Raismes Fest 2017 - Jour 1 : le live Report !
Date: 13/09/2017 à 00:00
Catťgorie: Concerts

Au Fil des années, le Raismes Fest est devenu pour la rédaction de Music in Belgium, l'événement le plus incontournable de la rentrée. Pour sa dix-neuvième édition, le plus sympathique des festivals Hard Rock de France est revenu à son ancienne formule, avec deux journées complètes de musique concentrées sur une scène unique. Obligé de faire cavalier seul le sur la première journée du festival, notre photographe Alain Boucly à accepté de nous en rédiger un compte-rendu.

Samedi 9 Septembre 2017. 13h00. C'est devant une parterre clairsemé que les Lillois d'Ev'Sane vont inaugurer cette 19ème édition du Festival. La météo et un horaire avancé (auquel nous n'étions plus habitué pour la première journée de festival) y sont certainement pour quelque chose.

Mais revenons à Ev'Sane, dont l'album "Autopsy Of My Soul" aux accents Thrash Metal aura l'honneur de la setlist. Quelque peu statiques, les musiciens démontrent toutefois un potentiel intéressant, même si c'est surtout le chanteur qui tient le devant de la scène. Mission accomplie pour Ev'Sane qui se rappellera sans doute longtemps de cette belle expérience sur la grande scène du RaismesFest.

Le changement de registre est radical avec l'arriv√©e de Night, un quatuor bien dans l'esprit "Classic Rock". Nous avons affaire √† des compositions particuli√®rement abouties, servies par un duo de guitaristes remarquables de coh√©sion. Nous retrouvons des intonations √† la Wishbone Ash, pr√©curseurs des "twin guitars", aux m√©lodies bien huil√©es. Si le timbre de voix est un peu l√©ger et semble en d√©calage par rapport √† la force des morceaux, l'ensemble est tout de m√™me bien ficel√©. Avec d√©j√† trois albums √† leur actif, dont le tout r√©cent "Raft Of The Word", Night d√©montre que le Hard Rock su√©dois poss√®de toujours une p√©pini√®re de groupes prometteur ! Leur premi√®re sc√®ne en France s'av√®re √™tre une totale r√©ussite, avec en prime le retour du soleil. L'initiative de l'organisation de programmer le quatuor en remplacement d'Headblaster m√©rite d'√™tre salu√©e, puisqu'elle nous a permis de faire cette belle d√©couverte.

L'absence de la sc√®ne d√©couverte occasionne un break d'une demi heure entre chaque prestation, le temps du changement de plateau. C'est l'occasion de visiter les stands de Metal Market, tout en se d√©salt√©rant, avant d'accueillir Black River Sons. D'entr√©e de jeu, les influences "Rock sudiste" de Lynyrd Skynyrd ou Allman Brothers Band sont √©videntes, mais que l'on se s'y trompe pas, la qualit√© des compositions est au rendez-vous. Il y a pire comme r√©f√©rences, d'autant que les morceaux distill√©s sont teint√©s de cette couleur si caract√©ristique du Southern Rock. Les guitares sont √† l'honneur lors de chorus m√©morables gorg√©s de feeling. M√™me si on ne retrouve pas toujours sur les morceaux le c√īt√© f√©d√©rateur des pr√©curseurs du genre, il faut bien reconnaitre que les Frenchies ont su capter l'essence m√™me de leurs structures. L'ensemble est en place, tout comme la voix que l'on dirait sortie des ranchs texans. Souhaitons bonne route √† Black River Sons dont la prestation s'est r√©v√©l√©e tout √† fait convaincante.

Jester Smokebreak envoie une √©nergie communicative bien venue pour r√©veiller un public dont le nombre augmente en m√™me temps que les rayons du soleil. Est-ce le Glam √† la californienne qui fait monter la temp√©rature du parc de la princesse d'Arenberg ? Il est certain que les Bretons ne sont pas avares de gimmicks pour mettre l'ambiance. Le chanteur passera m√™me l'int√©gralit√© d'un titre dans la foule. Difficile de trouver la moindre originalit√© dans le registre de Jester Smokebreak, peut √™tre est-ce li√© √† un manque de maturit√© sc√©nique... Reconnaissons que les jeunes Rennais mettent du cŇďur √† l'ouvrage, avec un frontman qui se d√©pense sans compter. Malgr√© toute cette bonne volont√©, cette prestation ne laissera pas un souvenir imp√©rissable !

Aymeric Silvert est qualifi√© de "Guitar Hero" et cette d√©finition lui convient tout √† fait. Difficile de mettre une √©tiquette sur le style pratiqu√© (c'est toujours la solution de facilit√© de classer les genres) ! Son jeu si particulier ne rentre pas vraiment dans les "standards". Pour faire simple, les variations musicales du guitariste oscillent entre le heavy, le rock et le progressif, avec un sens m√©lodique d√©velopp√©. Evoluant sous la forme d'un trio, Aymeric assure √©galement le chant, mais il est nettement plus √† l'aise avec une six-cordes. L'efficacit√© du duo basse/batterie propulse les compositions construites autour de longs passages instrumentaux. Sans tourner √† la d√©monstration, la musique √©voque Joe Satriani sur quelques notes. Quarante-cinq minutes de temps de jeu auront suffi pour appr√©cier le talent d'Aymeric Silvert, m√™me si quelques passages ont pu sembler un peu longs √† certains !

Les sc√®nes du Raismes Fest ont toujours eu pour habitude d'accueillir des tributes bands. L'√©dition 2017 ne d√©roge pas √† la r√®gle, avec un vibrant hommage √† Jimi Hendrix, interpr√©t√© par un guitariste hors pair en la personne d'Hassan Hajdi et son Band Of Gyspsies. Connu, √©galement pour tenir la six-cordes au sein d'Ange depuis 1999, Hassan va d√©montrer toute sa technique et son toucher exceptionnel pour reprendre les classiques d'Hendrix. Bien √©paul√©, par Jean Christophe Bauer √† la basse et Benoit Cazzulini derri√®re les f√Ľts, il conserve l'esprit original d'Hendrix tout en y ajoutant une touche personnelle, lorgnant vers un Hard Rock pour le moins plaisant. Le trio se fait plaisir tout en faisant preuve d'une belle coh√©sion. Pari gagn√© donc. Un "Purple Haze" finement interpr√©t√© viendra cl√īturer un set rondement men√© et maitris√© de bout en bout.

Tous les ingrédients nécessaires pour élaborer un Hard Rock efficace font partie de la recette composée par Dead Lord. Et attention au surdosage, car les suédois(encore la Suède!), loin de se contenter du minimum syndical en la matière, vont en rajouter dans tous les domaines. Ce retour aux sources brut de décoffrage va envoyer du lourd pendant une heure, lors d'un set à l'énergie sans faille. Dead Lord ne se pose pas de questions, se donne à fond et fait bouger le public. certaines compositions pourraient être sorties d'un album de Thin Lizzy, tant la ressemblance est frappante. Le phrasé et les intonations d' Hakim Krim sont bluffantes de similitude avec un certain Phil Lynott, tout comme l'accroche mélodique d'un titre comme "When History Repeats Itself". Voilà un groupe de scène efficace, qui a tenu toutes ses promesses lors d'un show sans temps morts.

C'est au tour de Vanden Plas de prendre possession de la sc√®ne en proposant son Metal Progressif √† une audience compacte, compos√©e de fans adeptes de longs chapitres m√©lodiques. Les Allemands ont r√©ussi √† nous faire rentrer dans leur univers en alternant les passages "heavy" et les climats plus nuanc√©s ; chaque musicien d√©montrant une qualit√© d'interpr√©tation irr√©prochable. Derri√®re le micro, Andy fait preuve d'une grande amplitude vocale. Malgr√© la fatigue li√©e au retour des Etats-Unis (la veille), sa voix est bien en place et le restera durant l'ensemble du concert. La setlist fait la part belle √† "Chronicles of the Immortals: Netherworld", sans oublier les nombreux extraits des opus pr√©c√©dents qui nous font faire une tour d'horizon de la riche carri√®re du groupe. Au final, m√™me si le style peut paraitre en d√©calage avec le reste de la programmation, Vanden Plas a su convaincre en proposant des compositions originales qui donnent envie d'approfondir la discographie d'un groupe, qui, rappelons-le, affiche d√©j√† plus de 30 ann√©es de service au compteur.

D-A-D va mettre une claque d√®s l'entame de son set, en envoyant un hard n' roll entrainant, sans prise de t√™te. L'√©tat d'esprit joueur est une marque de fabrique des Danois, la preuve avec Jesper Binzer qui passera l'int√©gralit√© du second titre √† chanter au contact des premiers rangs. Mais ce n'est rien √† c√īt√© du ph√©nom√®ne Stig Pedersen, dont le look ne passe pas inaper√ßu. Il s'amuse √† enchainer les poses les plus vari√©es, passant d'un c√īt√© √† l'autre de la sc√®ne et allant m√™me jusqu'√† grimper sur la batterie ou les amplis. Habitu√©s √† voir d√©filer son impressionnante collection de basses 2 cordes, nous sommes rest√©s sur notre faim, puisqu'il n'utilisera que deux instruments diff√©rents. C√īt√© musique, l'√©nergie rock est communicative sur l'ensemble des titres, parfaitement ex√©cut√©s devant un public tr√®s r√©ceptif. Le tube "Sleeping My Day Away" viendra cl√īturer en apoth√©ose une prestation rondement men√©e, que l'on aurait aim√© voir se prolonger le temps de quelques morceaux suppl√©mentaires.

Malgr√© la fraicheur et la pluie qui s'est invit√©e au cours de l'apr√®s midi, le public a r√©pondu pr√©sent au cours de cette premi√®re journ√©e "nouvelle formule". M√™me si ce f√Ľt d√©licat pour certains groupes de trouver leurs marques sur la grande sc√®ne, l'exp√©rience v√©cue restera certainement pour eux un excellent souvenir. Rendez-vous demain (avec Michel Serry) pour une nouvelle journ√©e de bon Heavy Rock comme on l'aime !

Photos © 2017 Alain Boucly


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