IMPERIALIST – Cipher

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Voici un nouveau groupe qui se lance sur le front du black metal mélodique et qui pourrait bien marquer quelques points. Imperialist vient de Monrovia, dans la grande banlieue nord de Los Angeles, qui fut la terre des Indiens Tongva et accessoirement la ville où un certain Patrick McDonald créa en 1937 une petite gargote de hamburgers. Mais Imperialist n’est pas composé d’Indiens mangeant des Big Mac, il est plutôt d’extraction chicano avec à son bord Bryant Quinones (guitare), Rod Quinones (batterie), Sergio Soto (chant et guitare) et Joshua Alvarez (basse). Les frères Quinones montent ce groupe en 2013 et sortent un premier EP « Quantum annexation » en 2015. Les thèmes abordés parlent déjà de science-fiction, comme dans le premier album long format « Cipher », qui sort sur le label Transcending Obscurity.

Une première écoute de « Cipher » permet de se faire tout de suite une opinion. Les hommes d’Imperialist ne plaisantent pas avec les règles du black metal, qu’ils rendent hautement intéressant avec l’apport d’une dose certaine de thrash metal technique. On peut y distinguer des influences en provenance de combos cultes dans le genre, comme Immortal (pour le côté basiquement black) mais aussi Sacramentum, Necrophobic, voire Hexen ou Aspid pour l’aspect thrash progressif. Dans le genre, un petit côté Voivod n’est pas non plus à exclure. On voit donc qu’Imperialist manipule des influences en provenance des régions plutôt septentrionales du globe, alors que le doux soleil de Californie aurait pu les inciter à être plus cool, soit bêtement hair metal, soit carrément mariachi.

Mais l’appel du black metal est plus fort que tout et on doit remarquer la grande maîtrise de l’écriture et de l’instrumentation chez ce groupe qui signe d’entrée un album très marquant. Ici, pas de fioritures inutiles ou de digressions gratuites, Imperialist va à l’essentiel dans la construction d’ambiances angoissantes baignées dans une agressivité retenue. L’introduction « Continuum » sert de mise en bouche instrumentale, avec violons mélancoliques et notes en quarte augmentée. Les choses démarrent vraiment avec « The singularity » qui associe d’emblée thrash metal progressif et black metal mélodique. On aura ce mélange subtil tout au long de l’album, avec des compositions puissantes, très dignes et expressives (« Advent anathma », « Splendor beneath an ancient permafrost »). Le chant reste clair et navigue fièrement sur des lits de guitares hargneuses, tandis que le batteur éclate tous azimuts sur des polyrythmies athlétiques. Quelques morceaux plus longs permettent des développements remarquables (« Umbria tempest », « The dark below »). Bref, pour un coup d’essai, nous avons là un coup de maître.

N’oublions pas non plus la superbe pochette typiquement science-fiction, avec un vaisseau spatial se dirigeant vers des mondes cosmiques inconnus. L’album est disponible en version vinyle coloré et en CD digipak du plus bel effet. La maison Transcending Obscurity a mis les petits plats dans les grands pour présenter au monde ce groupe Imperialist, qui en vaut incontestablement la peine.

Pays: US
Transcending Obscurity
Sortie: 2018/10/20

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