Tony Levin au Spirit of “Sticksty Six”

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Tony Levin nous revient au Spirit mais cette fois plus avec le Tony Levin Band, mais avec la formation Tony Levin Stickmen c’est à dire avec son comparse de King Crimson, Pat Mastelotto, à la batterie, et un autre prodige du stick, Michael Bernier. A l’écoute du récent “Stick Man” du grand Tony, album sur lequel chaque plage est intéressante, mais dont le caractère très technique me rend l’écoute “d’une traîte” un peu indigeste, je suis un peu inquiet en me rendant ce 13 mai dans l’antre verviétoise du rock’n’roll. Bien sûr, Tony et Pat sont des musiciens prodigieux, Michael Bernier doit l’être également, mais au-delà des prouesses de nos comparses, la musique va-t-elle nous plaire ?

La réponse viendra rapidement, on débute forcément avec “Welcome”, plage d’ouverture de “Stick Man”, rythmé (forcément), enjoué, sautillant, suivi d’un très crimsonien “Sasquatch”, et l’inquiétude s’envole. La musique de cette formation axée sur le stick passe très bien en concert, il faut dire que voir jouer ces surdoués de cet instrument révolutionnaire est impressionnant.

Quel drôle d’instrument que ce Chapman Stick : long manche muni de douze cordes que le musicien actionne en les frappant, un peu à la manière d’un piano. Cela permet au musicien de jouer la mélodie avec la main droite et la ligne rythmique avec la gauche. Faut être vachement bien coordonné !

Je ne vous énumérerai pas la suite de la setlist, les titres n’ayant pas grande importance, même Tony ne semble pas les retenir tous (“next one must be called Metro, isn’t it, Pat ?”)! Disons surtout que nous avons eu droit à un voyage dans l’univers du stick avec des passages tantôt funk, tantôt free jazz, rock (avec “Speedbump”), atmosphérique façon Eno (avec “Metro”). Les musiciens montrant qu’ils s’amusaient vraiment sur scène, en particulier Pat Mastelotto, très expressif, mimiques à l’appui. Il se marre et cela plaît beaucoup à Tony. Le jeune Michael Bernier, physique à la Hugh Grant, n’est pas en reste et nous gratifie de solos stupéfiants, tant sa rapidité d’exécution est impressionnante (l’Alvin Lee du stick ?). Tony suit avec un stick réglé basse (forcément) et nous sort des sons des plus inattendus. Par moments, on change les rôles, Michael à la ligne de basse et Tony au solo “guitare”.

Au rayon reprises de King Crimson, Tony et ses potes nous offrent un “Vroom” énergique à souhait. Au beau milieu du concert : le point culminant avec “Red”, une des pièces les plus dures du répertoire du roi cramoisi et plage d’ouverture de l’album du même nom, chef d’œuvre incontournable, mais sur lequel ne figuraient ni Tony, ni Pat (pas encore !). C’est un régal et le public ne s’y trompe pas. Un très torturé (mais excellent) “Indiscipline” nous est présenté avant les rappels.

Quatre titres en rappel dont une reprise du groupe expérimental Sleepytime Gorilla Museum (“Sleep is wrong”) pour terminer évidemment avec un magistral “Elephant Talk” (après les gorilles…), histoire de donner vraiment envie que le projet de Robert Fripp de faire quelques concerts pour célébrer les quarante ans de King Crimson se concrétise (on peut toujours rêver !).

Tony et ses musiciens se prêteront ensuite au traditionnel jeux des dédicaces avec un plaisir évident, discutant avec qui le souhaite. Pat offrira même une dédicace sur une de ses baguettes. Non seulement ces musiciens sont ultra doués, mais en plus ils sont sympas.

Encore une belle soirée au Spirit (on ne les compte plus !).

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