Le bilan 2009 made in Wouty

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Comme chaque année à pareille époque, il est temps de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et de dresser un bilan de ce qui nous a fait tourner la tête d’un point de vue musical en 2009… Albums de l’année

Pour la première (et sans doute dernière) fois, le premier CD libellé 2009 qui a tourné dans mon lecteur CD s’avérera être le bon. En effet, le 16 janvier, je criais déjà sur tous les toits que j’avais trouvé un de mes albums de l’année. On s’est bien foutu de ma tête sur ce coup-là, mais il se fait qu’au 31 décembre, “To Lose My Life…” de White Lies trône bien en tête de liste (c’est d’ailleurs le seul album de l’année auquel j’ai attribué un 9/10). Dix titres impeccables, noirs juste ce qu’il faut malgré des textes écorchés à mettre en parallèle avec une voix pleine d’émotion et un sens mélodique plus que développé (“Farewell To The Fairground”, “From The Stars”, “Unfinished Business”, “Death”,…). En concert, la voix d’Harry McVeigh, atteint parfois ses limites mais il compense aisément avec un cœur grand comme ça. Entre la Rotonde du Botanique le 14 mars et l’AB le 29 octobre, White Lies est devenu une grosse machine, qui devrait marcher sur les traces d’Editors.

En deuxième position, un album qui a mis du temps à venir puisque cinq ans se sont écoulés entre “Blow” et “Mirror Mirror”, le troisième album de Ghinzu. Maintes fois reporté, plus par souci de perfectionnisme à outrance que par manque d’inspiration, cet album n’a pas déçu. D’apparence plus accessibles, les compositions n’en sont pas moins toujours aussi complexes et portent la griffe du groupe. Entre singles imparables (“Cold Love”, “Take It Easy”), plage titulaire crescendo parfaite, zeste d’émotion (“Mother Allegra”), délire de fin de soirée (“Je T’attendrai”) et bidouillages électro noisy (“Interstellar Orgy”), cet album montre que Ghinzu est une guitare au-dessus des autres et peut franchement rivaliser avec les machines du nord du pays.

Sur la troisième marche du podium, le projet parallèle d’un des membres des Strokes, mais peut-être pas celui que l’on attendait. En effet, plutôt que la pop du chanteur Julian Casablancas, la country rock du batteur Fabrizio Moretti (au sein de Little Joy) ou le rock indé du guitariste Albert Hammond Jr, ce sont les délicates compositions du bassiste Nikolai Fraiture avec son projet Nickel Eye qui a retenu toute notre attention. Sorti sans grande publicité, “The Time Of The Assassins” s’est révélé être, au fil des écoutes, un album de chevet particulièrement prenant, et pas seulement grâce à l’excellente voix de Nikolai Fraiture. En effet, les compositions accrocheuses (“You And Everyone Else”, “Back From Exile”, “Brandy Of The Damned”) mais aussi les invités (Regina Spektor, Nick Zinner) font le boulot. Et que dire de “When The Cold Wind Blows” qui vous arrache des larmes… Si toutes ces expériences ne donnent pas un fabuleux album des Strokes en 2010, c’est à n’y rien comprendre.

Albums belges de l’année

Nous ne reviendrons pas sur l’album de Ghinzu dont nous vantons tous les mérites plus haut. En revanche, c’est une découverte qui s’est transformée en coup de cœur que nous classerons en deuxième position. “Lovely Pretty Day” de Henry Bliss & The Sidewalkers est arrivé au printemps pour diffuser une certaine fraîcheur dans le paysage musical du sud du pays. Excellent de bout en bout, ce premier album fait la part belle à des titres pop rock dignes des meilleurs compositeurs anglais, magnifiés par une voix chargée en émotions. Seul bémol, l’absence quasi-totale de concerts…

C’est “D Is Done”, le deuxième album de Madensuyu, qui ferme la marche. Deux musiciens on ne peut plus complémentaires: le guitariste Stijn Ylode De Gezelle et le batteur Pieterjan Vervondel. Ces deux là, contrairement à Henry Bliss & The Sidewalkers, se sont servis de la scène pour répandre leur rock noisy intense et bourré d’énergie. Imaginez Two Gallants mais en plus dur dans les arrangements et surtout en beaucoup plus puissant. Malgré une musique complexe, ce groupe va décoller, c’est une certitude, et un titre comme “Write Or Wrong” montre à quel point on peut être pris aux tripes, même avec des guitares saturées et des structures peu conventionnelles. En plus, ils sont hyper sympas, ce qui ne gâche rien…

Singles de l’année

Le single que nous avons plébiscité se trouve sur un album plus que décevant (“In This Light And On This Evening”, le troisième opus d’Editors). Par contre, “Papillon”, le single précurseur a tout d’un hit en puissance. Un riff efficace, un loop électro facilement mémorisable et la voix caverneuse de Tom Smith qui rehausse le tout. De plus, les lumineux effets pyrotechniques lors du rappel à Forest National le 7 novembre dernier n’ont fait que confirmer notre choix.

Derrière Editors, deux groupes dont on a déjà parlé et qui se taillent la part du lion à travers nos tops de l’année: “To Lose My Life”, la plage titulaire de l’album de White Lies et single parfait, tout comme “Cold Love”, qui marquait le retour sur les ondes de Ghinzu.

Concerts de l’année

Cette année, nous avons encore fait plus fort que l’année dernière, avec 57 concerts en salle et 24 journées de festival. Plusieurs dizaines d’artistes et autant de prestations au terme desquelles nous avons retenu l’incroyable performance des Flaming Lips à l’AB le 9 novembre dernier, avec un Wayne Coyne des grands soirs qui a partagé son émotion et son énergie positive avec un public littéralement sous le charme. Et ce, malgré un nouvel album (“Embryonic”) un peu trop expérimental à notre goût.

En deuxième position, Ghinzu (encore eux!) qui ont donné le concert parfait en tête d’affiche des Ardentes le 12 juillet, soit une semaine après cette maudite panne d’électricité qui avait entaché leur set au festival de Werchter. A partir de ce moment, on peut dire qu’ils ont réussi à dompter les titres de “Mirror Mirror” au point de les faire sonner comme des classiques prêts à rivaliser avec “Blow”, “Do You Read Me?” ou “Dragon”. Le genre de concert captivant qui rallie des adeptes et qui convainc les plus sceptiques. La toute grande classe, en quelque sorte. Et 2010 risque bien de les voir continuer sur leur lancée et de définitivement les anoblir, grâce à un passage à Forest National le 6 février prochain.

Le trio de tête est complété par une magnifique prestation de Nick Cave & The Bad Seeds au festival de Werchter le 4 juillet. Alors que l’on ne s’y attendait pas et que l’atmosphère était plus que suffocante en tout début de soirée, on s’est laissé emporter par la classe naturelle de l’Australien qui, non content de posséder une voix incroyablement prenante, utilise son charisme et ses talents d’acteur pour conter et faire vivre ses chansons (tout le monde se souvient encore de l’interprétation théâtrale de “Stagger Lee”).

Premières parties de l’année

Comme chaque année, on a sans doute croisé de futurs grands, qui n’avaient en général qu’une demi-heure pour convaincre, avec des moyens techniques (volontairement?) limités. Mais malgré toutes ces contraintes, des artistes arrivent malgré tout à tirer leur épingle du jeu, comme Madensuyu, relativement inconnus lorsqu’ils ont ouvert pour Ghinzu (décidément!) à l’Eden de Charleroi le 29 mars. On peut dire qu’on a ramassé ce soir-là une grosse claque dans la figure.

Quelques semaines plus tôt, c’est Underground Railroad qui passait à l’AB Club en première partie de Ladyhawke (bon, à vrai dire, on ne venait pas vraiment pour elle). Le trio français exilé à Londres tournait en support de son deuxième album, l’excellent “Sticks And Stones”, véritable condensé de noisy audible et mélodieuse. Autant vous dire que juste après, la néo-zélandaise adepte de la pop synthétique des années 80 faisait bien pâle figure. Sans compter que pendant le set d’Underground Railroad, bon nombre de spectateurs n’étaient pas loin de se boucher les oreilles…

Enfin, une des hypes de la fin de l’année est passée par la Rotonde du Botanique le 30 avril, devant une soixantaine de personnes à peine. The XX jouait en avant-première de The Big Pink… D’ici quelques années, le nombre de personnes qui affirmeront avoir été dans le public suffira à remplir trois Forest National. Très timides et pas encore tout à fait conscients de leur potentiel, le groupe (qui était encore un quatuor à l’époque) a donné un set à son image: discret mais empreint d’une douceur troublante. L’album confirmera tout le bien que l’on pensait d’eux. Ils sont repassés par la même salle en octobre, et c’était complet. Leur prochain concert chez nous sera à l’AB le 17 février, mais là aussi, c’est sold out…

Live covers de l’année

Dernière catégorie, consacrée aux reprises interprétées en concert et c’est ici Arctic Monkeys qui se dégage du lot avec leur interprétation au Pukkelpop le 22 août du “Red Right Hand” de Nick Cave & The Bad Seeds, dans une version méconnaissable que les non initiés auraient bien pu confondre avec un nouveau titre du quatuor de Sheffield, vu qu’ils sortaient leur troisième album (“Humbug”) ce week-end là.

Peter Murphy, le leader de Bauhaus, donnait un concert en solo à l’Eden de Charleroi le 24 octobre et, outre “She’s In Parties”, il s’est lancé dans une redite du “Transmission” de Joy Division, dans une version qui nous aura donné des frissons. L’esprit de Ian Curtis planait sur la salle…

Finalement, les complètement inconnus Stardeath & White Dwarf jouaient juste avant les Flaming Lips à l’AB le 9 novembre (voir plus haut) et sont partis dans un délire en recréant le “Borderline” de Madonna, mais en ayant pris soin d’en retirer le moindre iota de pop.

Ces moments choisis sont bien entendu tout à fait subjectifs et personnels. Mais ils confirment que l’année 2009 aura été riche d’un point de vue musical. Et c’est de bon augure pour l’avenir, au moment d’entamer la deuxième décennie du troisième millénaire…

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