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HARVEY, P. J. - White Chalk
/ paru le 21-11-2007 /

En femme intelligente, Polly Jean Harvey n’aime pas faire deux fois la même chose et elle n’est pas prête à vendre son âme pour faire n’importe quoi. Ici, elle sort un album qui lui fera perdre des fans et en gagnera d’autres à sa cause. Même si elle a conservé ses collaborateurs de prédilection Flood, John Parish et Eric Drew Feldman, elle n’en produit pas moins un album nouveau dans sa conception qui en déroutera plus d’un. Son album a parfois des relents de musique classique et constitue un net progrès par rapport à un « Uh Huh Her » pourtant excellent.

Son album « White Chalk » la voit jouer du piano pour la première fois et transformer complètement sa voix. Ce sont deux faits marquants de cet album acoustique magnifique mais pas les plus importants. C’est surtout un album d’une profondeur rare qui fait penser à Scott Walker pour le côté sombre et à Joanna Newsom pour la voix. Il est produit par Flood, John Parish et PJ Harvey elle-même.

« The Devil » a un côté pop et sa voix est déjà totalement transformée pour se poser dans les notes aiguës. C’est la première tentative sérieuse de l’artiste au piano et elle se tire d’affaire mais sans réaliser des prouesses artistiques inoubliables sur ce titre parfois un peu grandiloquent. Mais là n’est pas le plus important. Ce qui est intéressant au contraire c’est que cela affecte sa façon de composer et ce sont surtout les paroles qui sont importantes. Ici, elle s’adresse au diable en personne qui la hante quand elle est seule et se sent abandonnée. Dans ces moments-là, elle aime sortir et se promener seule dans la nature sauvage.

Sur « Dear Darkness », un morceau très calme, elle fait mieux que se défendre au piano. Elle invoque l’ombre qui est son amie de longue date et la protège de la lumière dans les moments de spleen consécutifs à la fin d’un amour. « Grow Grow Grow » comporte une mélodie très agréable et la voix de la belle se promène de nouveau dans les notes aiguës comme à plaisir. Ses prouesses vocales sont entrecoupées de passages instrumentaux remarquables. Elle promène ainsi ses pensées au gré de ses souvenirs. Ici, elle invoque sa mère et lui demande de l’aider à grandir, comme dans une incantation adressée à une mère qui n’a pas répondu à une attente légitime.

Sur « When Under Ether », un morceau doux amer particulièrement beau, elle excelle dans son chant déroutant par rapport à ce qu’elle avait fait jusqu’à présent. Elle regarde au plafond et voit défiler des images du passé avec des paroles lourdes de sens : « When under ether/The mind comes alive/But conscious of nothing/But the will to survive ». Elle évoque la douceur de vivre et la gentillesse de l’humanité dans un accès de reconnaissance envers les personnes qui l’ont aidée.

« White Chalk » est un titre où elle se souvient de ses promenades près des falaises de craie du Dorset, dans le sud-est de l’Angleterre, pas très loin de Yeovil, sa ville natale. C’est là qu’elle promenait sa langueur, autrefois. La craie est aussi un symbole de fragilité ... Sur « Broken Harp », elle bat sa coulpe en pensant à son amour perdu et s’épanche sur le vide de sa vie comme on se penche parfois sur ses erreurs quand on fait le bilan du passé.

« Silence » est un autre moment de grâce sur ce magnifique album, à la fois sur le plan musical et sur le plan du sens profond des paroles. Elle s’est libérée de sa famille, de son travail, de tout ce qui faisait sa vie pour rester seule en face d’elle-même et affronter ce silence qu’elle redoute et déteste. « To Talk To You » est un titre d’une tristesse immense où elle souhaite retrouver sa grand-mère décédée pour lui parler et lui confier sa terrible solitude.

« The Piano » est un objet sur lequel se focalise sa haine de ce qui est futile et ce qui l’éloigne de l’essentiel et elle pense à Dieu, en qui elle place son espoir. Sur « Before Departure », elle dit adieu à sa famille et demande à ses amis de danser une dernière fois avec elle avant son grand départ. « The Mountain » est un titre trés éthéré et le piano s’inscrit naturellement sur ce morceau qui décrit une vision chaotique de fin du monde surplombé par un aigle et suggère le passage dans une vie meilleure.

Cet album magistral dont le chant oscille entre plainte et chuchotement évoque comme le fantôme de la chanteuse y compris sur la remarquable photo de couverture du livret. Ce n’est qu’un détail mais pour une fois, elle est en parfaite symbiose avec le contenu de l’album. La chanteuse et compositrice se comporte comme si elle était étrangère au sujet en restant son personnage principal. Ce recul qui lui permet de mieux observer ses errements et ses fantasmes. La famille, l’enfance, l’amitié, l’amour, la déception amoureuse, la solitude et la mort sont les sujets privilégiés de ce brillant album. Complètement dégagée de Patti Smith, son modèle, sur le plan vocal, elle ne lui a jamais ressemblé autant par sa sensibilité et par l’intelligence et la justesse de son propos.

MM
Pays: GB
Island / Mercury 1748217
Sortie: 2007/09/24


Lu: 3241
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VOS COMMENTAIRES

Charlie
le 28/11/2007 | mon évaluation:
Album totalement déboussolant, car il ne ressemble en rien à PJ Harey des années antérieures.
Avant de l'écouter, je conseillerai même de se préparer à une nouvelle découverte artistique car la voix et le style musical ont complètement changé.

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