Questions/réponses avec LastDayHere

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Le premier album du groupe slovène LastDayHere nous est arrivé il y a peu et nous y avons découvert un combo plus que prometteur. Ils étaient au Biebob de Vosselaar fin octobre, en première partie de Black Stone Cherry. Nous avons rencontré pour vous ce groupe prêt à tout pour réaliser ses rêves tout en gardant les pieds bien sur terre. Michel Serry: Ma première question est un “classique”. Pouvez-vous présenter LastDayHere à nos lecteurs ?

LastDayHere: Nous sommes un groupe de personnes unies par la même passion : La Musique. Par chance, chacun d’entre nous est prêt à faire les sacrifices nécessaires pour parvenir à réaliser ce dont nous avons vraiment envie, c’est-à-dire tourner dans le monde entier et créer la musique de LastDayHere. Il y a énormément de choses qui ont été dites sur ce que nous sommes, et nous assumons chaque phrase. Nous essayons de créer quelque chose qui nous est propre et que les gens voudront écouter.
From Pieces Created
, notre album, est pour nous le meilleur moyen de montrer qui nous sommes.


MS: Y-a-t-il un concept derrière le nom de votre groupe ?

LastDayHere: Notre devise est de vivre notre vie comme si c’était notre “dernier jour en ce lieu” (NDT: Last Day Here). On ne sait pas ce qui peut arriver demain et, en vivant notre vie de cette manière, nous ne pourrons jamais rien regretter. Nous vivons à fond. Beaucoup de gens disent que nous nous transformons totalement lorsque nous sommes sur scène. L’énergie que nous ressentons quand nous nous trouvons en face du public est incroyable et nous jouons chaque show comme si c’était notre “Last Day Here”.

MS: Quelles sont vos influences principales ? Quel genre de musique écoutez-vous ?

LastDayHere: Partout où tu vas, il y a de la musique. Des styles et des manières différentes de jouer. Nous écoutons toutes sortes de musiques et nous pensons que quiconque crée quelque chose à partir de ses propres idées vaut la peine d’être écouté. Nous sommes cinq dans LastDayHere et chacun d’entre nous a ses propres goûts musicaux. Sur la route, nous écoutons toutes sortes de musiques. Pour la petite histoire, il y a une petite chanson amusante que nous écoutons chaque fois que nous traversons une frontière et celle-ci nous marquera probablement pour la vie. A chaque fois nous la chantons à tue-tête. Toutes les personnes qui sont montées dans notre van pourront te le confirmer.

MS: Je n’ai jamais entendu parler d’aucun groupe venant de Slovénie. Pourriez-vous m’en dire un peu plus à propos de la scène slovène ? Est-ce que le heavy métal et le hard rock sont populaires dans votre pays ? Ce genre de musique est-il diffusé à la radio ou à la télévision ?

LastDayHere: Il y a beaucoup de talent dans notre pays. Il est probablement un peu caché parce qu’il n’y a pas vraiment de présence de l’industrie musicale chez nous et parce que nous sommes un pays relativement petit. Mais je suis sûr que le talent que nous pouvons trouver ici s’étalera un jour à la face du monde. Vous seriez surpris d’entendre la bonne musique que nous avons ici. Il vous suffit de jeter une oreille sur certains groupes de notre label : Dweal et Inmate et sur nos compagnons de la “fraternité slovène du crime métallique” : Obduction, Eternity, I vs. I, Burning Legion ou Toxic Heart dont une interview a été récemment publiée dans le magazine métal belge Mindview. La scène métal se développe ici. Les groupes gagnent en qualité et, de nos jours, ce n’est plus suffisant pour eux d’enregistrer une démo. Ils travaillent vraiment dur pour sortir de bons albums. Le hard rock et le heavy métal ont leur histoire ici. On peut entendre du rock à la radio, mais il n’est pas très commun d’avoir un show consacré uniquement au Métal. Cependant, cela change aussi.

MS: Êtes-vous célèbres dans votre pays ?

LastDayHere: Hahaha, je suppose qu’il va falloir que tu nous donnes ta définition de la célébrité. Nous connaissons beaucoup de gens et beaucoup de gens nous connaissent. Nous avons littéralement joué dans toutes les salles et les endroits possibles ici. Nous sommes passés à la télévision et nous sommes parus dans la plupart des médias. De ce fait, nous aimons penser que nous sommes connus. Mais, les gens se souviendront-ils de nous dans dix ans ? Au moins, il nous restera de très bons souvenirs de tous les gens que nous avons rencontrés au travers de notre musique. Il est incroyable de constater que notre musique nous a permis de nous connecter avec toutes sortes de personnes de toutes les générations et virtuellement du monde entier. Nous sentons que les gens commencent à reconnaître notre musique, nos rêves et ce que nous faisons. Nous sommes impatients de voir ce que le futur nous apportera, mais nous sommes bien conscients qu’il y a encore énormément de choses à faire pour déchaîner notre potentiel.

MS: Il y a un festival métal très connu en Slovénie : Le Metal Camp. Y avez-vous déjà joué ?

LastDayHere: Le Metal Camp est génial. Notre pays avait vraiment besoin de quelque chose comme cela. Ramener des gens dans un seul endroit pour y jouir de la nature et de magnifiques paysages et avoir la chance d’y écouter des tas de bons groupes. Chaque année, nous sommes surpris de voir comment les choses s’améliorent pour ce festival. Nous n’y avons pas encore joué, mais nous comptons sur le support des organisateurs locaux et un jour, c’est sûr, nous nous y produirons.


MS: Vous avez joué en Belgique il y a quelques semaines, au Biebob de Vosselaar. Qu’avez-vous pensé de ce concert ? Quelle fut la réponse des headbangers belges à votre musique ? Pensez-vous que le public belge soit différent du slovène ?

LastDayHere: Le public belge est l’un des plus enthousiastes que nous avons rencontrés jusque-là et, comme nous jouions relativement près de la frontière hollandaise, nous avons été agréablement surpris par le fait qu’un certain nombre de personnes que nous avions rencontrées en Hollande lors de nos deux concerts avec Delain se sont montrées au Biebob. Des semaines avant le show du Biebob, tous les amis belges que nous avons « online » nous avaient promis de venir et, non seulement ils sont venus, mais en plus ils ont créé la meilleure atmosphère possible. Des gens qui crient, qui chantent et qui nous attendent après le show… les mots ne peuvent pas décrire un truc comme cela.
Tous les publics que nous avons rencontrés jusqu’à maintenant sont un peu différents avec leurs propres cultures. Mais, partout où nous allons, chaque audience nous donne la même chose : une énergie puissante et un enthousiasme dont nous parlons encore entre nous des jours après le show. En plus de cela, le show du Biebob a été organisé d’une manière très professionnelle. C’est aussi grâce aux gens qui ont travaillé derrière la scène, en créant une atmosphère détendue et en mettant le groupe en confiance, que le show fut aussi génial.

MS: Nous savons qu’il est possible d’acheter votre album via votre page MySpace. Y a-t-il un autre moyen de se le procurer ? Est-il distribué dans cette partie de l’Europe ?

LastDayHere: “From Pieces Created” est disponible exclusivement sur notre
page MySpace
et pendant nos concerts. Notre management travaille dur sur d’autres possibilités de distribution et nous sommes sûrs qu’il y aura bientôt d’autres moyens de se procurer notre album. On verra ce que l’avenir nous réserve !

MS: La première fois que j’ai été confronté à votre musique, c’était avec le clip vidéo qui se trouve sur votre page MySpace. J’ai été bluffé par la qualité du clip et de votre musique en général. Cette vidéo a-t-elle été diffusée à la télévision en Slovénie ou dans d’autres pays ?

LastDayHere: Merci ! Cela fait toujours du bien d’entendre une appréciation sur les choses que nous faisons. Nous sommes très satisfaits du montage final de la vidéo. Le tournage a été une magnifique expérience pour nous. Les gens avec qui nous avons travaillé sont arrivés à capturer l’histoire de “Saved From Falling” de la manière appropriée. Nous avons organisé un show spécial pour la première de cette vidéo en Slovénie au cours duquel tout un tas de nos amis musicaux slovènes et croates nous ont rejoints sur scène. A partir de ce moment, le clip a été mis en rotation journalière sur MTV Adria et ensuite, il a été ajouté aux Rock Chart de MTV Adria en compagnie des clips de nos héros musicaux. Nous en sommes très fiers, d’autant plus que le clip est resté dans le Top 10 pendant 14 semaines consécutives, ce qui était une première pour un groupe slovène. Le clip peut toujours être visionné sur MTV Adria par les gens de Croatie, de Bosnie Herzégovine, de Serbie, du Monténégro, de Macédoine, d’Albanie et de Slovénie. Il a aussi été diffusé sur d’autres chaînes TV en Slovénie et en Italie. De plus, il a été diffusé par énormément de stations TV online, sur diverses pages MySpace, sur YouTube et dans de nombreux webzines. Nous en avons eu d’incroyables retours venant du monde entier.

MS: Le son de votre album est clair et massif. Avez-vous disposé d’un budget conséquent pour l’enregistrer ? Pouvez-vous nous parler du producteur ?

LastDayHere: Nous sommes aussi très contents du son de “From Pieces Created”. Il a été produit par l’un des meilleurs producteurs Slovènes : Tat Purusha. Le mastering final a été réalisé chez vous, au CCR studio en Belgique.
A notre niveau, nous avons dû mettre énormément d’argent dans l’enregistrement de cet album. Nous avons mis du sang, de la sueur et des larmes pour joindre les deux bouts et nous avons littéralement mis chaque sou que nous possédions pour réaliser notre rêve. Mais cela a été une très grande expérience et nous sommes très fiers de ce que nous avons accompli jusqu’ici.

MS: La musique de votre album est très mature. Cela ne ressemble pas du tout au premier album d’un petit groupe. Quel est votre background musical ? Avez-vous étudié la musique, ou avez-vous appris par vous-mêmes à jouer de vos instruments ? Avez-vous joué dans d’autres groupes avant de rejoindre LastDayHere ? Jouez-vous encore dans d’autres groupes actuellement ?

LastDayHere: Encore une fois, merci pour le compliment. Tous les membres du groupe ont un background différent. Marko (chant) a joué dans des groupes Death Metal et Hardcore. Il était le “maître des grunts et des cris”, mais il a suivi des cours de chant depuis qu’il est dans LastDayHere. Mohor (batterie) a joué dans plusieurs groupes rock. Il a appris la batterie de lui-même avec l’aide de son frère aîné. Uros (guitare) jouait dans différents combos rock et hardcore et Jure (guitare) était membre d’un groupe Black Metal. Ils ont tous les deux suivi des cours de guitare. Tomi (basse) a un passé de musicien classique. Il jouait du violoncelle. Mais, comme nous l’avons dit, notre principale source d’inspiration vient de l’amour de ce que nous faisons.

MS: Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le projet “dREamALITY” ?

LastDayHere: Nous en sommes au stade final de ce projet. Notre musique a inspiré un artiste qui a désiré l’interpréter avec sa propre poésie et l’a présenté sous la forme d’art visuel. Nous allons faire quelques concerts acoustiques partout en Slovénie pour supporter ce projet. En plus de cela, la branche slovène de Rock Hard magazine sortira un DVD en conjonction avec ce projet. C’est vraiment différent de ce que nous avons l’habitude de faire. Nous sommes tous très impatients de voir comment cela va tourner.

MS: Vous avez tourné en Europe avec le groupe métal gothique hollandais Delain. En Belgique, vous avez joué en première partie de Black Stone Cherry. Bien que vous jouiez du métal, votre musique est assez différente de celle de ces deux groupes. Avec quel groupe préféreriez-vous tourner ? Ou, si vous préférez, les fans de quels groupes seriez-vous susceptibles d’intéresser ?

LastDayHere: Nous avons passé des moments géniaux avec Delain en Allemagne, en Autriche, en Italie et en Hollande. Non seulement Delain joue de l’excellente musique, mais en plus ce sont des gens très gentils à la personnalité attachante. En plus de cela, ce sont des professionnels. Nous leur sommes vraiment reconnaissants de nous avoir donné l’occasion de faire ces concerts en leur compagnie. Même chose pour Black Stone Cherry. Nous étions déjà très fans de leur musique avant de les voir sur scène. Et cela s’est encore accentué lorsque nous avons pu voir leur incroyable performance scénique. Ce fut aussi une excellente expérience de partager la scène avec CKY à Amsterdam, une semaine et demie après le show du Biebob.
Pour nous, le groupe avec lequel nous jouons n’a pas vraiment d’importance. Parfois, nous avons l’impression que les gens s’occupent tellement des styles et des genres qu’ils ne comprennent pas où l’artiste veut en venir. Jusqu’à maintenant, les publics pour lesquels nous avons joué semblaient tous très ouverts et ils ont tous passé un bon moment. Ce qui explique probablement l’énergie communicative dont nous avons parlé un peu plus tôt.
Il y a tellement de groupes avec lesquels nous aimerions partager la scène. Je crois que l’on pourrait presque citer tous les groupes existants. Il serait beaucoup plus difficile de te répondre si tu nous avais demandé avec quels groupes nous n’aimerions pas jouer. On espère vraiment qu’un jour quelqu’un inventera une machine à voyager dans le temps pour que nous puissions jouer avec toutes les légendes que la musique a engendrées.

MS: Vous avez l’intention de tourner aux États-Unis et au Canada l’année prochaine. Avez-vous beaucoup de contacts dans ces pays ? Votre album y est-il distribué ?

LastDayHere: Nous avons un tas de connexions. Spécialement au Canada. En fait, la plupart des CDs que nous vendons le sont dans ces deux pays. C’est probablement dû au fait que les gens y sont plus habitués à acheter de la musique online et à utiliser des cartes de crédit. Nous avons aussi beaucoup de demandes venant de fans de pays européens qui voudraient acheter notre album, mais qui n’aiment pas acheter online, qui n’ont pas d’accès à Paypal ou aux cartes de crédit.
Nous avions signé pour huit shows au Canada, mais malheureusement, ce deal est tombé à l’eau tout récemment. Cela ne semble pas être très rare dans ce business. Nous travaillons avec d’autres contacts maintenant. Notre management possède un très bon réseau et nous sommes déterminés à y aller en 2010. Les bonnes choses prennent un certain temps à arriver, c’est une leçon que nous avons apprise suite à cette annulation.

MS: LastDayHere sonne comme un groupe de Métal moderne à l’Américaine. Je pense personnellement que votre musique est faite pour devenir populaire dans ce pays. Seulement, les Américains n’aiment principalement que les groupes américains. Si vous étiez originaires de ce pays, vous y vendriez déjà des CDs par palettes. Mais, vous venez de Slovénie. Pensez-vous qu’en tant que groupe étranger, vous pourrez arriver à avoir du succès aux États-Unis ?

LastDayHere: Tout es possible. Nous avons déjà un certain succès là-bas. Un succès inégalé par la plupart des groupes non signés. Les gens se concentrent généralement sur la quantité d’albums vendus. Si l’on compare les ventes que réalisent les groupes venant de là-bas, il n’est pas évident de dire que nous avons du succès aux USA. Mais si tu regardes la qualité du feedback que nous recevons du Canada et d’Amérique (et aussi du monde entier), nous ressentons qu’il n’y a pas tellement de différence entre nous et les gens qui s’y sont construit une réputation. Il y a beaucoup de facteurs qui sont impliqués dans le processus du succès. La musique et le talent n’en sont qu’une partie. Ce n’est qu’un début. Le plus souvent, le processus du succès consiste à trouver les bonnes personnes (ou à ce que celles-ci te trouvent). Des personnes qui croient en ce que tu fais et qui pensent que tu as autant de chances de le faire qu’un autre groupe. Il y aurait certainement des avantages à être un groupe américain, canadien, allemand ou scandinave, car ces pays ont une plus grande tradition de la scène rock et métal. D’un autre côté, il peut y avoir des avantages à être différent et à apporter un peu de nouveauté. D’avoir une histoire à laquelle les gens peuvent se raccrocher. De toute façon, de nos jours, grâce à internet, les frontières ont tendance à disparaître. Les groupes ont de plus en plus d’opportunités pour prendre leurs affaires en mains.

MS: Y-a-t-il une dernière chose que vous voudriez ajouter ?

LastDayHere: Premièrement, merci pour cette interview. Merci d’avoir pris sur ton temps pour montrer ton intérêt et ton support pour ce que nous et d’autres groupes faisons. Nous l’apprécions beaucoup. Nous espérons pouvoir te rencontrer la prochaine fois que nous jouerons en Belgique. Bien sûr, nous voudrions inviter tes lecteurs à jeter un œil sur notre site
MySpace
, à écouter nos chansons et à nous faire savoir ce qu’ils en pensent. Nous espérons tous vous rencontrer lors de notre prochain passage en Belgique. Nous devons absolument passer plus de temps chez vous pour apprécier les paysages, les sons et les goûts que l’on nous a recommandés lors de notre passage en Belgique.

Photos © 2009 Sarina Gito & Ziga Kroflic

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