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CHRONIQUES

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ANIMAL COLLECTIVE - Strawberry Jam
/ paru le 24-09-2007 /

Dans la faune colorée du monde du rock expérimental, Animal Collective est un groupe majeur. Un mouvement souterrain d’avant-garde qui a pris naissance il y a quelques années est en train d’émerger et commence à se faire connaître. Son épicentre se situe à New York mais il essaime dans toutes les directions. Pour établir une sorte de parallélisme avec une période connue de beaucoup d’amateurs de musique rock, on a vécu le même phénomène avec Sonic Youth et d’autres groupes « underground » de l’époque qui ont préparé la voie à l’éclosion de Nirvana au début des années nonante. Pour la plupart, leur influence se fait encore sentir vingt ans après. Mais être catalogué groupe expérimental n’est en général pas une voie royale et rien ne dit que comparaison vaudra raison.

Basé à New York pour travailler, comme The Big Sleep, Clap Your Hands Say Yeah, Yeah Yeah Yeahs ou The Strokes, Animal Collective, originaire du Maryland, s’en différencie par sa démarche expérimentale très originale. C’est un collectif à géométrie variable qui parfois change même de nom. Pour faire très court, c’est en duo que Avey Tare (David Portner) et Panda Bear (Noah Lennox) ont sorti le déroutant « Spirit, They’re Gone Spirit, They’ve Vanished » en 2000, suivi en 2001 par un album largement instrumental qui frise la démence, « Danse Manatee », où ils sont rejoints par un troisième larron, Geologist (Brian Weitz).

Le troisième album, marqué par l’utilisation exclusive de la guitare acoustique, est sorti en 2002 sous le nom de « Campfire Songs » et est signé du nom de Campfire Songs, qui comprend les trois artistes précités. Animal Collective, avec Deaken (Conrad Deaken) en plus, a sorti, outre quelques EPs, les excellents albums « Here Comes The Indian » en 2003, « Sung Tongs » en 2004 et « Feels » en 2005. Ces deux albums plus pop leur ont valu un semblant de notoriété. A chaque album, le groupe s’impose des contraintes d’ordre instrumental pour ne jamais faire deux fois la même chose. Leur folie contrôlée, elle, reste intacte.

La mode aidant, le psychédélisme et l’expérimental font bon ménage. Pour en être convaincu sans devoir développer de longs arguments, il suffit de voir la vidéo de « Peacebone ». Elle contient toute la folie du monde. Ce serait drôle à en pleurer si ce n’était pas le reflet d’une réalité tangible décrite avec talent par des intellectuels sérieux dont le chaos fait figure de jardin d’enfants. Leur imagination sans limite est exacerbée par des perceptions transformées qui les fait transgresser les règles normales de la vie en société et de la musique. En tout cas, l’album reflète une vision originale mais pessimiste du monde en général et de la ville tentaculaire où ils travaillent en particulier.

Que ce soit en solo ou avec d’autres artistes, leurs règles et leurs procédés sont les mêmes et le style du groupe n’en est pas affecté outre mesure mais pour garder sa crédibilité, leur musique doit constamment évoluer. Sur cet album, il y a neuf titres qui sont autant de brûlots subversifs qui parlent à leur manière de l’évolution à l’intérieur de la famille, de l’amour et des interdits en tous genres. Ils sont à la fois crus et pertinents mais teintés d’une forme d’émotion. Ils font aussi référence à l’enfance et la considèrent comme une période privilégiée de naturel et de pureté, la suite n’étant qu’une longue descente vers les compromissions de l’âge adulte. C’est en cela que leur démarche est originale.

De tous les groupes expérimentaux, Animal Collective est sans doute le plus dérangé, en apparence en tout cas. Comme d’autres groupes expérimentaux, comme CocoRosie, Blonde Redhead, The Fiery Furnaces ou Xiu Xiu, le groupe met en scène le point de vue de l’enfance et met en exergue ses valeurs intrinsèques comme le pouvoir d’imagination, la créativité, la spontanéité, l’insouciance, l’innocence et la pureté pour juger le monde adulte mais en y mêlant parfois l’aspect sexuel. En tout état de cause, cet album aura une influence sur le rock de demain. La musique est compliquée, bruyante, grinçante mais aussi chatoyante, jubilatoire et sujette aux accès de folie douce mais elle reste à l’échelle humaine par son aspect émotionnel et son esprit critique, même si dans notre société l’humanisme a cédé la place aux rapports de force et aux jeux de pouvoir.

Avec eux, il ne faut évidemment pas s’attendre à des paroles limpides : elles nécessitent une très bonne connaissance de l’anglais et de la culture américaine et le sens de la poésie façon Animal Collective ; cette poésie psychédélique est tout sauf simple, d’autant plus que les bruitages en font perdre une partie et que la prononciation du chanteur n’est pas exempte de reproches. Des forums y sont d’ailleurs consacrés : leurs textes sont hermétiques même pour des américains aussi cultivés qu’il est possible de l’être avec une telle équipe au pouvoir. Volontairement ou non, leur musique est subversive mais sans verser dans l’idéologie. En adoptant le point de vue de l’enfant, elle projette un éclairage différent sur une société hypocrite et sclérosée jusqu’à la mœlle et elle apporte un bain de fraîcheur salutaire par des moyens efficaces.

Par des bruitages qui suggèrent la présence d’un monstre et des images hallucinatoires à caractère psychédélique, sur un rythme forcené généré par les percussions et caractérisé par des accès de folie vocale soudaine qui font penser à un combat imminent, « Peacebone » évoque la nature sauvage avec ses différentes facettes et ses dangers après un vol qui se termine mal. Mais au lieu d’y voir apparaître le Petit Prince, on y voit un os sortir d’un dinosaure. On y parle d’y construire un labyrinthe pour le monstre afin de l’apaiser car il est incapable de comprendre les intentions et il scrute simplement les regards. Quand soudain des bulles explosent, que le bain s’anime et que les oiseaux s’en étonnent, les poissons viennent à la surface pour être aux premières loges. On prend sur ce morceau des libertés avec la chronologie et peut-être avec la géographie. Voilà de quoi vous forger une opinion sur le contenu du morceau et par extension sur celui de l’album. Quand on est ainsi confronté au danger, peu de choses se réfèrent au passé et il faut trouver la réponse en soi. Considéré du point de vue de l’homme, cela ressemble à la lutte pour sa survie dans un environnement hostile qui demande de la créativité. La seule attitude possible est à rechercher à l’intérieur de soi-même sans prêter attention aux recettes du passé et à ce qui se dit par ailleurs.

Débutant par une musique répétitive qui rappelle une fête foraine émaillée de cris mais aussi de bruits menaçants, « Unsolved Mysteries » contient des paroles assez hermétiques qui évoquent une danse festive, suivies de paroles inquiétantes où on évoque la mémoire de Jack l’Eventreur à travers le regard d’une victime terrorisée et on entend presque ses cris qui le rendent fou. On passe ainsi sans transition et dans un climat de tension insupportable de la fête à la terreur, toujours sur cette musique foraine lancinante qui revient comme un leitmotiv. C’est du grand art. Faisant fi des conventions tant musicales que sociales, « Chores » est une réflexion critique jubilatoire et remarquable sur la vie telle qu’on nous l’impose, les accès de folie, les samples et les bruitages électroniques étant la règle. Nous devons travailler dur pour accomplir notre tâche, soit, mais nous avons aussi besoin de périodes de liberté où nous pouvons être nous-même à l’abri des regards. On peut y voir une allusion à peine déguisée à la drogue mais on peut penser qu’il s’agit d’un autre hobby.

Le titre suivant, le très hypnotique « For Reverend Green » nous emmène pour un voyage initiatique qui fait sans doute allusion à Al Green mais qui parle surtout de l’enfance et de son monde imaginaire qui mêle le rêve et la réalité et lui fait ignorer les difficultés de vivre. Dans son innocence et son insouciance juvéniles, l’enfant ignore même à quel point il est heureux. Ici aussi, on devine les paroles plus qu’on ne les comprend. Il s’agit sans doute d’une métaphore sur la vie à New York où les gens sont déprimés en permanence et s’en tirent comme ils le peuvent, le plus souvent par le rêve d’un ailleurs. En tout cas, l’atmosphère hypnotique de tension permanente et la performance vocale sont hallucinantes.

Par ses images colorées qui se reflètent dans une pièce d’eau et son tempo qui rappelle un des thèmes du film « Trainspotting » tout au début, dominé par les percussions, les échantillons électroniques et la performance vocale ensuite, « Fireworks » est une autre allusion métaphorique à l’enfance qui voit tout avec émerveillement et à la relation parents - enfants. Quand on est jeune, on veut s’affirmer et on fuit ses parents ; à l’âge adulte, quand on a mûri et mieux compris leurs difficultés, on revient vers eux avec plus d’humilité car en se voyant à travers le prisme de la pièce d’eau éclairée par le feu d’artifice, on se rend compte à quel point on manque de modestie quand on est jeune.

Sur un thème répété à foison par l’orgue, on peut émettre plusieurs hypothèses sur le sens de « # 1 ». Soit il évoque la mort progressive de l’enfance symbolisée par les bougies sur le gâteau lors des fêtes d’anniversaire, soit il évoque l’attitude ambiguë des parents devant la croissance de leur enfant ; d’un côté ils sont fiers de leur progéniture et de l’autre ils souhaiteraient empêcher les enfants de grandir parce qu’ils connaissent trop bien les problèmes qu’ils vont devoir affronter à l’âge adulte, ne serait-ce que par les aléas de l’amour. Troisième possibilité, il peut s’agir d’un vrai deuil. Ici comme ailleurs, en toute humilité, on en est réduit à formuler des hypothèses.

Sur un rythme plus guilleret et sautillant, dans un climat joyeux qui évoque l’insouciance de l’âge heureux, « Winter Wonder Land » met en scène des enfants qui jouent dans le sable enneigé en hiver, se jouent des blagues puis cèdent à la colère et se disputent. Ces petites scènes mettent en exergue le pouvoir de l’imagination qui préfigure le monde adulte. Le climat du morceau suivant inspiré par la musique classique change du tout au tout sous l’impulsion des percussions insistantes qui semblent clouer un cercueil, des voix et des bruitages pour évoquer la mort sur « Cuckoo Cuckoo », qui énonce par une voix puissante et des percussions récurrentes martelées à l’envi le caractère ambigu de la croissance et la prise de conscience des responsabilités que cela entraîne. D’un côté on est content de vieillir pour échapper à l’emprise de la famille mais parfois, on ne sait trop quoi faire de sa vie. Parfois aussi, on pense à la mort et on est tout content d’être vivant. S’agit-il de la mort réelle ou de la mort d’une enfance insouciante ? On en est de nouveau réduit à émettre des hypothèses : le groupe aime brouiller les pistes. Une seule chose est sûre : dans tous les cas de figure, on se dirige vers la folie, à peine tempérée par un thème récurrent joué au piano.

On retrouve un climat plus serein et des bruitages neutres et moins inquiétants sur « Derek », qui compare l’éducation d’une petite fille avec le dressage d’un chien. Celui-ci ne se relève pas la nuit et ne rouspète pas quand c’est l’heure d’aller dormir. Il est bien plus obéissant et fait moins d’histoires. Pas gentil pour les filles, ça, mais chacun appréciera en fonction de son expérience. Cela prouve en tout cas le sens de l’humour omniprésent sur cet album mais sous une forme parfois bizarre.

L’album contient quelques chefs-d’œuvre et peut être considéré comme une réflexion sur le passage progressif de l’enfance à l’âge adulte et sur le sens de la vie. Par corollaire, en arrière plan, il évoque aussi la mort. Quant aux paroles, on n’en comprend pas toujours le sens profond. La musique est complètement déstructurée et elle défie notre façon d’appréhender les choses mais pour l’apprécier, il suffit de s’appliquer et d’avoir l’esprit grand ouvert. Mais ce n’est pas une œuvre facile et elle demande une approche progressive et très tenace pour en décrypter le sens. Après quelques écoutes attentives, on voudrait ne plus rien entendre d’autre. Tout se passe comme si on avait changé de paradigme et comme si on appréhendait les choses à travers un cadre de référence totalement transformé.

Animal Collective sera à l’Orangerie du Botanique le 26 octobre 2007. Si vous ne voyez plus qu’un seul concert cette année, c’est celui-là qu’il faut choisir. Apprêtez-vous à recevoir une claque magistrale. C’est à coup sûr un des meilleurs CD de l’année mais par son caractère expérimental, il ne plaira pas à tout le monde. Alors prudence, écoutez-le avant de l’acheter.

MM
Pays: US
Domino / Munich WigCD199
Sortie: 2007/09/10


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