Des MACCABEES bien vivants à la Rotonde

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Par rapport à l’année dernière, on assiste à un mois de juin relativement calme d’un point de vue concerts. Ce mardi 9, le Botanique présentait une des dernières découvertes à se mettre sous la dent avant la Fête de la Musique et le début de la saison des festivals: The Maccabees.

Une soirée véritablement placée sous le signe de la découverte puisque la première partie avait été confiée en dernière minute à Roscoe, un groupe liégeois qui fait partie du collectif Startin Pop et qui vient de sortir un premier EP. Personnellement, lorsque l’on me parle de Roscoe, je pense immédiatement à la magnifique chanson de Midlake qui se trouvait sur le non moins excellent album “The Trials Of Van Occupanther” en 2006. Et sur ce coup-là, j’avais vu juste…

Peut-être pas avec le premier titre chanté simplement à la guitare acoustique. Mais lorsque le reste du groupe a rejoint le chanteur sur scène, l’inspiration allait se faire sentir de plus en plus (la voix et les atmosphères en tête), jusqu’à ce qu’ils annoncent l’origine de leur nom et d’entamer la cover du morceau précité. Bingo! Très belle interprétation, soit dit en passant… Mais il ne faut pas cantonner Roscoe à de l’imitation pure et simple, car ils démontrent une réelle habilité à faire passer quelque chose sur scène. D’ailleurs, les légers relents électro font penser de temps à autre à Radiohead. De bien belles références pour un groupe qui dispose d’une marge de progression importante et avec lequel il va falloir compter. Le rock liégeois se porte bien!

Après cette excellente surprise, place aux vedettes de la soirée, The Maccabees. Ils proviennent de Brighton et en sont déjà à leur deuxième album, “Wall Of Arms”. Un album légèrement différent du premier sorti en 2007 et qui fait beaucoup penser à Arcade Fire. Il faut dire que le producteur qu’ils ont choisi, Markus Dravs, est l’artisan du son de “Neon Bible”, le deuxième opus des canadiens.


C’est toutefois avec le remarquable (et très rock sombre) “No Kind Words” qu’ils débutent leur set. Un titre qu’ils avaient offert gratuitement via leur site internet en février dernier et qui n’est pas loin d’être le meilleur extrait de la plaque, ou en tout cas celui avec lequel on peut tisser un lien avec les anciens morceaux. Et c’est justement avec deux titres du premier album que la soirée s’emballe: “X-Ray” et “Tissue Shoulders”.

Comme c’est souvent le cas au Botanique, la majorité du public est constitué d’anglais qui ne sont que trop heureux de voir dans des conditions optimales et pour nettement moins cher des groupes qui remplissent des salles bien plus grandes Outre-Manche. Cela dit, le tempérament de certains était assez chaud ce soir. Je pense immanquablement à ce grand sauvage baraqué à côté de moi qui n’a pas arrêté de gesticuler, m’obligeant par moment à reculer, voire à user de malice pour éviter ses longs bras et tenter de ne pas perdre l’équilibre.

Soit, retour à la musique… Orlando Weeks a clairement le même timbre de voix que Win Butler, le leader des précités Arcade Fire, mais l’émotion en moins. Par contre, les deux guitaristes (les frères Felix et Hugo White) ainsi que le bassiste (Rupert Jarvis) apportent une pêche et une énergie communicative tandis que le batteur Sam Doyle (qui a remplacé Robert Dylan Thomas, rentré en cure de désintoxication) assure une rythmique impeccable.


Toutefois, sur la longueur, on ne peut pas s’empêcher de quelquefois trouver le temps long. Ils ont plusieurs bons titres (“Precious Time”, “Lego”) mais on a l’impression que les dernières compositions n’ont pas encore fait leur maladie de jeunesse. Cela n’empêche malgré tout pas “Can You Give It” ou “Young Lions” de sortir du lot, ainsi qu’une surprenante partie pendant laquelle Orlando Weeks prendra un accordéon et laissera le micro à un des deux frères White. Sans parler du relativement soft “Toothpaste Kisses”, BO d’une pub pour Samsung en Angleterre.

Les rappels répartis en deux salves feront la part belle à des titres efficaces et visiblement attendus par le public. “First Love” et “Mary” d’abord, “Love You Better” ensuite, la plage d’intro de “Wall Of Arms”, que mon voisin anglais a décrété comme étant l’hymne de la soirée, point final de son concert de l’année. Pour ma part, je serai un peu plus mitigé en disant que l’on a assisté à une prestation intéressante, mais pas décapante. A revoir dans d’autres conditions au Pukkelpop dans deux mois.

Les autres photos de

The Maccabees
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Roscoe

Photos © 2009 Olivier Bourgi

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