©ros (de ma jeunesse) c'est Accept !
Quel bonheur de retrouver sur sc√®ne les fringants guerriers teutoniques que sont encore et toujours Peter Baltes (basse) et Wolf Hoffmann (guitares). Un plaisir √©galement d'appr√©cier la voix rugueuse et la sympathique barbichette de Mark Tornillo. Sourires permanents, riffs cultissimes et refrains f√©d√©rateurs, telle est la recette du bonheur. Le groupe nous propose un set √©quilibr√© entre compositions r√©centes et classiques ultimes. "Stampede", "Stalingrad", "Pandemic" ou "Teutonic Warrior" pour les uns ; "Restless and Wild", "Princess Of The Dawn", "Fast As A Shark", "Metal Heart" et "Balls To The Wall" pour les autres. Chacun y trouve assur√©ment son compte !
De barbichette, il en est encore un peu question avec l'immense bouc satanique qui sert de d√©cor √† la sc√®ne de Venom. Venom ! S'il y a un groupe culte √† l'Alcatraz, c'est bien Venom. L'un des groupes les plus influents de la plan√®te. Le groupe que l'on respecte au plus haut point, m√™me si l'on ne l'aime pas toujours ! Le groupe qui est capable du pire et du pire ! Venom ! De nos jours encore, le groupe a la r√©putation de ne pas √™tre toujours carr√© sur sc√®ne et, √† part les fans ultimes, nombreux sont ceux qui ont quelques doutes. Pourtant, ce soir, Venom ne d√©coit pas ! Pas un pain, pas une gal√®re et une setlist qui met √† genoux les adorateurs du dieu Cronos : "Die Hard", "Buried Alive", "Welcome To Hell", "Countess Bathory", "Warhead", "Black Metal", "In League With Satan", "Witching Hour" ! Il y a fort √† parier que, cach√© dans les coulisses, l'ami Nergal se caresse voluptueusement le crucifix !
Difficile apr√®s cela, pour le vieil homme fatigu√© que je suis, de vraiment m'int√©resser √† la gu√©guerre de Sabaton. Le mitraillage r√©p√©titif de ce h√©ros de la nouvelle g√©n√©ration m'assomme au plus haut point. Apr√®s m'√™tre extasi√© quelques minutes sur le joli tank qui sert de podium √† la batterie et avoir aval√© une bonne demi heure de ce power m√©tal m√©lodique entrecoup√© de longs discours relativement insipides, j'ai vraiment l'impression d'avoir purg√© ma peine. Mon ami Bernard-Henri, qui est pourtant bien trop jeune pour √™tre aussi blas√© que moi, a l'air, lui aussi, de s'ennuyer ferme. Comme moi, il semble r√™ver d'une lib√©ration anticip√©e pour bonne conduite. Peu enclins √† faire confiance √† la g√©n√©rosit√© du syst√®me judiciaire, nous d√©cidons d'√©chafauder un plan d'√©vasion. Je file vers la cuisine du catering VIP afin de d√©rober quelques cuillers en plastique qui nous permettront de creuser un tunnel tandis que l'ami L√©viathan se fait tatouer le plan de la forteresse sur le crane. C'est d√©cid√©, nous ne subirons pas ce supplice d√©gradant jusqu'√† la fin. Une derni√®re bi√®re pour la route et vive la libert√© !
Tout en creusant notre tunnel, nous √©voquons une derni√®re fois l'organisation sans faille, l'accueil chaleureux, le soleil radieux, les amis retrouv√©s, les hectolitres de bi√®re et les kilos de gras ingurgit√©s. C'est jur√© ! Nous √©viterons la r√©insertion ! Nous r√©cidiverons encore et encore et nous nous ferons r√©incarc√©rer l'an prochain pour l'Alcatraz 2016 !
Photos © 2015 Alain Boucly


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