Primal Scream bien seul aux Lokerse Feesten

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Affiche pour le moins bizarre ce vendredi 7 août aux Lokerse Feesten, vu que les rockeurs de Primal Scream se retrouvaient au beau milieu d’une affiche aux relents rap assez prononcés. Ils auraient été moins seuls si Vive La Fête n’avait pas été contraint d’annuler sa prestation… C’est donc avec les hollandais de De Jeugd Van Tegenwoordig que la soirée à débuté à 20 heures tapantes (en général, les horaires sont assez bien respectés à Lokeren), avec un DJ qui est monté sur scène pour lancer les beats, bien vite rejoint par trois rappeurs, qui, dans la plus pure tradition du style, ne restent pas en place et s’engagent dans une déclamation accélérée de trucs dont on ne comprend absolument rien. Ici, on a une excuse supplémentaire, vu qu’ils “chantent” en néerlandais. “Mais un néerlandais que même les flamands ne comprennent pas”, m’avouera un spectateur (néerlandophone) rencontré sur place. C’est vous dire…

Genre de mélange entre les Chemical Brothers (les beats entraînants), The Streets, les Beastie Boys et De La Soul (le flow), ils ont en tout cas mis l’ambiance et la foule impressionnante à ce moment de la soirée s’en donnera en cœur joie pour bouger les bras dans tous les sens et reprendre avec eux les refrains (“Ca, on comprend!”, dixit le même spectateur). Sur scène aussi, ils assurent le spectacle en vidant une bouteille entière de vodka avec quelques canettes de Red Bull dans un bac à glaçons pour ensuite boire à même le bac. Axé essentiellement sur la fête, le succès de ce groupe (qui était également sur la Pyramid Marquee le dimanche à Werchter cette année) restera toutefois incompréhensible de ce côté de la frontière linguistique…

Après un petit passage en salle de presse pour se ressourcer (mention très bien pour l’accueil des journalistes dans un environnement verdoyant et sympathique à souhait), c’était au tour de Cypress Hill de fouler la scène, avec même cinq minutes d’avance sur l’horaire (cela tranche avec l’heure de retard de Method Man & Redman aux Ardentes). Ici aussi, même mise en place: un DJ (avec une impressionnante console devant lui) et trois rappeurs (dont un qui joue de temps à autre de la batterie). Devant un écran géant qui diffusait soit des mini vidéos, soit des logos du groupe, ils ont régalé les amateurs (du genre et du groupe). Et dieu sait si ils étaient nombreux ce soir. Par moments, je me suis senti bien seul, perdu dans cette masse de fans.

Sinon, que dire si ce n’est que ces gars-là sont loin d’avoir appris la politesse (on ne compte pas les insanités qu’ils racontent) et qu’ils vénèrent les cigarettes qui font rire (une de leurs vidéos diffusées sur l’écran géant porte le titre tendancieux de “How To Roll A Joint?”). Bref, au milieu du set, ils s’en sont allumé un (mais pas aussi énorme que celui de Werchter en 2004, mon seul souvenir de leur prestation ce jour-là) et en ont fait l’apologie. Au rayon musique, même si cela ne
nous interpelle pas particulièrement, les hits comme “Insane In The Brain” ou “Mr Greenthumb” (avec la voix si caractéristique de B-Real) ont mis le feu. Tout comme la démonstration de scratch de DJ Muggs. Cela dit, malgré cela, ce n’est définitivement pas notre truc…

C’est vous dire comme on a souffert avant d’enfin accueillir un groupe digne de ce nom. Je vous laisse imaginer le soupir de soulagement lorsque l’on a entendu le premier accord de guitare signé Primal Scream. Celui-là faisait particulièrement du bien. Et, bizarrement (ou pas), la foule compacte avait laissé la place à une un peu plus clairsemée mais visiblement là pour le groupe de Bobby Gillespie (qui n’a sans doute jamais eu les cheveux aussi longs).

Ils avaient annulé leur concert à l’Ancienne Belgique en septembre dernier, ce qui veut dire que la dernière fois qu’on les avait vus, c’était au festival de Dour en 2006. Ils ont sorti l’année dernière “Beautiful Future”, leur neuvième album, considéré comme “pop” (mais pas dans la veine Madonna ou Kylie Minogue, cela reste du Primal Scream). D’ailleurs, ils commencent avec “Can’t Go Back”, et la version live est nettement plus nerveuse que sur l’album. Suivra le limite techno “Miss Lucifer”, emmené par la basse du prodigieux Mani (loin de passer inaperçu avec son pantalon rouge et son ampli customisé à son nom), qui affolera encore un peu plus les décibels. Mais on en avait vraiment besoin… “Country Girl” et “Jailbird poursuivront dans le même veine, avec pour objectif de rétablir un certain équilibre par rapport à ce que l’on avait vécu depuis le début de la soirée.

Par contre, la suite allait petit à petit sombrer quelque peu, avec des versions pas toujours au top de “Beautiful Future” ou “Suicide Bomb”, auxquelles il a manqué un petit quelque chose. Cela dit, on ne peut pas dénigrer le fait que ce groupe est considéré à juste titre comme un des plus importants (novateurs?) de ces vingt dernières années. Surtout qu’ils se réinventent à chaque album. De rock psychédélique sur “Screamadelica” (dont ils ne feront que “Movin’ On Up” et “Damaged” ce soir) à techno sur “XTRMNTR” en passant par le dub (“Vanishing Point”) ou le country bluegrass (“Riot City Blues”), il y a toujours quelque chose d’intéressant à se mettre sous la dent. Et c’est surtout très instructif de voir à quel point en concert ils arrivent à trouver un fil conducteur parmi ces influences aussi diverses les unes que les autres. Le final en sera un exemple parfait avec le toujours dansant “Swastika Eyes”, le précité “Movin’ On Up” et “Rocks”. C’est “Accelerator” avec un final apocalyptique (stroboscopes et larsens à profusion) qui accompagnera les musiciens vers la sortie de la scène. Même s’ils n’ont pas été impériaux ce soir, ils ont donné la leçon aux jeunes en casquette et en training (dont la moitié était déjà rentrés dormir).

Restait Arsenal, qui a donc été appelé au pied levé voici quelques jours pour remplacer Vive La Fête (Danny Mommens a eu un accident de moto). Pas vraiment en avance (on a croisé les musiciens en backstage, valises en main à peine un quart d’heure avant le début de leur prestation), mais ils étaient fin prêts à l’heure dite. C’était assez impressionnant comme métamorphose, d’ailleurs. Ils ont balancé le même genre de set qu’au festival de Dour voici quelques semaines. Sauf qu’ici, il était passé 1h du matin… Et que leur musique festive et rafraîchissante donne directement moins bien qu’à 15h en plein soleil, allongés dans l’herbe. On a donc préféré rester sages et rentrer, en se disant que si Vive La Fête avait été de la partie, on l’aurait faite avec eux (la fête). Une soirée un peu bizarre, donc, mais qui caractérise bien l’éclectisme des Lokerse Feesten.

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