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BABILS - Ji ameeto
/ paru le 23-03-2017 /

Dans l'underground belge, Babils occupe une place de choix. Ce n'est pas le petit combo à sa mémère qui débarque d'on ne sait où et vient prétendre détenir les clés du bon délire qui fait la bonne musique absconse et incompréhensible pour le commun des mortels. Le parcours de Babils révèle au contraire une progression méthodique et réfléchie dans les arcanes de la musique pas toujours accessible et qui n'en demeure pas moins hautement respectable. L'air de rien, avec l'avant-garde, on en arrive désormais à près de sept décennies d'existence. En effet, des premières expériences avant-gardistes de La Monte Young ou d'Edgar Varese dans les années 50, en passant par les élucubrations zappaïstes des années 60 ou les délires krautrock de groupes comme Guru Guru dans les années 70 et tout ce que les trente dernières années ont offert en termes de post-punk spatial, drone infra-sonore ou space-rock labyrinthique, la musique expérimentale affiche un parcours d'une extraordinaire richesse.

Et Babils, dans tout ça, sert en quelque sorte de lien entre les nombreux épisodes post-punk et néo-psychédéliques qui sont venus fleurir le paysage musical belge depuis les années 80. Il faut dire que l'expérience personnelle de ses membres y est pour beaucoup. Ces gens-là ont des lettres, c'est le moins qu'on puisse dire. Gabriel Séverin (chant, claviers et percussions) a opéré dans une multitude de petits combos aventureux, comme Gamial Trio, Jardin d'Usure, Logatomistes, Moonsanto, Rob(u)Nent, Silk Saw, The Joint Between, The Joint Between Ultraphonist, Tremolo Dual, Tricot Trio, Ultraphonist ou Uncotones. Stephan Barbery (guitare) est actif dans des groupes dès la fin des années 70 et affiche un pedigree faramineux : Digital Dance (groupe de new wave des années 80), Image Par Image (une cassette sortie chez Camera Obscura en 1984), Ink (duo folk monté en 2003 avec Drita Kotaji, ex-Bernthöler), Instead Of (également en provenance du label Camera Obscura en 1983), Jung, Kid Montana (dont les deux albums furent édités par les mythiques Disques du Crépuscule en 1986), Snowy Red (groupe cold wave eighties du regretté Marcel Thiel) ou Thrills (groupe punk de la fin des années 70). Et enfin, et pas des moindres, Etienne Vernaeve (batterie) sème au cours des années 80 des groupes comme Two Witnesses, Le Secret ou le légendaire Isolation Ward. On le trouve aussi chez Tongue, groupe de la fin du siècle dernier, récemment reformé. Ajoutons Patrick Bellefroid à la basse et Lukas Vangheluwe à la trompette et on a la liste complète du personnel de Babils.

La formation bruxelloise arrive ici avec son quatrième album, qui fait suite à "The joint between" (2007), "QTAB" (2011) et "Wah!" (2013). Ces œuvres, principalement fondées sur des improvisations mêlant krautrock, psychédélisme, free jazz, bruitisme et expérimentations sonores sont en quelque sorte une allégorie de la liberté musicale et du mépris des convenances, surtout commerciales. Les gens de Babils ne se fixent pas de limites dans leurs délires, ce qui est très sain. La tradition est à nouveau respectée avec le nouvel album "Ji ameeto" qui se décompose tout simplement en deux longs morceaux de seize minutes chacun, avec la porte ouverte directement sur le cosmos électrique, pulsé par des rythmiques obtuses et fouetté par des vagues stroboscopiques de synthétiseurs déjantés.

On démarre avec le titre éponyme "Ji ameeto", cavalcade garagiste montée sur batterie métronomique inépuisable et hantée par des paroles surréalistes. Gabriel Séverin et sa bande nous emmènent ici dans une montée sans fin vers une accélération qui nous échappe toujours, comme une ligne d'horizon inaccessible. Ici, aucune variation d'ambiance ou de mélodie de vient fracturer ce titre marathonien en plusieurs épisodes, tout est en un seul bloc, ce qui n'empêche pas la grandeur. Le second morceau, au titre invraisemblable ("C'est la raison pour laquelle nous ne cesserons jamais de recommencer"), se veut plus calme dans la rythmique mais toujours aussi torturé du bulbe céphalo-rachidien quand il s'agit d'aborder sa philosophie profonde. Ici, c'est la basse et ses grosses lignes ronflantes qui entourent le titre d'un lourd voile de velours mauve. On est déjà davantage sur l'orbite géostationnaire, avec les parois de la station spatiale soumises à des craquements sournois, sans doute à cause du passage subreptice de quelques météorites fleuries. La seconde moitié du morceau vire plutôt vers l'instrumental, quand un discret piano et des jongleries électroniques viennent coller de près à la marche entêtée et virevoltante de la section rythmique.

Après un tel traitement, nos cervelles sont mûres pour aller défier les invasions martiennes. Aux dernières nouvelles, "Ji ameeto" a bien plu aux animateurs de la BBC et commence à infiltrer les esprits outre-Manche. Il serait dommage de ne laisser ce plaisir qu'aux Anglais.

François Becquart
Pays: BE
Sub Rosa
Sortie: 2017/03/06


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