Rock Werchter 2009 (Jour 2) avec Coldplay, The Killers et Bloc Party

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Après une courte nuit au camping (merci la chaleur étouffante dès 8h du matin), on est repartis à l’assaut de la pleine de Werchter pour le deuxième jour, qui proposait l’affiche la plus intéressante du festival, avec notamment Coldplay, The Killers et Bloc Party. Mais dans l’immédiat, c’est Just Jack qui jouait sur la Main Stage lorsque nous avons foulé l’herbe toujours verte de Werchter. Ses tubes “Embers” et surtout “Starz In Their Eyes” constituant les moments forts de sa prestation, peut-être un peu trop pop, mais efficace. Ce Jack Allsopp est en effet un entertainer et il sait comment travailler son public.

Nous, on attendait plutôt White Lies, qui était de retour en Belgique après leur excellent concert à la Rotonde du Botanique au mois de mars en support de leur hautement recommandable premier album, “To Lose My Life…”. Leur set sera presqu’identique à celui d’il y a quelques mois, si ce n’est qu’ils maîtrisent d’autant plus leurs compositions et qu’ils installent d’emblée une ambiance sombre, malgré un soleil de plomb, avec “A Place To Hide” et “To Lose My Life”. On a déjà connu des débuts plus calmes…

La symbiose entre les musiciens est parfaite et autant la générosité du chanteur Harry McVeigh (qui vit tellement intensément ses morceaux qu’il s’en arrache presque les cordes vocales) que la basse magique de Charles Cave et la batterie puissante et saccadée de Jack Brown font de leur prestation un moment d’enchantement (sans oublier le claviériste de tournée sans lequel il manquerait un petit quelque chose…). Ils joueront également une face B (“Taxidermy”) qui n’envie absolument rien aux autres titres (un peu comme Oasis et Garbage à l’époque). Ils passeront ainsi en revue la quasi-totalité de leur album dont les moments forts sont nombreux (“Farewell To The Fairground”, “From The Stars”, “Unfinished Business”,…). Une mention particulière à “The Price Of Love” dont l’intensité est décuplée en live et à “Death” qui terminera leur prestation en mettant tout le monde d’accord. Il va sans dire que nous serons au premier rang lorsqu’ils repasseront en Belgique, le 29 octobre prochain à l’Ancienne Belgique.

Après cette claque (et des couleurs supplémentaires vu que le soleil était omniprésent, voire agressif à ce moment de la journée), il était temps de bien se réhydrater, avec en toile de fond la petite Amy Macdonald (qui a viré au blond) et qui a proposé un set similaire à celui du Pukkelpop l’an dernier. C’est-à-dire que sa pop rock gentillette n’a pas vraiment évolué et que son concert n’a pas soulevé des passions. Ses hit singles y sont passés (“This Is The Life”, “Mr Rock & Roll”) ainsi que son habituelle cover de Bruce Springsteen (“Dancing In The Dark”). Bref, rien de bien novateur ni d’intéressant.

Heureusement que la suite allait s’avérer bien plus prenante, avec Elbow, qui continuent avec bonheur de surfer sur la vague de leur excellent quatrième album, “The Seldom Seen Kid” (qui est aussi impeccable que les précédents, injustement ignorés par le public). On aurait cependant pu penser que la Pyramid Marquee aurait mieux convenu au groupe de Manchester, mais il n’en a rien été. Le barbu Guy Garvey et sa voix rauque juste comme il faut sait en effet comment s’y prendre pour rendre une prestation intéressante, avec l’aide des autres membres du groupe, unis comme les doigts de la main depuis les débuts, eux qui ont quand même pas mal galéré depuis la fin des années 90. Leur set se baladera essentiellement dans les deux derniers albums (si ce n’est “Newborn”, seul rescapé des deux premiers), avec des moments magiques (“Station Approach”, le fabuleux “Leaders Of The Free World”, “Grounds For Divorce”, “Weather To Fly”,…). Bref, que du bonheur, ponctué avec “One Day Like This”. Un des bons moments du festival. Et ce n’était pas le dernier de la journée…

Car c’était en suite à Bloc Party de venir montrer de quel bois ils se chauffaient (encore que, ce week-end, pas besoin de chauffage). Ils étaient passés par l’AB en début d’année pour présenter un troisième album (“Intimacy”) bien plus accrocheur que le précédent (et surtout moins intello). Un album qui allie l’efficacité de leurs premières compositions avec une pointe légèrement électro qui ne leur va pas trop mal, Kele Okereke et sa voix si caractéristique se chargeant de peaufiner l’emballage. “One Month Off” en est un exemple parfait avec lequel ils débuteront leur set. Ils se baladeront ensuite dans l’ensemble de leur carrière, ne négligeant aucune période. Mais même si “The Prayer”, “Hunting For Witches”, ou “Song For Clay (Disappear Here)” sont d’excellents titres, rares sont ceux qui arrivent à la cheville des extraits de “Silent Alarm”, leur impeccable premier album de 2005. Ainsi, l’intensité de “Positive Tension”, de “Banquet” ou de “Like Eating Glass” n’a pas trouvé d’égal dans leur prestation de ce soir. A part peut-être le single isolé “Two More Years”, qui avait tant manqué en février dernier, et “Talons”. Par contre, le futur single du groupe, “One More Chance”, encore inédit, fait un peu trop penser aux Happy Mondays durant la vague de Madchester, le tout parsemé de beats électro à la manière de “Mercury” (qu’ils chanteront juste après). Un peu bizarre, tout ça… Par contre, le final allait être intense à souhait avec Flux (un autre single isolé) et surtout “Helicopter” qui est toujours d’une efficacité redoutable. Bon set dans l’ensemble pour un groupe content d’être là…

La suite allait nous emmener à Las Vegas avec les Killers, de retour après une prestation intéressante (mais pas suffisamment puissante) au Pukkelpop l’an dernier. A l’époque, ils n’avaient joué qu’un seul nouveau morceau (“Spaceman”). Depuis, ils ont sorti un troisième album (“Day & Age”), qui, comme les deux précédents, s’est retrouvé N°1 des charts anglais. Et c’est justement avec “Human”, le premier single extrait de la plaque, qu’ils ont débuté leur prestation. Brandon Flowers s’est désormais rasé la barbe et apparaît d’un coup beaucoup plus jeune (et playboy). Il est aussi un chouia trop sûr de lui et, dans un autre style évidemment, joue un peu son Liam Gallagher.

Il n’y a pas que des bonnes choses sur ce nouvel album. Par exemple, “This Is Your Life” est un peu plus faible. Mais lorsqu’arrive “Somebody Told Me”, tout le monde s’y retrouve et chante à l’unisson. On peut parler d’un hymne (on le remarquera le lendemain juste avant la prestation des Yeah Yeah Yeahs lorsque le titre est passé dans les haut-parleurs). A ce moment, le concert était lancé et il allait être difficile d’arrêter une machine telle que celle-là. Les meilleurs moments se partageront entre “For Reasons Unknown”, “Smile Like You Mean It” (dans une version soft bercée de violons), “Read My Mind” et “Mr Brightside”, interpétés d’une manière magistrale, sans oublier leur impeccable cover de Joy Division (“Shadowplay”), qui va comme un gant à la voix de Brandon Flowers. Les quelques bémols se nommeront “World We Live In” (trop Pet Shop Boys à mon goût et l’insupportable “All These Things That I’ve Done” qu’ils se sentent obligés de jouer à chaque fois en dernier morceau. Heureusement, ils reviendront pour un excellent “When You Were Young” et on en repartira plus positif.

La tête d’affiche du jour était sans aucun doute possible Coldplay, dont l’album “Viva La Vida Or Death And All His Friends” est déjà vieux de plus d’un an. Assez bizarrement, le groupe de Chris Martin n’avait plus foulé la scène de Werchter depuis 2003. Mais ils allaient bien vite rattraper le temps perdu en livrant un set intense dont ils ont le secret, bien mieux ficelé que celui qu’ils avaient donné à Anvers en octobre dernier, même si il en était largement inspiré.

Habillés en costume de révolutionnaire français comme sur la pochette de l’album et porteurs de différents messages peace and love dont ils ont le secret (notamment inscrits sur leurs instruments), ils ont entamé leur set en boulet de canon, avec l’instrumental “Life In Technicolor” directement enchaîné à “Violet Hill” et à “Clocks”. Pas le temps de respirer. Surtout que “In My Place” et “Yellow” vont emmener l’ambiance vers un palier encore supérieur. Quelques surprises nous attendront, comme cette version techno de “God Put A Smile Upon Your Face” mixé à Talk” à la limite du méconnaissable, ou cet hommage à Michael Jackson sur la fin de “The Hardest Part”, lorsque Chris Martin reprendra quelques mesures de “Billie Jean”. Cela dit, le meilleur était encore à venir avec cet hymne qu’est “Viva La Vida”. Ce morceau a beau être au centre de pas mal de polémiques suite à un hypothétique plagiat, cela n’empêche pas le public de scander à tue-tête les “wo-wo-wo wo-wo” de la fin du morceau, jusque dans les campings.

Suivra encore “Lost!” avant que le groupe ne s’efface et réapparaisse au beau milieu des spectateurs pour une version acoustique de “Green Eyes” ainsi qu’un court titre chanté par le batteur Will Champion, “Death Will Never Conquer”. Chris Martin en profitera également pour remercier (et citer) les différents groupes qui se sont succédés sur la Main Stage durant la journée (il avait au préalable déjà fait référence aux Killers en pianotant quelques notes de “All These Things That I’ve Done” sur la fin de “Yellow”).

Les musiciens se retrouveront ensuite sur la scène pour le morceau d’anthologie qu’est “Politik” suivi de deux autres extraits du dernier album, “Lovers In Japan” et “Death And All His Friends”. Malgré l’heure tardive, ce n’était pas encore terminé puisque le groupe est revenu pour un nouveau rappel, entamé par une magnifique version de “The Scientist” et ponctué par le dernier single, “Life In Technicolor II”. La boucle était bouclée… Un concert intense et généreux comme ils savent en donner. Il n’aura finalement manqué que “Trouble” et “Don’t Panic”

Après le traditionnel embouteillage à la sortie du site (pas facile d’évacuer 80.000 personnes), on est rentrés au camping en chantant “Viva La Vida” comme les autres festivaliers autour de nous et en réalisant que l’on était déjà à la moitié de notre pèlerinage…


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