Marseille, GHINZU aux frontières de son univers ?

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Après deux dates wallonnes et avant un retour en terre flamande, Ghinzu est parti sillonner la France. Avec une entrée de «Mirror Mirror» dans les charts de l’hexagone à la 4e place des albums téléchargés et à la 17e place des albums achetés, le phénomène belge se devait d’être analysé. L’étape marseillaise de ce 10 avril nous a servi d’éprouvette. Anamnèse : Le repère de nos compatriotes s’appelait L’Espace Julien et ses 1000 places furent vendues bien avant la date du concert. Pourtant, à interroger quelques futurs gladiateurs, détenteurs du sésame nécessaire à l’entrée dans cette salle surchauffée, rien n’était prémonitoire.

Dans ce public, à la moyenne d’âge assez jeune, il y avait de tout. De ceux, mais ils étaient très peu nombreux, qui connaissaient le groupe pour les avoir vus trois ans auparavant au Poste à Galène, une autre salle de la cité phocéenne. D’autres pour avoir fait des déplacements jusque Paris-Olympia en juin 2005 ou en Belgique même pour deux jeunes filles, fières de leur T-shirt de la période entre-tournées de 2008.

Il y avait aussi bien sûr beaucoup de ceux, sûrement quatre tiers, on est à Marseille quand même, qui ne les avaient jamais vus mais qui étaient là parce que c’était LE groupe à voir. Et dans ceux là, plusieurs sous-catégories. Dans les jeunes, ceux qui avaient téléchargé les gros cartons commerciaux de l’album «Blow» et le single «Take it easy». Dans les autres, ceux qui avaient découvert les CD’s avec «Blow» d’abord puis «Electronic Jaccuzzi» lors de sa sortie 2005 en France. «Mirror Mirror» aussi bien sûr dont la place dans le Virgin Megastore de la ville était bien visible dans la colonne centrale des nouveautés. Mais presque tous, étaient là pour la même raison : parce que convaincus par un ami ou une amie de ne pas rater l’événement. Le bouche à oreille ayant été la meilleure des publicités, surtout la plus décisive.

Un public conquit d’avance et impatient, ce n’est pas toujours facile à satisfaire. Surtout que les rumeurs courraient dans la foule. «Tu vas voir, on m’a dit qu’il se met debout sur le clavier». «J’ai lu le résumé du concert de Paris au Bataclan, ils reprennent Iggy Pop». Mais surtout, les bruits de la soirée de l’avant-veille, dans la ville étudiante de Perpignan, à peine éloignée de quelques dizaines de kilomètres, étaient arrivés jusqu’à Marseille. «Mon cousin m’a dit que cela avait été la folie dans la salle et pire encore sur scène». «A Marseille, c’est toujours chaud, vont-il tenir le coup ?». A Marseille, cela n’était pas pour faire les comiques que les musiciens se sont présentés devant un public qui n’attendait pas une prestation de comiques. D’ailleurs Ghinzu en France, ce n’est pas une blague belge!

Diagnostique différentiel : Le concert. En première partie, produit belge assurant la mise en jambes du public, Black Box Revelation est composé de deux jeunes musiciens flamands (17 ans pour le batteur ! Un groupe à suivre). Une musique forte et déchainée préparait les oreilles et laissa une belle impression.

Au point que ce fut dans une salle à la chaleur plus que méditerranéenne qu’entrait le groupe vedette pour un set musical à nouveau plus qu’énergique et assaisonné d’un light show des grands soirs.

Après l’intro et un morceau atmosphérique, «High Voltage Queen» lançait la tourmente avec ses accents connus de presque tous les présents, comme expliqué ci-avant.

Dans la suite, «Mirror Mirror» et «Dream Maker» (pour la petite histoire repris sur la conduite par Death et Death II, cela ne laisse aucune équivoque) ont été joués au lance-flammes ce qui fit encore monter la température.

Alternant de mains de maîtres, les morceaux connus et ceux encore à découvrir , Ghinzu ne laisse tomber à aucun moment la pression, et ce sont avec les curseurs de la table de mixage poussés vers le haut que les rifs de guitares s’enchainent.

Même «This light», la balade du dernier album, qui par sa mélodie encore timide il y a deux semaines à Charleroi laissait sur sa faim (voir critique du 1er avril), est maintenant magnifiée par un final où Greg et Mika sont en renfort pour un son en force s’appuyant sur les voix. Merveilleux !

Après un «21th Century Crooner» lancé comme un train SNCF ne désirant pas s’arrêter en gare de La Ciotat, le public pas effrayé pour un sou, criait le front perlé, les vêtements détrempés par la fournaise : Vive les Belges ! John, comme pour les remercier, finira debout sur le synthé, les épaules couvertes par un drapeau noir jaune rouge.

«Do you Read me» (le tube de «Blow» par excellence sur le territoire français), «Je t’attendrai» et «Killer» achevaient set, gladiateurs et musiciens en noyant le tout dans un bain de sueur.

Rappel avec «Blow». Rappel avec un «Mine» encore différent de ce qui nous avait été présenté. Rappel ultime avec la reprise de l’iguane «I Wanna be your dog» chanté. Que dis-je chanté, hurlé. Que dis-je hurlé. Aboyé par un public au visage défiguré par un sourire oreille gauche-oreille droite.

Bilan médical : R.A.S. ! The show must go on !

remerciements à Ghinzu, à Bigmana (Tom et Emilie) à Bruxelles et à Serge Eyssautier à Marseille pour leur aide logistique à la réalisation de cet article

Play list, Marseille, Espace Julien, 10/04/09

  • intro
  • Carmina
  • High voltage queen
  • Mother Allegra
  • Mirror mirror
  • The dream maker
  • Cold love
  • Take it easy
  • This light
  • The dragster wave
  • 21st Century Crooner
  • Do you read me
  • Je t’attendrai
  • Kill the surfer

    1er rappel

  • Blow
    2e rappel
  • Mine
    3e rappel
  • I wanna be your dog (I. Pop)

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