BAUL MEETS SAZ – Namaz

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Bien plus qu’une simple chronique, ce texte est aussi le moyen de vous reparler de ce trio (j’en avais déjà touché un mot sur notre page Facebook), qui aura offert un très beau concert lors du Festival d’Art de Huy édition 2018, un projet qui rassemble le grand maître du saz Emre Gültekin d’origine turc mais vivant en Belgique (il est l’un des professeurs de Muziekpublique et l’un des piliers des musiques traditionnelles) et, le duo indien Brahmakhyapa formé par l’éclatante chanteuse Malabika Brahma et l’étonnant percussionniste Sanjay Khyapa. Concernant Emre c’est un artiste habitué de ce festival des musiques du monde, un véritable orfèvre du saz d’Anatolie (région de Turquie), important personnage qui aura déjà initié de nombreuses rencontres musicales avec ici, la réalisation d’un album que je vous fais découvrir, une finalité pour la rencontre entre l’artiste d’origine turc et le duo indien originaire du Bengale, qui véhicule les traditions et la musiques des Bauls perpétuées par des musiciens itinérants allant de place en place pour porter des textes et des mélodies axés sur des thèmes sacrés et philosophiques comme l’hindouiste, le bouddhisme ou le yoga…

Côté scénique le trio donne rapidement le change, présentant un récital à coloration orientale avec une parfaite symbiose entre les deux cultures, avec trois virtuoses qui montrent de très grandes capacités artistiques. Si Emre prouve facilement qu’il est passé maître dans l’art de jouer du saz (un luth à manche long et à cordes pincées), Malabika habille les chansons de sa très belle voix qui peut se faire à la fois sensible et forte lorsqu’elle pousse son organe vocal. Il reste à vous parler de Sanjay qui m’aura véritablement impressionné lors de ce concert de ce 20 aôut à Huy, offrant au public une véritable démonstration sur un minuscule tambourin (le dabki), une dextérité remarquable puisqu’il arrive à reproduire le bruit des gouttes d’eau qui tombent !

Mais passons maintenant à l’analyse de ce disque sorti juste avant cet été où apparaissent d’autres musiciens que le trio, présents pour apporter le son d’autres instruments traditionnels comme le oud ou le sarod mais également, celui du saxophone ou du violon. Une preuve supplémentaire qu’ici on mélange allègrement les musiques de contrées diverses, pour un album qui s’ouvre sur le son du saz et un chant féminin directement chargé d’émotion bien en phase avec l’Inde et plus spécifiquement le Bengale. Si la musique y est plutôt douce c’est bel et bien le chant qui monte et qui descend d’intensité, portant avec âme et force des traditions bien loin de chez nous. Bien sûr il manque ici l’image et le ressenti d’un concert, l’exercice scénique permettant une plus grande mise en valeur du travail des musiciens et de la chanteuse mais, on découvre malgré tout au fil de l’album de très beaux passages techniques avec de fins arpèges voir des moments où les instruments eux-aussi prennent du coffre et de l’ampleur.

Voilà un disque qui fait honneur aux musiques traditionnelles grâce à des chansons où, un chant beau et expressif se marie à la perfection à une orchestration construite par de clapant musiciens, qui exploitent au maximum toute une série d’instruments eux-aussi traditionnels. Le tout destiné à faire découvrir des musiques et des contrées moins connues !

Pays: BE/TU/IN
Seyir Muzik Records 2GN006
Sortie: 2018/06/29

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