Pacrock 2009 ou l’écologie à l’abri du Saule pleureur

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Pour sa septième édition, ce petit festival convivial s’est offert une tranche d’écologie sans verser dans le commerce équitable et en restant bien de chez nous malgré tout ! En effet, je ne pense pas que les hamburgers et autres frites étaient fair trade. Pas plus que la sauce andalouse ou les pizzas champignons. Mais des totems faits de roues ou de cadres de vélo en signalétique des poubelles sélectives ainsi que des verres réutilisables ont fait que le site en fin de journée était toujours propre. Pour les négligents, il y avait même quelques clowns modernes qui déambulaient dans la foule afin de faire passer l’écho-logie, voire inviter les plus sportifs, ou les plus enclins à la rigolade, à une séance de cuistax dynamo que Zenobe Gramme, lui aussi bien de chez nous, aurait apprécié.

Je m’en voudrais de passer sous silence un dispositif plus qu’innovateur en matière de festival. J’ai nommé les toilettes sèches ! De celles qui s’y sont risquées, confirmation qu’en matière de rock and roll, cela n’était pas négligé.

Ben oui, le Pacrock, malgré la gentillesse et les avancées écologiques de ses bénévoles organisateurs, c’est avant tout un lieu de musique avec un programme bien chargé sur deux jours. Faute de temps, je n’ai qu’à vous conter une partie de la première journée.

Entre show et musique mon cœur bat-lance, et pour les quelques groupes entendus et vus, dégageons tout de suite deux tendances : ceux qui jouent la musique et ceux qui donne un spectacle.

Starving joue : La petite formation hennuyère est sur le circuit belge depuis plusieurs années. Après un temps assez long loin des projecteurs, ils sont de retour avec leur deuxième cd à présenter (« Les Confidences d’Annabelle » sorti chez Anorak Supersport). Vu sur scène il y a quelques mois à Bruxelles (Soirée Cerise) pour un concert catastrophe-technique, j’attendais leur passage dans de meilleures conditions techniques. Starving, c’est une bande de copains avec en premier plan, la chanteuse, Claudia, toute de noir vêtue maintenant. Le rock français est toujours un peu attendu au tournant pour ses textes et en festival, le côté intimiste passe mal. La formation joue bien, les musiciens sont en place, mais défendre un album aussi conceptuel que le dernier opus du groupe n’est pas facile du tout et les bonnes sensations sont à mettre sur le compte des morceaux du premier album (« Tout n’est pas rose »). Examen réussi avec mention satisfaction.

Jeronimo joue : Jérôme Mardaga sur scène, ce n’est pas du chiqué. L’homme s’investit toujours entraînant avec lui son « petit groupe ». Un nouveau CD « Mélodies démolies » encore tout chaud sorti de la poche kangourou du label Anorak Supersport lui aussi, suffit pour gonfler de volonté les musiciens d’une nouvelle formation bien rodée. Jeronimo, c’est du rock et encore du rock. Notes après notes, accords après accords, la musique martèle les âmes toutes prêtes à suivre le chanteur leader sans pour autant toujours aller jusqu’à convertir à sa cause. Aux morceaux récents se mélangent des titres bien connus, ( « Moi je voudrais » « J’ai peur des Américains – version améliorée » « Ma femme me trompe »), pour former au final un concert solide comme un rock.

Chrome Houf (UK) donne un spectacle : Sensation découverte pour ces étranges créatures venues d’Albion, étoile perdue de notre univers inter-lactique où la musique de nos temps actuels prend souvent naissance et où des formations atypiques sont nourries au biberon par des comètes de l’art du beat et du riff. Ce n’est pas de l’ambiant, ce n’est pas du disco, ce n’est pas du rock, ce n’est pas du funk ! C’est un peu tout cela à la fois et surtout c’est quelque chose à voir dans sa vie au moins une fois. Habillés de combinaisons couleur aluminium, ils mélangent violon rageur, cris poussifs et section cuivre déjantée à la panoplie rock habituelle batterie-guitare-basse. Ces créatures venues de l’espace sont un show permanent. Une chanteuse africaine moins habillée que ses acolytes accentue encore le mélange des genres : Les Martiens font du rock! Fréquence brouillée pour radio Galaktika! Grace Jones au pays d’Urban Sax!

Saule et les pleureurs joue et donne un spectacle : Saule est tout en gentillesse ! Même qu’elle devient légendaire chez nos voisins du Sud où petit chemin faisant, notre bonhomme fait sa place avec son deuxième album « Western ». Saule est tout en gentillesse, ne fait pas de la musique qui fait du bruit, chante en français, … Une seule question alors : que fait Saule dans un festival rock ? Réponse : Saule vient nous charmer, nous séduire et même vous faire pogoter ! Alliant la musique à l’image avec un écran buanderie fait de linge blanc suspendu. Se jouant des clichés avec un décor de scène en écouvillons pour biberon géant lumineux, Baptiste Lalieu et ses compagnons de route prennent le public par la main et l’emmènent dans son univers fait de bonbons sucrés acidulés souvenir d’un folk d’antan ou d’un rock seventies. D’applaudissements en applaudissements, toutes les chansons du répertoire, chantées ou dansées par l’assistance, sont égrenées comme une grappe de raison jusqu’à la déraison d’un ultime rappel où en rentrant sur scène, l’ordre est donné à la foule ! « Maintenant, on va pogoter ! » En plus on le fera ! Car le « Banana slip », version revisitée Saule, c’est à pleurer de joie dans les chaumières ! Il en faut peu pour être heureux, peu pour être heureux. Le propre du Sieur Lalieu est de donner gentiment son «minimum».

Front 242 donne un spectacle : War-rock. Commando-show. Electro-warrior. Les qualificatifs pour ces Bruxellois n’ont jamais fait défaut. Depuis plus de vingt ans Richard saute. Depuis plus de vingt ans, les prestations explosent sur scène avec dommages collatéraux au sein d’un public fait de soldats de la première heure et de nouvelles recrues séduites par des dernières tactiques d’attaques électro-musicales. Mais je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître et Front 242 vieillit, mais vieillit bien quand même. Light show toujours à la hauteur, son puissant, musiciens dynamiques. Aux images projetées trop froides et trop stériles des premiers morceaux, des montages de séquences vidéo-missiles donnèrent un meilleur climat à la deuxième partie du concert, offrant ainsi au public la prestation attendue. Mais je vous parle d’un public de plus de vingt ans car en fin de set, fait même remarqué par Jean-Luc Demeyer qui remerciait ceux encore présents, l’assistance avait été dégraissée de sa frange jeune. Dommage ! Front 242 reste une référence.

The Experimental Tropic Blues Band joue de la musique : peut-être trop fatigué d’avoir dansé comme à mes vingt ans pendant le set de Front 242, je n’ai pas été sensible à la prestation de ce trio basique. Un son trop dense, pour un volume sonore qui n’avait pas de nécessité. Une musique brouillon au premier abord se ferme à la découverte. Quelques morceaux plus loin, cette musique ne séduit pas plus et laisse perplexe. A revoir, ceux-ci étant programmés dans pas mal d’endroits dans les mois à venir.

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