Les Nuits Botanique avec Get Well Soon, Art Brut et Dear Reader

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Voici maintenant 5 ans que les Nuits Botanique se déroulent au début du mois de mai et quelques éditions qu’est organisée au moins une soirée où, pour un prix unique, vous avez accès à l’ensemble des salles. Ce 8 mai, parmi les 16 groupes présents, nous avons retenu notamment Dear Reader, Art Brut et Get Well Soon. A ce propos, il est opportun de choisir intelligemment son programme à l’avance car les horaires du Chapiteau, de l’Orangerie, de la Rotonde et du Grand Musée se confondent et il est dès lors impossible d’assister à plus de quatre concerts dans leur entièreté sur la soirée. Une petite faiblesse à peut-être revoir pour l’édition 2010…

Cela dit, en ce qui nous concerne, le début de la soirée était tout choisi et il allait se dérouler principalement à l’Orangerie avec tout d’abord Dear Reader, un groupe originaire d’Afrique du Sud, qui vient juste de sortir un premier album, “Replace Why With Funny”. Ce trio est emmené par la charmante Cherilyn Macneil, petit bout de femme timide juste ce qu’il faut, qui est accompagnée de ses deux compères, le bassiste Darryl Torr et le batteur Michael Wright.

Elle est dotée d’une voix qui nous fait penser à un croisement entre An Pierlé (surtout quand elle chante derrière son piano) et Kate Nash (les intonations). Une voix qui colle parfaitement au folk semi acoustique et tellement mélodieux de ses compositions. En plus, l’émotion qui s’en dégage est davantage mise en avant grâce à la présence sur scène de deux membres de Get Well Soon (ils terminaient justement leur tournée commune ce soir).

Tant au piano qu’à la guitare, Cherylin assure. Il faut dire que des titres comme “Way Of The World”, “Dearheart” ou “Never Goes” sont des perles à s’écouter en boucle. Et le final, “Great White Bear” est une petite merveille, encore améliorée par la dextérité de Darryl Torr, qui maîtrise à la perfection son espèce de sampler, garantissant des effets de grande qualité en réinjectant des voix ou des loops de piano au gré de son inspiration. En gros, les 35 minutes du set de Dear Reader sont passées bien trop vite et on se réjouit de les revoir très rapidement.

Le premier dilemme de la soirée se posait à ce moment-là, puisque Art Brut jouait à l’Orangerie pendant que les prometteurs Official Secrets Act se produisaient sous le Chapiteau. Notre choix s’est porté sur les premiers, avec l’éventuelle possibilité de switcher si Eddie Argos nous prenait la tête. Mais il n’en a rien été… Art Brut a donné un concert à la fois intense et puissant.

Le bedonnant Eddie Argos, malgré sa manière de chanter un peu limite, est un sacré personnage, bourré d’humour, ce qui donne une réelle plus-value à la prestation du groupe. Humour dans les textes de ses chansons (dont il n’hésite d’ailleurs pas à adapter les paroles), humour encore entre les morceaux (à la limite du narcissisme au point de présenter les membres de son band avec le même nom: Art Brut!) et humour toujours dans le comportement (il chante en chaussettes mais cela ne l’empêche pas de venir s’aventurer au milieu du public, il saute à la corde avec le fil de son micro,…). Ses musiciens valent également le détour, avec un guitariste blond aux yeux bizarres au moins aussi déjanté que lui et un batteur moustachu qui joue debout et qui aurait bien pu obtenir un rôle dans un film coquin des années 70. La bassiste et le deuxième guitariste sont, quant à eux, un peu plus en retrait.

Et musicalement, me direz-vous? Et bien, cela tient la route! Le dernier album, “Art Brut vs. Satan” (produit par Frank Black) donne très bien sur scène, notamment la plage d’intro du concert, “Alcoholics Unanimous”. Mais “Demons Out” et “DC Comics And Chocolate Milkshake” sont du même acabit. Ils ont bien entendu chanté des titres des deux albums précédents, dont “Emily Kane”, “My Little Brother” (repris en cœur par la foule) ou “Nag Nag Nag Nag”. Pas de trace de “Formed A Band”, mais même sans, ce concert était impeccable. A revoir sans hésiter aux Ardentes en juillet.

Le temps d’aller prendre une bière au bar et nous revoici dans l’Orangerie pour les allemands de Get Well Soon, qu’on avait découverts en première partie de Calexico à l’AB en octobre dernier. En effet, le groupe de Konstantin Gropper avait livré un set impressionnant qui nous avait touché en plein cœur alors qu’on ne connaissait aucun de leurs morceaux. Entre-temps, leur album “Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon” s’est classé dans notre top 10 de 2008 et on n’attendait qu’une nouvelle occasion de vibrer avec eux…

Dès les gazouillis d’oiseaux qui introduisent le concert, on sent que quelque chose de spécial se prépare. Pendant l’intro (“Prelude”, aux paroles simples, puisqu’elles se limitent au titre de l’album), on se dit que c’est bien parti et dès les premières notes de “People Magazine Front Cover”, on a l’intime conviction que la prestation de ce soir se retrouvera dans nos meilleurs souvenirs concerts de l’année. L’impression se confirme avec un excellent “Listen! Those Lost At Sea Sing A Song On Christmas Day” (un titre tellement long que le leader butera dessus en l’annonçant) qui est un extrait d’un tout nouvel EP de 7 nouveaux titres, “Songs Against The Glaciation”). C’est à ce moment que l’on se rend compte que non seulement, l’émotion est omniprésente, mais surtout que le groupe est devenu beaucoup plus rock que par le passé. Les guitares sont bien mises en avant et la puissance est, contre toute attente, le complément idéal de cette émotion. Sans perdre de vue que le violon apporte lui aussi sa pierre à l’édifice.

C’est donc sans réelle surprise que le groupe a donné un concert d’une excellente qualité, avec des titres magnifiques, comme “We Are Safe Inside While They Burn Down Our House” (qui est le morceau que Radiohead essaie en vain d’écrire depuis “OK Computer”), “If This Hat Is Missing I Have Gone Hunting” (qui rappelle les meilleurs moments de Madrugada), et cette incroyable version de “Born Slippy”, interprétée avec une sensibilité qu’Underworld était bien loin de soupçonner en composant cet hymne techno…

Le concert s’est clôturé avec un magistral “Lost In The Mountains (Of The Heart)”, qui a résumé à lui seul l’intensité de ce concert. Le public ne s’est d’ailleurs pas trompé en réservant une salve d’applaudissements impressionnante au groupe qui a sans doute donné un des concerts de l’année, ou en tout cas, un des concerts de ces Nuits Botanique…

Après, il allait être difficile d’égaler cette performance. On a donc erré à la recherche de la perle éventuelle qui allait bonifier la soirée. Mais ni AU, duo expérimentalo-progressif aux sonorités indoues à la Rotonde, ni The Asteroids Galaxy Tour, genre de Duffy (la chevelure et la voix sont troublantes de comparaison) avec un groove soul reggae n’ont réussi à faire oublier la prestation du groupe de Konstantin Gropper. On s’en était douté…

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