Raismesfest – Interview avec l’équipe organisatrice

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Comme vous le savez, Music in Belgium soutient le festival français Raismesfest, et nous vous proposons en partenariat avec l’organisation, des places à gagner pour cette édition 2009. Dans cette optique nous avons réalisé une interview avec un représentant de l’organisation afin d’en savoir plus sur ce festival. MiB : Philippe, pourrais-tu nous expliquer les origines du RF ? Comment est venue l’idée d’organiser un festival, et comment vous avez fait pour le choix du lieu ?
Philippe Delory (RF) : En 1997, le Centre Culturel de Raismes (à 5km de Valenciennes) a été sollicité par un groupe de personnes intéressées par le rock, style Métal, Rock Progressif, avec l’envie d’organiser sur la ville un festival. Un comité d’organisation s’est ainsi créé regroupant une vingtaine de personnes. Le 16 mai 1998 naissait le Raismes Fest (Editions 98 et 99 dans une salle de sports). Depuis l’année 2000 le festival a lieu dans l’enceinte du château de la princesse d’Arenberg (1 hectare) prêté par la mairie.
Si la grande scène du festival est principalement ouverte à des groupes confirmés de renommée internationale (Saxon , Glenn Hughes, Vanden Plas, Royal Hunt, Edguy, Freak Kitchen, Epica, Angra, Gotthard…), le «Fest» se veut aussi un tremplin pour des groupes régionaux qui ne demandent qu’à trouver des scènes comme Raismes pour se révéler.
Le «Fest» a su au cours des années attirer un public toujours plus nombreux venant de France mais aussi de Belgique et de Hollande (plus de 4000 personnes pour la dixième édition de 2007), lui permettant de se dérouler depuis 2002 sur deux jours (2e weekend de septembre). L’âge des spectateurs va de 13 à 60 ans (eh oui quand on aime le rock c’est pour toujours), le public s’est considérablement rajeuni depuis l’édition 2007 et l’ouverture de la programmation à des groupes et des styles plus « jeunes » (Watcha, Dagoba, Black Bomb A, etc).

MiB : Comment se sont passés les débuts ? Premiers soutiens, premières personnes réceptives à cette idée… Premiers soutiens de la part du service culturel de la ville.
RF : La municipalité subventionne le festival, prête le lieu et fournit du personnel le week-end du festival. La Communauté d’agglomération de La Porte du Hainaut subventionne également le festival. Ces subventions couvrent entre 20 et 25% du budget total en 2007 et 2008. L’équipe organisatrice est uniquement constituée de bénévoles (une quinzaine) + un salarié de la mairie au service culturel. Environ 80 bénévoles se relaient lors du week-end du festival.

MiB : Pour certains, le nord est quand même un peu “loin” ou alors pas vraiment synonyme de vivier du métal. Comme disait Kai Hansen l’année passée, “un peu au milieu de nulle part”. Pourtant à l’heure actuelle, le public répond présent, et se déplace.
RF : Les groupes de métal sont très nombreux dans le Nord (Loudblast, SUP par exemple). Rien que sur le Valenciennois, leur nombre est important et le niveau très bon. Nous profitons du Raismes Fest pour les promouvoir soit sur la grande scène : Dadabovic de Valenciennes et AONE de Lille cette année, Oxees il y a 2 ans, et de nombreux groupes régionaux (au sens large, c’est-à-dire au Nord de Paris) sur la scène « Découverte » ainsi que des groupes belges (nous avons en fait des demandes de groupes de toute la France pour jouer sur cette scène). Les lieux de concert sont aussi relativement nombreux sur l’agglomération lilloise.
Le public vient en effet de plus en plus nombreux chaque année (hormis en 2008 où le mauvais temps a gâché un peu la fête le samedi et également le festival Rock ‘n’ Blues d’Harelbeke qui est malheureusement tombé le même jour – Glenn Hughes chez eux quand nous avions Saxon… ce qui a pâtit aux 2 festivals – d’où une légère baisse d’affluence par rapport aux 2 années précédentes.
Il faut signaler que le Raismes Fest était jusque 2005 quasiment uniquement consacré à des groupes typés prog/prog metal/heavy metal (beaucoup de groupes allemands) et de ce fait un public dans la tranche 35-45 ans. Or à partir de 2006, nous avons décidé d’ouvrir le festival à d’autres styles musicaux ce qui a attiré un public plus jeune qui nous est fidèle depuis. Ca nous a permis de doubler le nombre de spectateurs payants entre 2005 et 2007 ce qui est plutôt remarquable pour ce genre d’événement.

MiB : En parlant de public : à ta connaissance, le RF attire-t-il plutôt du monde des environs (nord de la France, et partie de la Belgique habitant près de la région frontalière), ou au contraire, une partie du public vient-elle de beaucoup plus loin ?
RF : Beaucoup de public du Nord de Paris bien sûr mais aussi de Belgique (de plus en plus car notre travail avec nos partenaires belges dont MiB et Classic 21 porte petit à petit ses fruits), des Hollandais, des Anglais qui commencent à venir aussi (depuis 2007 et Glenn Hughes) et des gens de toute la France (pour moitié je pense – certains de Nice, Montpellier, Bordeaux, Toulouse). Il suffit de jeter un œil aux plaques minéralogiques sur les parkings pour se rendre compte que le Raismes Fest rassemble large au niveau géographique.

MiB : Les échos que j’ai eu provenant de groupes ou d’autres organisateurs donnent à penser que la mouvance métal a moins la cote actuellement dans l’hexagone. On est par exemple parfois surpris de voir tel groupe faire 4-5 dates en Espagne et une seule, voire aucune, en France. Ressentez-vous ce phénomène ?
RF : Ca c’est le problème des tourneurs français qui hésitent parfois à faire passer tel ou tel groupe. Le risque financier est trop important. Mais on constate quand même un regain d’intérêt pour les groupes « Classic Rock » (peut-être dû aux jeux Guitar Hero) mais les concerts se limitent effectivement souvent à Paris et 1 ou 2 autres villes pour les gros groupes. Ce qui n’est pas du tout le cas de la Belgique où le public rock est beaucoup plus nombreux, la culture rock étant bien plus développée chez vous que chez nous. De très nombreux groupes passent chaque année en Belgique et jamais en France (il suffit de voir la programmation de salles comme le Biebob ou encore plus le Spirit). Nous au RF, on n’a pas cette optique du tout. Festival organisé par des passionnés bénévoles, nous osons faire passer des groupes qui ne vont nulle part ailleurs en France : Glenn Hughes n’avait pas joué depuis 15 ans, Y&T l’an dernier, que nous avons placé haut sur l’affiche n’avait pas joué en France depuis 25 ans ! Et ça a marché car ils ont fait un tabac, idem pour Uli Jon Roth qui ne joue quasiment jamais en France non plus. Et la liste est longue de groupes qu’on ne peut voir qu’au RF et nulle part ailleurs dans l’hexagone. Et encore cette année avec MSG dont ce sera la seule date française. Le public est là et bien là. Nous essayons à notre niveau d’apporter quelque chose de différent des autres festivals dit métal qui sont à 99% axés « jeunes » et donc plus extrêmes niveau musique. Le mélange des styles est au contraire un plus indéniable pour attirer le public qui découvre ainsi des choses intéressantes dans des groupes qu’il ne connaissait pas et pour lesquels il avait parfois un à-priori défavorable. Par exemple Mass Hysteria a convaincu plus d’un « vieux » de 40-45 ans l’an dernier et Y&T plus d’un « jeune »  de moins de 30 ans.

MiB : Avec tout ce qu’on entend à propos de l’industrie du disque (un label comme SPV vient de déposer le bilan), les difficultés pour les groupes, etc, j’aimerais avoir ta perception des choses, savoir si tu as pu concrètement ressentir ce phénomène en tant qu’organisateur. Est-ce que par exemple, les grands groupes deviennent plus abordables de ce fait ? Est-ce que tu ressens une différence dans l’attitude des musiciens ? Avant les groupes pouvaient vivre de la vente d’albums, maintenant ils doivent jouer plus et garder un niveau constant dans les prestations. On a dès lors des groupes plus accessibles humainement aussi.
RF : Nous avons assisté à une hausse des cachets des groupes assez vertigineuse (parfois du simple au double en 2 ans) donc forcément comme notre budget programmation ne suit pas la même courbe, ce n’est pas toujours évident de composer une affiche digne d’intérêt. Un groupe comme Gotthard que nous voulions reprendre cette année a carrément triplé son cachet en 2 ans, uniquement parce qu’il a changé d’agent, car il n’est pas plus connu maintenant qu’en 2007. Ce qui fait que même ce groupe est réservé maintenant à des festivals plus riches que le nôtre… Mais les grands groupes n’en sont pas plus abordables pour autant car leurs agents demandent des prix exhorbitants qui les réservent aux gros festivals tels le Graspop.
Le Raismes Fest ne pourra jamais malheureusement se payer Whitesnake par exemple. Par contre, le fait d’avoir eu quelqu’un comme Glenn Hughes (adorable) nous a facilité les choses pour Saxon, Gamma Ray ou Schenker, c’est évident. Menant personnellement les négociations pour ces groupes, j’ai vu la différence dans leurs réponses depuis 3 ou 4 ans. Au niveau des contacts humains avec ces headliners ou co-headliners, franchement ils sont très sympas et abordables. Glenn Hughes comme je te l’ai déjà dit, les gars de Saxon ou Dave Meniketti (tout le groupe Y&T est hyper sympa).

MiB : Une chose que j’apprécie également beaucoup dans ce festival, c’est qu’il y en a pour tous les goûts, du classic rock de Y&T à Mass Hysteria, de Glenn Hughes à Therion… et ce qui est aussi très bien pensé, c’est qu’il y a un jour qui est peut-être plus axé sur ce classic rock, alors que l’autre est bien plus métal ; ceux qui aiment moins l’un ou l’autre de ces styles ne doivent donc pas payer pour un festival où il n’y aura que peu de groupes qu’ils apprécient. Comment en êtes-vous arrivé à cette justesse dans la programmation, parfois un point épineux dans d’autres festivals ?
RF : La différence entre les 2 jours n’est pas si flagrante. Le fait est que la tête d’affiche du samedi est en effet plus orientée Classic Rock depuis 3 ans. Mais si on regarde les affiches précédentes, les styles étaient mélangés les 2 jours. Il est vrai que pour cette édition 2009, il y aura plus de groupes pour les jeunes le dimanche, mais il y en a quand même 3 sur 7 le samedi.
Il y a eu du changement dans l’équipe organisatrice en 2005-2006 ce qui a modifié sensiblement la programmation du festival. J’avoue que les dicussions au sein de la commission programmation sont souvent tendues, mais on arrive à un résultat correct chaque année. Nous essayons de proposer des groupes dans une grande diversité de styles, sans pour autant tomber dans l’extrême, ce n’est pas du tout la marque de fabrique du Raismes Fest, bien que certains voudraient nous voir « durcir le ton ». Mais justement, c’est ce qui fait que le RF est différent des autres festivals. Si c’est pour faire un Hellfest bis (à notre échelle évidemment) ou un Metal Female Voice français, très peu pour nous ! Nous sommes les seuls par exemple à avoir osé mettre des groupes Classic Rock en headline en France depuis 3 ans et ça a marché.

MiB : Pourrais-tu nous décrire tes meilleurs et pires souvenirs en tant qu’organisateur ? Les groupes les plus sympas, les plus difficiles à gérer ? L’édition du RF qui t’a le plus marqué, l’anecdote qui tue ?
RF : Comme meilleur souvenir, je dirais l’édition 2007 qui a confirmé que notre orientation vers plus de diversité a été payante. Le fait aussi de pouvoir passer à la vitesse supérieure et d’accueillir des groupes de niveau mondial comme Saxon. Le fait qu’Uli Jon Roth soit enfin venu au RF au bout de 10 ans, ce qui était le rêve d’un des fondateurs du festival, Jean-Philippe Sienkiewicz.
Niveau concerts, ceux de Mass Hysteria et Y&T l’an dernier. Tout était bon, y compris les lights et le son. A noter également que les lights ont été grandement améliorés depuis 2 ans et que nous avons une scène plus haute, ce qui donne un rendu visuel encore meilleur.
Quasiment jamais eu de problèmes avec les groupes qui sont bien accueillis, bien logés et nourris qui nous le disent et nous en remercient. Seuls quelques groupes nordiques (finlandais notamment) nous ont causé quelques problèmes de par leur état d’alcoolisation avancé durant tout le festival… Parfois des agents pas faciles, mais on arrive toujours à s’arranger. Bien sûr il y a eu des concerts ratés (Rapha de Warning) mais c’est très rare depuis 12 ans. Niveau soucis, c’est surtout les 2 ou 3 semaines avant le fest que ça se gâte, car on a souvent beaucoup de problèmes à régler comme par hasard au dernier moment.

MiB : Au RF, on perçoit une équipe soudée, beaucoup d’énergie, un travail de passionnés… à quel moment commencez-vous à travailler une programmation sur un festival ? Quand est-ce que l’adrénaline commence à monter ?
RF : Après le festival on se donne un mois de « relâche » et on fait le bilan. Nous commençons à travailler sur la programmation en général dès novembre mais parfois plus tôt car nous avons des demandes de groupes (par exemple j’en ai déjà eu en mai pour l’édition 2010…). Mais les choses sérieuses commencent vraiment en janvier car les groupes ne savent pas toujours leur planning 10 mois à l’avance. Et puis, septembre n’est pas la période la plus facile pour booker des groupes.

MiB : Il y a aussi une part belle dédié à cette scène “découverte”, comment sélectionnez-vous les nouveaux venus, nouveaux talents ?
RF : Nous recevons des demandes de toute la France et aussi de Belgique car le Raismes Fest est suffisamment connu pour cela. Les groupes n’étant pas rémunérés sur cette scène, ceux qui viennent de loin en général renoncent. Mais nous avons tous les ans des groupes de Paris et parfois de bien plus loin. En effet, il existe finalement peu d’endroits en France pour ces groupes pour s’exprimer devant un public nombreux et en présence de nombreux représentants de maisons de disques. Certains groupes sont amateurs, d’autres quasi pros avec 1 ou 2 albums au compteur. La sélection se fait en comité, comme pour la grande scène, en essayant de varier les styles aussi, et même encore plus.

MiB : La Belgique est également représentée au RF, puisqu’il y a déjà eu Machiavel, et que notamment cette année, Beyond the Labyrinth et Sad Siberia feront leurs premiers pas sur la scène découverte. Comment les as-tu découverts ?
RF : Nous avons reçu les démos ou CD et nous les choisissons en comité, comme indiqué dans la question précédente. Nous avons organisé pendant 4 ans un tremplin au printemps qui nous permettait d’avoir nos têtes d’affiche de la scène découverte (2e et 3e du tremplin) et l’ouverture de la grande scène pour le gagnant. Chaque année nous avons des groupes belges sur les 2 scènes (Machine Gun sur la grande scène et en 2008 Wizard Kind et Virus 4). Ce tremplin n’a pas eu lieu cette année pour des raisons financières.

MiB : Comment vois-tu l’avenir du RF ? Comment le situes-tu par rapport à d’autres événements musicaux ? Quel serait ton “rêve” concernant ce festival ?
RF : Malgré les difficultés dues à la baisse de fréquentation en 2008, nous avons réussi à concocter une affiche de qualité qui je l’espère nous permettra de connaître le succès cette année. Ce festival qui perdure depuis 11 ans se bonifie d’année en année, est connu et reconnu. Le public nous est fidèle et tous ceux qui viennent au RF savent que la convivialité et la bonne humeur sont au rendez-vous, ainsi qu’une affiche toujours de qualité. Cette convivialité, c’est ce qui plaît le plus par rapport aux gros festivals tels le Graspop ou le Hellfest. C’est sûr que nous ne jouons pas dans la même catégorie mais le RF est tout de même le 2e festival « metal » de France de par sa durée et le nombre de groupes qu’il accueille. Nous avons juste le désir que l’affluence augmente encore afin que nous puissions faire venir des groupes plus importants. Puissions-nous durer encore 10 ans de plus !

Nous tenons à remercier Philippe et toute l’équipe du Raismesfest pour leur engagement et leur sympathie. Rendez-vous les 12 et 13 septembre prochains pour l’édition 2009.

Le site du Raismes Fest

One thought on “Raismesfest – Interview avec l’équipe organisatrice

  • novembre 27, 2009 à 12:05
    Permalink

    SUJET DIFFAMATOIRE dans cet article: RAPHA DE WARNING! (concert raté! mais l’organisateur se garde bien de dire pourquoi!!!!!)

    Une réponse sur les circonstances déplorables du concert de Rapha est donnée dans le blog du site, à l’adresse suivante
    http://www.myspace.com/laplaneteamarie

    Rapha était gravement malade! Un certificat médical avait été fourni aux organisateurs qui ont insisté quand même pour que Rapha monte sur scène. Ayant bon coeur, il l’a fait et il s’est fait insulter dans plein de médias, les forums, et jusqu’à aujourd’hui encore, pour une seule et UNIQUE SCENE! Alors que Rapha n’a jamais demandé à monter sur scène, ce n’était pas dans ses projets, il n’avait aucun groupe à l’époque!

    L’organisateur est venu le chercher chez lui, presqu’en pleurant! Rapha a accepté malgré son asthme à 100% aggravé par un poumon de Carington avec diabète associé et plusieurs opérations d’un cancer de la peau! Rapha a soutenu le festival, en mettant de sa poche pour cet UNIQUE CONCERT, car il a fallu trouver des musiciens travailleurs et disponibles, venus des 4 coins de la France pas gratuitement! AUCUN SOUTIEN DU FESTIVAL EN RETOUR! AUCUN MERCI! Que des remarques malveillantes!
    CELA SUFFIT! Un peu de respect pour lui, s’il vous plaît!

    L’actualité de Rapha: 2 albums sont en cours, avec une voix, des textes et des compos superbes, sur le site
    http://www.myspace.com/reveriesmarines

    et bientôt sur un autre site en cours également!

    Suivre les infos sur le site suivant
    http://www.myspac.com/laplaneteamarie

    Merci à tous ceux qui connaissent bien Rapha de Warning, dont il était le Chanteur Leader, Fondateur Auteur et Compositeur dans les années 80, avec 2 disques d’OR : WARNING 1 et WARNING 2! Sans compter toute sa carrière musicale internationale!

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