Rock Werchter 2009 (Jour 1) avec Placebo, Oasis et The Prodigy

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La période estivale rime traditionnellement avec festival musical. Et si l’on y ajoute un soleil abondant, une affiche de folie, un sold out de longue date et une organisation sans faille, on a à portée de main tous les ingrédients indispensables à la réussite d’une nouvelle édition du festival par excellence, Rock Werchter. Au programme, entre autres, de la première journée: Placebo, Oasis et The Prodigy. C’est donc sous un soleil de plomb que la première note de l’édition 2009 est sortie à 16h précises des instruments de Eagles Of Death Metal. Projet parallèle de Josh Homme des Queens Of The Stone Age (qui ne participe pas souvent aux tournées…), le groupe est emmené par le chevelu, moustachu et abondamment tatoué Jesse Hughes. Parmi les musiciens (dont Tim Vanhamel a fait partie un temps), on retrouve notamment Joey Castillo, le batteur des Queens. Cela dit, la chaleur était telle qu’après avoir assisté au nerveux “I Only Want You”, on a plutôt été se réfugier sous la Pyramid Marquee pour tenter de trouver un peu d’air frais en se disant que de toute façon, Eagles Of Death Metal reviendra au Pukkelpop en août.

Et puis surtout, il y avait Expatriate qui lançait les festivités sous cette Pyramid Marquee. Les australiens avaient déjà fait forte impression en décembre dernier lorsqu’ils avaient assuré la première partie de dEUS à Forest National. Six mois plus tard, on sent qu’ils ont pris de la bouteille et qu’ils sont en train de confirmer les promesses placées en eux. Quelque part entre les Kings Of Leon et les Killers avec une petite pointe nostalgique du rock du début des années 80 à la U2 ou Simple Minds (un morceau ressemble d’ailleurs furieusement à “New Gold Dream”). Cela bouge bien et les 45 minutes qui leur étaient imparties sont passées incroyablement vite. Ils avaient également l’air surpris de la masse de personnes venues les applaudir. Une belle petite mise en jambes…

Sur la Main Stage, les riffs de guitare avaient laissé la place à la pop gentillette mais intelligente de Lily Allen, qui allait rafraîchir l’atmosphère. Du moins, c’est ce que l’on pensait. Ses musiciens ont lancé “Everyone’s At It” et elle a débarqué sur scène avec une perruque à la Cléopâtre, des énormes lunettes de soleil, un dessus de bikini en léopard et des talons aiguilles impressionnants. Jusque là, rien de bien déplaisant… Par contre, lorsqu’elle a commencé à chanter, le charme est retombé. On n’ira pas jusqu’à dire qu’elle chante faux, mais on n’en est quand même pas loin. Sur “I Could Say”, elle a laissé tomber les lunettes mais elle n’a pas mieux performé pour la cause. Après “22” (son prochain single) et l’atroce reprise de Kaiser Chiefs (“Oh My God”), on a préféré lever le camp et aller jeter une oreille à Emiliana Torrini.

Emiliana Torrini, autre style, moins tape à l’œil mais tout aussi coloré. D’un point de vue vestimentaire en tout cas (une sorte de chasuble multicolore qui ne l’avantageait pas physiquement), car musicalement, on se balade dans du beaucoup plus calme. Du beaucoup trop calme, serait-on tenté d’écrire, surtout que le soleil n’avait pas fini de taper et que l’atmosphère était limite suffocante. Je suis sûr que j’apprécierai nettement plus ce jeudi aux Ardentes avec un peu d’air frais. Tout comme Fleet Foxes, d’ailleurs, sauf qu’eux, ils ne seront pas à Liège… On a donc pris l’apéritif dans l’herbe avec Dave Matthews Band en fond sonore et en attendant les choses sérieuses, qui allaient débuter peu avant 21 heures avec Placebo.

Au rayon nouveauté de cette année, outre des points d’eau supplémentaires installés au vu des prévisions météorologiques caniculaires, les organisateurs ont mis en place une sorte de “golden circle” juste devant la Main Stage, accessible uniquement via des portes dignes du métro londonien, qui comptent les spectateurs lorsqu’ils les franchissent. Une bonne idée pour éviter les mouvements de foule, mais par contre, les embouteillages vers les bars de la gauche de la scène se sont vus multipliés, vu que les gens s’agglutinent dans l’attente de l’ouverture des portes, car une fois le nombre de spectateurs maximal atteint, il était impossible d’y pénétrer. Un système à améliorer (voire à annuler) pour l’édition 2010.

Bref, retour à la musique. Ces dernières années, j’ai souvent été déçu par les concerts de Placebo. A mon sens, Brian Molko n’arrive pas à transposer sur scène l’intensité de ses compositions. Par contre, j’ai commencé à revoir mon jugement après leur show case du début du mois de juin au Cirque Royal, où ils avaient joué pas mal de nouveaux titres (normal, c’était un show case). J’étais donc assez curieux de voir quelle direction ils allaient emprunter. Honnêtement, je m’attendais à un set best of qui allait plaire à bon nombre de festivaliers. Que nenni…

C’est en effet “Battle Of The Sun”, le dernier album du groupe qui a été mis à l’honneur. Et de manière bien convaincante. Il faut dire que le nouveau batteur, Steve Forrest, y connaît un bout dans l’art de frapper sur ses fûts. En plus, il amène un souffle nouveau au groupe, tout comme la petite claviériste / violoniste de tournée qui ouvre davantage l’horizon de Placebo. Dans les nouveaux titres, on peut mettre en exergue “Ashtray Heart”, “Battle For The Sun” et “The Never-Ending Why”. Et que dire de “Julien” avec ses nappes de violon tout simplement envoûtantes.

N’empêche, jouer 8 nouveaux titres (dont 5 en ouverture de set) à un festival comme Werchter, il y a intérêt à avoir confiance en ses compositions… Chapeau bas. D’autant plus qu’elles donnent vraiment bien en live. Et si l’on y ajoute quelques classiques (“Every You Every Me”, “Meds” ou un frissonnant “Follow The Cops Back Home”), on arrive à un concert sans fausse note. Le toujours aussi prenant (et bien nommé) “Song To Say Goodbye” a bien évidemment clôturé momentanément la prestation, avant trois titres en rappels qui n’ont fait qu’accentuer la cote globale du concert: “Infra-Red”, l’excellent “The Bitter End” et “Taste In Men” (qui ouvrait leurs concerts il y a presque dix ans). Je suis désormais partant pour la suite des aventures scéniques de Placebo, à commencer par le Pukkelpop le mois prochain.

Les suivant à être attendus sur la Main Stage étaient Oasis (ils étaient pile à l’heure, contrairement à leur prestation en 2000 où Herman Schueremans en personne avait dû aller leur tirer les oreilles dans leur loge pour que ces soi-disant stars daignent bien stopper de mettre à mal l’horaire du festival). Le dernier album du groupe, “Dig Out Your Soul”, comme d’habitude annoncé comme étant le nouveau “Definitely Maybe”, tient bien la route mais vu qu’Oasis est un groupe de festivals, on s’attendait plutôt à voir les frères Gallagher mettre à l’honneur les hymnes imparables qui ont fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui.

Et cela a bien commencé avec l’intro classique “Fuckin’ In The Bushes”, enchaînée à “Rock ‘n’ Roll Star” et “Lyla”. L’intensité était là, mais l’excitation allait peu à peu retomber, en partie à cause de l’attitude détestable des deux frères, surtout de Liam, très peu loquace (ce n’est pas nouveau) et limite ridicule avec son k-way boutonné jusqu’au cou et ses mains derrière le dos (sauf lorsqu’il attrape un tambourin). Très peu d’extraits du nouvel album (“The Shock Of The Lightning”, “Waiting For The Rapture” et le très Lennonien “I’m Outta Time”) mais par contre, les classiques font toujours mouche: “Supersonic”, “Live Forever”, “Don’t Look Back In Anger” pour ne citer que ceux-là. Pointons encore le fabuleux singalong sur “Wonderwall” et “Champagne Supernova” ainsi que la traditionnelle reprise des Beatles (“I Am The Walrus”) qui clôturera leur prestation. Ils ont fait le boulot, sans plus. Mais on n’en attendait peut-être pas davantage, après tout…

Restait The Prodigy qui s’apprêtait, malgré l’heure tardive (passé 1 heure du matin), à transformer la plaine de Werchter en discothèque géante. Après un troisième album parfait en 1997 (“The Fat Of The Land”), le groupe a connu quelques scissions. Ainsi, le faiblard “Always Outnumbered, Never Outgunned” de 2004 n’impliquait que Liam Howlett. Depuis, le groupe s’est réconcilié et tant lui que Keith Flint (l’homme aux multiples piercings) et Maxim Reality se sont donnés à fond pour enregistrer l’excellent “Invaders Must Die”, qui se retrouvera N°1 des ventes en Angleterre à sa sortie, contre toute attente. Il fallait donc s’attendre à des beats efficaces et des riffs cinglants car la particularité de ce groupe à vocation électronique est de proposer des sets live avec de vrais instruments. Et lorsque l’on sait que le guitariste de tournée n’est autre que Rob Holliday, ancien membre de The Mission, on est encore plus convaincu de l’efficacité de l’interprétation sur scène.

Et, de fait, on n’allait pas être déçu et dès les premières notes de “World’s On Fire”, on a ressenti une irrésistible envie de gesticuler aux sons de “Firestarter”, “Poison” ou “Voodoo People”. Maxim Reality est un MC plein de talent qui porte le concert à bout de bras. On le sent concentré et en même temps prêt à exploser en même temps que les beats électro. “Invaders Must Die” est définitivement un des albums dance de l’année, bourrés de classiques en puissance (surtout “Omen”, “Warrior’s Dance” et la plage titulaire). Les rappels ont achevé de mettre tout le monde d’accord avec notamment “Smack My Bitch Up” et “Out Of Space”, qui ont déchaîné les esprits dans le pit. Ils vont mettre le feu à Forest National le 18 novembre prochain, c’est une certitude…

C’est donc avec des beats plein les oreilles que nous sommes rentrés au camping pour une nuit bien méritée, même si elle s’annonçait courte…


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