Les deux visages du Reverend (& The Makers) au Botanique

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Deux ans après le très réussi “The State Of Things”, le géant (par la taille) Jon McClure, alias The Reverend, revient avec ses Makers pour un deuxième album, “A French Kiss In The Chaos”, sorti en juillet dernier. L’occasion de s’arrêter en Belgique pour un concert intimiste à la Rotonde du Botanique ce dimanche 27 septembre 2009. Jon McClure, figure emblématique de la scène de Sheffield, autant connu pour sa musique (il fait également partie d’un projet hip hop indie, Mongrel) que pour ses prises de position radicales contre l’extrême droite anglaise (Love Music Hate Racism), sera ce soir à la hauteur de sa réputation.

C’est “Silence Is Talking” qui entamera les débats sur le coup de 20h20 (pas de première partie prévue au programme), avec une intro mâtinée de trompette qui lancera le tempo et permettra déjà aux spectateurs de s’époumoner. Aux côtés du Reverend (qui porte une sorte d’anorak au col relevé que ne renierait pas Liam Gallagher), on retrouve les cinq Makers, dont une aguichante claviériste à la crinière bouclée, un guitariste gaucher, un batteur un peu geek, un excellent bassiste et un bidouilleur professionnel qui injectera des sons parfois bizarres dans les compositions. “The State Of Things” nous replongera ensuite dans le premier album.

De prime abord, Jon McClure nous tape sur le système. Il est arrogant et prend des positions stupides: il fait mine de prendre une arme de poing, transforme le câble de son micro en lance-pierres et se prend plus souvent qu’à son tour pour un joggeur ou un boxeur. Assez original pour introduire “Heavyweight Champion Of The World” (qui fera un tabac en tout début de set), mais comme il a la fâcheuse habitude de répéter les mêmes mouvements encore et encore, cela en devient énervant. Par contre, rien à redire par rapport à sa voix incroyablement limpide et emballante.

L’ambiance allait ensuite quelque peu retomber avec deux extraits du nouvel album, “Manifesto / People Shapers” et “No Wood Just Trees”, qui nous ont fait penser un moment que la set-list n’avait pas été judicieusement choisie. Heureusement, ce n’était qu’un moment plus creux car “Bandits” (chanté d’une manière collégiale avec une mention particulière à Laura la claviériste) et “Mermaids” allaient bien vite relancer la machine pour nous emmener vers le magnifique “Hard Time For Dreamers”, petite perle bouleversante qui clôture le nouvel album et qui sera le sommet d’intensité de la prestation de ce soir.

La suite oscillera entre de très bonnes versions de “Open Your Window” et de “Hidden Persuaders”, et d’autres, moins réussies (“He Said He Loved Me”, “Professor Pickles”). A ce propos, lorsque l’on analyse la set-list, on prend conscience de son humour décapant. En effet, tous les titres des chansons sont transformés par écrit, par exemple “No Wood No Herb”, “Hard Time For Drinkers” ou “Open Your Arsehole”“The Machine” (“Das Machine”) clôturera le set principal (“pour tous ceux qui travaillent demain lundi”, ajoutera le chanteur) avant de quitter la salle et de revenir pour un ultime morceau, “Armchair Detective” (“Armchair Realist”).

C’est alors que la soirée a pris une tournure complètement inattendue. En effet, Jon McClure a proposé de jouer un morceau supplémentaire, mais à l’extérieur de la salle. Il a donc empoigné sa guitare acoustique et s’est dirigé vers les jardins du Botanique suivi par un public qui n’a sans doute jamais aussi peu traîné pour évacuer la Rotonde. Une fois installé, il a allumé une cigarette et s’est mis à gratter à la manière de Peter Doherty pour nous offrir une toute autre facette de sa personnalité. Il nous a complètement bluffés et séduits tant par sa générosité que par son côté humain, partageant durant une demi-heure sa bonne humeur avec un public enchanté et réceptif.

A côté de ses propres compositions (dont “Long Long Time”), il nous a notamment appris les paroles crues d’un autre morceau (“If You Fuck Me Over”), et joué une cover des Beatles (“Revolution”). Avant de partir se restaurer, il a annoncé (avec son accent typiquement british) qu’aux environs du mois de février prochain, il reviendra à Bruxelles enregistrer quelques titres dans la rue (sa venue sera annoncée via Facebook et Twitter). En tout cas, ce moment privilégié a complètement renversé notre perception de la soirée. Merci, Reverend McClure…

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