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BAUHAUS - Go Away White
/ paru le 16-05-2008 /

Entre 1919 et 1933, l'école du Bauhaus d’architecture et d’arts appliqués, installée d'abord à Weimar puis à Dessau, a révolutionné l'ensemble des conceptions et des productions architecturales et esthétiques. Les bâtiments construits et décorés par les professeurs de l'école (Walter Gropius, le fondateur, ou Hannes Meyer, Laszlo Moholy-Nagy ou Vassily Kandinsky) ont inauguré le « mouvement moderne » qui a modelé l'aspect architectural de notre siècle. Mais quel est le rapport avec la musique, me direz-vous ? « La comparaison entre architecture et musique a fait naître des slogans du genre « l'architecture est une musique figée » et des artistes d’avant-garde ont essayé de transposer les principes de l’architecture en musique en recherchant les interférences entre structures sonores et espaces structurés.

Mais alors, où est le rapport avec le rock ? Les membres de Bauhaus, le groupe qui a donné naissance au rock gothique, sont à la fin des années 70 des étudiants fascinés par le courant artistique de l’entre-deux-guerres qui porte leur nom. Ils sont des adeptes de la beauté fonctionnelle et froide qui régnait sur l’Allemagne avant l’arrivée des nazis, opposés à ce mouvement égalitaire qu’ils jugeaient dégénéré. Plusieurs professeurs, accusés de communisme, ont d’ailleurs dû fuir aux Etats-Unis. David Bowie était aussi un adepte de ce courant artistique, comme beaucoup d’artistes d’avant-garde.

Daniel Ash, le guitariste, David Jay Haskins, le bassiste et Kevin Haskins, le batteur, ont joué dans de petits groupes avant d’être rejoints un peu plus tard par Peter Murphy, le chanteur. Ils ont d’abord pris le nom de Bauhaus 1919 avant de ne garder que Bauhaus. Quand ils ont sorti « Bela Lugosi’s Dead », ils ont intrigué la rock scene de Londres avec ce morceau long, lancinant, qui donnait des frissons dans le dos par son ambiance macabre, avec ses notes de basse répétitives incessantes, sa guitare cristalline qui semblait venir de nulle part, sa batterie minimaliste, et la voix chaude, dramatique, qui ressemblait à celle de David Bowie. Le texte faisait référence à l’acteur Bela Lugosi, devenu fou après s’être identifié à Dracula, son personnage. Ce contraste entre la musique et la voix constitue l’originalité du groupe anglais.

« Too Much 21st Century » est un titre hypnotique basé sur un rythme minimaliste qui, ô paradoxe, ne pardonne aucune faiblesse. De plus, la guitare de Daniel Ash ressasse un rythme binaire pour des riffs qui emportent l’adhésion. La voix, elle, se mue en trouble-fête et impose son timbre chaleureux et exempt d’émotion à la fois. Le formidable « Adrenalin » est plus froid encore et contient des éléments propres à gérer l’émotion sans tomber dans la facilité. De nouveau, on retrouve le contraste entre les beats imperturbables de Kevin Haskins et la voix chaude et inquiétante de Peter Murphy. Un must et un des meilleurs titres de l’année !

Introduit par une ligne de basse impérieuse et hypnotique, une batterie mécanique et impitoyable qui lui donne sa justification, « Undone » est un morceau empreint de théâtralité froide et intellectuelle qui séduit par son caractère ampoulé et emphatique. « International Bulletproof Talent » comporte ses moments de folie et inquiète par sa froideur mécanique et son absence de sentiment. La voix devient austère et ponctue chaque beat plutôt qu’elle ne les provoque, bien soutenue par des backing vocals venus d’ailleurs. « Endless Summer of the Damned » est aussi un titre froid et inquiétant. Moins mécanique mais aussi glaçant, il provoque et force la réflexion.

« Saved » débute par une lente incantation qui semble venir des profondeurs de la terre, comme une longue plainte d’une humanité déboussolée et sujette à l’angoisse existentielle. La voix se fond dans ce désert émotionnel glaçant et est en parfaite symbiose avec l’absence des beats habituels. Seule la cloche qui tinte marque ce rythme lent de son empreinte. La voix déshumanisée met fin à ce carnage. « Mirror Remains » apporte un peu de chaleur grâce à la voix, qui se transforme au gré des ambiances. Tantôt glaciale, tantôt chaleureuse, elle distille ses intonations diverses et induit ici un climat d’angoisse profonde. Le piano, hors contexte, instille un peu de fraîcheur vers la fin. Du grand art !

« Black Stone Heart » revient à un rythme moins glaçant et plus conventionnel, malgré les breaks et le climat qui évoque un grand David Bowie, au sommet de son art à l’époque berlinoise, mais qui lui donne un prolongement et l’améliore. Quelques gimmicks égaient quelque peu un climat oppressant traduit par ce rythme mécanique impitoyable. « The Dog’s a Vapour » renoue avec l’ambiance glacée et angoissante qui semble venir des profondeurs de la terre. Son rythme lent est une longue incantation d’une humanité déboussolée et déshumanisée par des événements qu’elle ne maîtrise plus. « Zikir » débute par des bruitages et une musique lente et incandescente qui lui donne son caractère inquiétant. La voix participe à ce climat oppressant en répétant « loves me », « loves me not » comme un leitmotiv, conclusion idéale à ce chef-d’œuvre glaçant.

Que cet album intemporel et difficile d'accès évoque des structures architecturales ou non, il est remarquable de simplicité glacée et de minimalisme organique. Si vous aimez un mélange de glam rock, de post punk et de théâtralité qui a donné naissance au goth rock mais ne s’est pas arrêté là, si vous idolâtrez T-Rex, Joy Division, Brian Eno, Roxy Music, Can, John Cale, David Bowie période trilogie berlinoise, Dead Can Dance, Nine Inch Nails, Suicide, mais aussi Bloc Party et Interpol, qui leur doivent beaucoup, vous allez adorer son côté aventureux et son intellectualité froide. Un must ! A ce jour, c’est le meilleur disque de l’année.

MM
Pays: GB
Cooking Vinyl / V2 CookCD465
Sortie: 2008/03/03


Lu: 2703
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