Dour Festival 2009 (jour 3): Un peu de calme… et de pop

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Troisième journée du festival de Dour 2009 avec une affiche qui s’annonçait un peu plus légère que la journée précédente mais avec malgré tout quelques curiosités et surtout un paquet de découvertes. Bref, un jour normal à Dour, en quelque sorte… Ce n’est que vers 15h que l’on a pénétré sur le site de la Machine à Feu, pour venir voir le début du set d’Arsenal, ce groupe belge qui brasse un maximum d’influences allant de la pop au rap en passant par la world music. Les deux fondateurs du projet (Hendrik Willemyns et John Roan) s’entourent pour la cause d’un paquet de musiciens. Ils seront 7 en tout aujourd’hui, dont un DJ et une chanteuse (Leonie Geysel) bien en chair mais également bien en voix, qui accompagne à la perfection le rap inspiré et en rythme du chanteur John Roan. C’est frais, joyeux et la bande originale parfaite pour apprécier à sa juste valeur le soleil qui pointait le bout de ses rayons sur Dour à ce moment-là.


Cela dit, il ne fallait pas non plus perdre de vue qu’à La Petite Maison Dans La Prairie jouaient iLiKETRAiNS, les anglais originaires de Leeds qui pratiquent un post rock plus gentil que Mogwai et surtout beaucoup plus riche en paroles. Ils sont en train d’enregistrer le successeur du complexe “Elegies To Lessons Learnt”, leur premier album de 2007, dont le concept était basé sur des faits historiques tragiques. Ces férus d’Histoire portent d’ailleurs comme costume de scène l’uniforme des chemins de fer britanniques. Très calmes par moments, leurs compositions peuvent subitement exploser et devenir complètement envoûtantes. C’est le principe du post rock me direz-vous, mais celui-ci est particulièrement travaillé. Dommage qu’ils aient plutôt mis l’accent sur des titres assez “doux” cet après-midi. Ce qui manquait également par rapport à leur prestation du Botanique en 2007 était la projection de vidéos qui illustrent à merveille leurs morceaux. Par contre, aux côtés de “Terra Nova”, “The Voice Of Reason” et autre très long “Spencer Perceval” (en final), plusieurs nouveaux titres sont venus pimenter une set-list variée et intéressante à bien y réfléchir.

Retour sur la Last Arena avec The Gaslight Anthem, ce groupe du New Jersey qui a sorti l’an dernier un deuxième album acclamé par la critique, “The ’59 Sound”. Loin d’être du rock ‘n’ roll dans le sens 50’s du terme, il s’agit plutôt d’un rock inspiré par Bruce Springsteen. Du moins sur disque car sur scène, on est toujours rock, mais un peu plus dur et plus ado (on n’ira pas jusqu’à Blink-182 ou Good Charlotte bien que parfois, l’envie est grande). Assez répétitives, leurs compositions ne nous ont pas vraiment convaincus et on est retourné d’où on venait pour le set de O’Death.


O’Death, une curiosité car bien qu’originaires de New York, ils pratiquent un rock plutôt inspiré par le folk irlandais aux relents western voire canadiens. Le chanteur Greg Jamie a une voix assez particulière, qui fait un peu penser à celle de James Mercer (The Shins). A ses côtés, des musiciens aussi déjantés que tatoués, avec notamment un violoniste qui joue tellement intensivement qu’il se révèle être un grand consommateur d’archets, un banjoïste et un batteur assez démonstratif. Marrant un quart d’heure, ce style de musique a le don d’irriter vu qu’il est malgré tout assez répétitif. Par contre, leur cover des Pixies (“Nimrod’s Son”) n’était pas mal dans le genre…

Juste après, un coup d’oreille au Dance Hall pour Esser mais on n’a pas tenu bien longtemps. Signés sur le dynamique label indépendant anglais Transgressive, ils n’ont pas répondu aux attentes. Genre de sous Bloc Party (pour la voix et la tentative d’arriver au même son). En plus le chanteur a une coiffure à la Rick Astley aussi ridicule que ses mimiques. Et que dire des morceaux… Par exemple, “I Love You” commence avec des samples de plusieures chansons qui portent le même titre. Bref, on s’est bien vite enfui. Le problème, c’est que sur la Last Arena, il n’y avait pas grand-chose de plus intéressant puisque les marseillais de I AM venaient proposer leur rap des banlieues. De loin, cela donnait quatre rappeurs en veste de training blanche qui couraient d’un côté à l’autre de la scène. Même pas le courage d’attendre “Je Danse Le Mia”, on est allé se réfugier dans La Petite Maison Dans La Prairie sans demander notre reste.


La suite n’allait pas faire remonter le niveau avec The Dodos (les californiens à ne pas confondre avec les français de The Dodoz qui étaient aux Ardentes la semaine dernière). Eux non plus n’ont pas réussi à nous convaincre avec leur indie rock trop propret que pour être honnête. Le trio est en effet un peu trop gentil et j’ai du mal à comprendre la hype qui les entoure. Avec un peu de courage, on ira les revoir au Botanique le 8 septembre prochain pour poursuivre nos investigations.

Après, on a erré entre les scènes à la recherche de quelque chose à se mettre sous l’oreille. On n’est jamais arrivé à la Magic Tent où Gong a parait-il fait des merveilles avec sa musique progressive. Les Dropkick Murphys faisaient valser la Guinness sur la Last Arena mais on avait déjà eu notre dose de folk irlandais un peu plus tôt dans la journée. Quant à 65daysofstatic, le chapiteau était tellement blindé que l’on n’a même pas réussi à y pénétrer. Cela dit, ce n’est pas bien grave, vu qu’ils reviennent en Belgique au minimum une fois par trimestre. On est donc arrivé au milieu du set de Kap Bambino, le versant français de Vive La Fête, mais en bien moins efficace (et en anglais malgré leurs origines de Toulouse). En tout cas, on dirait que les titres sont copiés les uns sur les autres et qu’à la fin, on ne retient rien. Si ce n’est que les belges gagnent la bataille haut la main.


Ce qui nous a amené à la tête d’affiche du jour, quoique assez surprenante puisque les Pet Shop Boys n’ont a priori par le profil pour jouer à Dour. Certains attendaient déjà de les voir se ramasser diverses choses dans la figure, à l’instar de Patrick Juvet, Diam’s ou les BB Brunes lors des éditions précédentes. Mais il n’en a rien été. A croire que la plupart des festivaliers trentenaires les attendaient pour se souvenir de leur adolescence. Personnellement, cela a été mon cas, vu que le premier CD que j’ai acheté à l’époque était “Actually” en 1987 (bon, à ma décharge, j’avais 14 ans…) et que je les avais vus à Forest National en 1991. Apparemment, je n’étais pas le seul dans le cas. On a même rencontré un jeune couple avec leur petit garçon que les parents ont prénommé Neil en hommage au leader du groupe.

Musicalement, on a plus eu droit à des souvenirs et à du spectacle sur scène plutôt qu’à de réelles performances vocales. A mon avis, et à l’instar de Santigold, le playback a dû être utilisé fréquemment. A moins que Neil Tennant ne chante parfaitement juste et en toutes circonstances… A ses côtés (et à celui de Chris Lowe, bloqué à droite de la scène derrière ses ordinateurs), quatre danseurs sont venus égayer les performances avec des costumes plus excentriques (et fluo) les uns que les autres, devant un décor axé principalement sur une variation de cubes et un écran géant aux effets assez sidérants. Neil Tennant est arrivé sur scène avec une sorte de grosse brique orange sur le visage et à chanté “Heart” à travers celui-ci. A côté de quelques titres du nouvel album (“Yes”) sorti voici quelques mois (“Love Etc.”, “Did You See Me Coming?”), plusieurs souvenirs comme des singles imparables (“It’s A Sin”, “Go West”, “Suburbia”) et quelques curiosités (“Two Divided By Zero” qui ouvrait le premier album en 1986, “Why Don’t We Live Together” qui le clôturait, le magnifique “King’s Cross”). C’est bien entendu l’intemporel “West End Girls” qui a mis un terme à une prestation haute en couleurs, empreinte de nostalgie plutôt que d’émotion.

Ne se sentant pas d’attaque pour la pop guillerette d’I’m From Barcelona ni le hardcore de Gojira, c’est sur la pointe des pieds que nous avons pris congé du site, afin de revenir en force le lendemain pour une quatrième et dernière journée.


Jour 1


Jour 2


Jour 4

Photos © 2009 Olivier Bourgi

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