Dour Festival 2009 (jour 2): La Fête en soirée…

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Deuxième journée du Dour Festival 2009 avec une affiche qui commençait enfin à s’emballer avec au programme des légendes (Killing Joke, Sepultura) mais aussi des valeurs sûres (Mercury Rev, Vive La Fête) et des découvertes (Sky Larkin, Does It Offend You, Yeah?). C’est parti pour le marathon musical du vendredi… Et c’est justement avec une découverte que notre journée débutait sous La Petite Maison Dans La Prairie (ah, Dour et ses noms de scène imagés…) avec St. Vincent, alias Annie Clark. Cette petite madame qui a un peu le look de la chanteuse des Long Blondes (sans le charme) n’est pas une débutante puisqu’elle a fait partie de Polyphonic Spree et a également tourné dans le groupe de Sufjan Stevens. Pourtant, on a pris peur durant les soundchecks qui nous ont presqu’encouragés à fuir vers le Dance Hall pour Airport City Express (les cris stridents de la chanteuse sont parfois horripilants). Heureusement, lorsque le concert a débuté et que les autres musiciens ont rejoint la scène, tout s’est mis en place avec un son limite lounge jazzy comprenant notamment un saxophone et un violon. Cela dit, elle peut aussi parfois se montrer bien plus rock (et dans ce cas, le violoniste se saisit d’une guitare). C’est lorsque la chanteuse s’est retrouvée seule sur scène pour un passage acoustique que l’on s’est décidé à rejoindre la Magic Tent pour revoir Sky Larkin.


Ceux-ci avaient assuré une des deux premières parties de Los Campesinos! à la Rotonde du Botanique en novembre dernier et ils étaient repassés au Witloof Bar quelques mois plus tard à l’occasion de la sortie de leur premier album, “The Golden Spike”. Aujourd’hui, le groupe est bien en place, avec des compositions maîtrisées et surtout des musiciens très expressifs (mention spéciale au batteur à ce niveau). C’est sur un “Octopus ‘08” d’enfer que l’on est arrivé et on n’a pas décroché par après. En effet, les compositions courtes et énergiques du groupe couplées au charme de la chanteuse sont par moment captivantes. Surtout que Katie Harkin aime dialoguer avec le public qui le lui rend bien. Guitariste jouant d’une manière assez sèche, elle parviendra à casser une corde de sa guitare (peut-être que placer une paire de lunettes de soleil envoyée par le public au bout du manche n’était pas une bonne idée). Soit. Si l’on excepte un son un peu brouillon, on a assisté là à notre premier bon moment de la journée.

Une journée qui s’est poursuivie avec notre premier passage sur la Red Frequency (la deuxième grande scène en plein air qui était fermée la veille) avec les namurois de Camping Sauvach’ (sic) et leur humour particulier sur fond de musique d’ambiance (quelque part entre Yann Tiersen et Marcel & Son Orchestre), dont la caractéristique est un accordéon omniprésent. Le chanteur chauve excelle dans l’art de faire le pitre (sa danse des mollusques est à mourir de rire) et les paroles sont loin d’être intelligentes. Mais le but est de faire la fête et le public l’a manifestement bien compris.

Un petit détour par le Dance Hall pour les locaux de l’édition puisque les membres de Starving ont accordé leurs premiers instruments dans les environs. Depuis leur passage au Botanique en avril pour la présentation de leur deuxième album (“Les Confidences d’Annabelle”), un petit détail a changé pas mal de choses. En effet, le guitariste Boods s’en est allé et le groupe ne l’a pas remplacé. Ce qui veut dire qu’il manque clairement une guitare pour certains morceaux. Et le son s’en est ressenti. En d’autres termes, le concert n’a jamais vraiment décollé et on avait la désagréable impression qu’ils jouaient pour eux devant un public très réduit. Peut-être justement que les fans qui ont découvert le groupe avec leur premier album plus électro rock sont un peu déçus de leur nouvelle direction. Ou que simplement ils veulent entendre l’un ou l’autre ancien morceau mais comme ils s’obstinent à ne jouer qu’“Enervé”, ceci explique peut-être cela. Par contre, rien à redire pour les excellents titres que sont “Annabelle”, “A L’Envers” ou “Nos Acides”. Sauf qu’actuellement, on préfère se passer le disque dans notre salon plutôt que de les voir en live.


Pendant ce temps, sur la Last Arena se produisait Walls Of Jericho, un groupe de hardcore emmené par une fille tatouée de la tête aux pieds, qui a une voix relativement douce lorsqu’elle parle mais qui a une voix de mec bien gras lorsqu’elle chante. Enfin, lorsqu’elle hurle car on ne peut pas appeler ça chanter. En plus, on ne peut pas dire qu’elle soit très polie (minimum un f**k tous les trois mots, quand elle ne varie pas en f***ing). Bref, c’était du bien lourd et la sensibilité était bien évidemment aux abonnés absents.

Par après, une mini pause devait nous préparer à faire des choix qui, finalement, seront habilement contournés, vu qu’on a été voir une partie des deux concerts. On a commencé avec les vétérans Sepultura, même si le line-up n’est plus le même que lors de leur époque de gloire au milieu des années 90. Le remplaçant de Max Cavalera, Derrick Green, se montre pourtant bien convaincant aux vocaux et il s’époumone autant que son prédécesseur. Celui du batteur Igor Cavalera (Jean Dolabella) est quant à lui aussi impressionnant que sa batterie. Les fans étaient néanmoins bien là pour pogoter et balancer leurs longues chevelures au rythme de “Roots Bloody Roots” ou “Refuse/Resist”. Loin d’être mélodieux, ils restent malgré tout une référence dans le milieu.


A l’opposé de ce vacarme ambiant, les trois grâces d’Au Revoir Simone, le groupe new-yorkais dont les compositions bannissent pratiquement les guitares. En effet, elles se tiennent toutes les trois côte à côte, chacune devant un synthé et un micro. Même si leurs voix douces se marient à merveille, leurs compositions atmosphériques sont malgré tout très softs et lassent au bout de quelques titres. Trop calme, trop gentil. Elles m’ont un peu fait penser à Wilson Phillips qui avaient eu un gros succès aux Etats-Unis au début des années 90. Bref, heureusement qu’elles sont agréables à regarder, cela leur assure un minimum de public.

Vu que le ska n’est pas trop notre tasse de thé, on a préféré se restaurer (enfin, si l’on peut parler ainsi) plutôt que d’aller voir le Tokyo Ska Paradise Orchestra et ainsi attendre Deerhoof au Club-Circuit Marquee. Deerhoof, un groupe qui existe depuis une bonne quinzaine d’années et qui est signé depuis toujours sur le célèbre label Kill Rock Stars. Cela dit, leur musique indépendante est assez difficile à cataloguer, vu que cela part un peu dans tous les sens. On pense par moments aux girl groups des 60’s (Shirelles, Crystals) célèbres pour leurs harmonies vocales, mais le moment d’après, on est déjà dans un style plus grunge ou noisy. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’ils jouent très fort et qu’on perd assez facilement pied tant leurs compositions sont déstructurées. Autre détail: ils ont l’air de vraiment prendre leur pied sur scène.


Le Dance Hall accueillait ensuite Does It Offend You, Yeah?, un groupe de dance à vocation punk. En tout cas, ils jouent leur musique en live avec de vrais instruments et cela rend les compositions plus énergiques, mais aussi plus vivantes, un peu à la manière de LCD Soundsystem. Sauf qu’ici, ils sont encore un peu plus fous que la bande à James Murphy. En effet, le chanteur James Rushent n’a pas son pareil pour mettre l’ambiance et danser comme un possédé durant les breaks musicaux, s’amusant notamment à faire exploser une grosse baudruche qui avait atterri sur la scène ou incitant son guitariste à faire du stage diving. Ce dernier n’hésitera pas bien longtemps avant de se lancer dans la foule. Sans doute un des groupes qui a mis le plus le feu dans le Dance Hall ce jour-là, leurs titres efficaces donnant merveilleusement bien en live. Pour ceux que cela intéresse, leur deuxième album devrait sortir avant la fin de l’année.

C’est à ce moment que l’on a appris l’annulation de Rinôçérôse, leur matériel bloqué quelque part en Italie. Ils ont été remplacés par un DJ set de Shameboy, qui aura donc joué deux fois en l’espace de quelques heures sur deux scènes différentes. De toute façon, notre choix s’était déjà porté sur Killing Joke, dont les prestations live sont en général assez explosives. Bizarrement, alors que le groupe s’apprêtait à monter sur scène, il n’y avait pas grand-monde pour les accueillir (en tout cas beaucoup moins que pour Sepultura ou Walls Of Jericho par exemple). Heureusement, les fans étaient bloqués sur le Club-Circuit Marquee pour …And You Will Know Us By The Trail Of Dead et n’allaient donc pas tarder. Le groupe vétéran des années 80 a joué un set en forme de best of (notamment un excellent “Eighties” qui a succédé à un plutôt décevant car trop brouillon “Love Like Blood”). Ils ont en tout cas montré qu’ils n’étaient pas encore morts et Jaz Coleman (qui ressemble désormais à un clone entre Alice Cooper et Ozzy Osbourne, et qui se bouge parfois comme un mollusque) a encore de beaux restes (sa voix n’a pas trop bougé). Maintenant de là à dire qu’ils ont encore un avenir, c’est une autre histoire…


Par contre, les suivants à passer sur la Red Frequency, Mercury Rev, me bluffent à chaque fois. En effet, leur prestation ici même en 2006 était un de mes concerts de l’année, tout comme celle à l’Ancienne Belgique l’an passé, et ce malgré un dernier album (“Snowflake Midnight”) relativement décevant. Le groupe de Jonathan Donahue a encore été impérial ce soir et la pluie qui s’abattait sur Dour ne nous a pas empêchés de rester bouche bée devant tant de maîtrise, tant d’émotion et tant de perles à se mettre dans les yeux et les oreilles. Car un concert de Mercury Rev se regarde autant qu’il s’écoute, Jonathan Donahue n’hésitant pas à prendre des pauses expressives qui le font de temps en temps ressembler à un oiseau prêt à s’envoler (quand il ne boit pas au goulot de sa bouteille de vin). Nous aussi on s’est envolé aux sons de compositions envoûtantes comme “Goddess On A Hiway” ou “The Dark Is Rising”. Ils ont clôturé avec un fantastique “Senses On Fire”, bourré d’intensité. Encore une fois une expérience magique.


On a hésité un moment entre Vive La Fête et Animal Collective mais en entendant au loin les beats électro ravageurs des premiers, on n’avait plus envie d’aller tenter de se fondre dans le trip si particulier des seconds. C’est donc le groupe de la sulfureuse et excentrique Els Pynoo et le sombre et discret Danny Mommens qui a eu notre préférence. Et on ne l’a pas regretté. Mine de rien, cela fait déjà plus de dix ans que le groupe fait partie du paysage musical belge et se bonifie au fil des ans (je me souviens d’une pauvre prestation au Beach Rock en 2001). En plus de l’attitude, ils ont le son et les tubes (“Nuit Blanche”, “La Vérité”, “Maquillage”,…). Et quand on y ajoute une surprenante cover du “Popcorn” de Hot Butter en rappel, on obtient un concert parfait pour clôturer notre journée dans les étoiles (un peu aidés par les mini feux d’artifice qui ont magnifié la fin de ce morceau). Vive La Fête, un groupe qui n’a peut-être jamais aussi bien porté son nom…

On a ensuite laissé les clubbers se déhancher sur les DJ set des références du genre (Digitalism, Diplo, Surfing Leons,…) pour rejoindre nos pénates afin d’être en forme pour un troisième jour qui s’annonçait au moins aussi long que les deux premiers…


Jour 1


Jour 3


Jour 4

Photos © 2009 Olivier Bourgi

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