Ian BROWN à l’AB… Les musiciens assurent !

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A peine le temps de digérer les référendums de fin d’année devant la galette des rois que nous voici déjà de retour sur le front des concerts, avec, pour inaugurer la nouvelle décennie, Ian Brown, le légendaire leader des regrettés Stone Roses, qui venait présenter son nouvel album solo à l’Ancienne Belgique ce 13 janvier 2010. Depuis son dernier passage en salle chez nous (en avril 2008 au VK), il a comme chaque année reçu quantité de propositions financières juteuses dans le but de l’inciter à reformer son ancien groupe. Mais comme les relations qu’il entretient avec John Squire sont toujours aussi tendues, il préfère continuer son petit bonhomme de chemin en solitaire. Cela n’a pas empêché le label Silvertone de commercialiser, au mois d’août dernier, le somptueux “The Stone Roses” dans une édition limitée de luxe, afin de commémorer le vingtième anniversaire de sa sortie. Pas désarçonné pour un sou, Ian Brown annonçait dans la foulée la sortie de son sixième album solo, “My Way”, qui n’est pas loin d’être le meilleur de la série, ou en tout cas le plus abouti…


Pourtant, le premier extrait de cette nouvelle plaque, “Crowning Of The Poor”, n’arrivera que 35 minutes après le début d’un concert entamé pile à l’heure prévue avec “Love Like A Fountain” dans une version agrémentée de sons acides d’une autre époque. Ian Brown, qui porte désormais les cheveux courts (mettant en avant le faciès qui lui a valu le surnom de King Monkey) est apparu l’air sévère et le regard froid. Mais ce n’est qu’une image qu’il se donne et la glace sera bien vite brisée. Il se trouve au milieu d’un groupe de cinq excellents musiciens, dont un impressionnant joueur de djembé au look plutôt bizarre (pas loin du chef cuisinier du Muppet Show, toque comprise). Par ailleurs, il s’agissait également du baptême du feu pour le bassiste, qui, à bien y regarder, paraissait effectivement un peu plus stressé que les autres.

“Golden Gaze” et ses beats puissants vont poursuivre le set, juste avant un toujours excellent “Time Is My Everything” (malgré les passages à la trompette préenregistrés, contrairement à la tournée précédente). Ce mini best of mettra également en exergue un prenant “All Ablaze”, un remuant “Longsight M13” et un arabisant “Save Us”. Cela dit, tout n’est pas parfait… En effet, la voix de Ian Brown part assez souvent en vrille (par exemple sur “Keep What You Got”), quand ce n’est pas le réglage de son micro qui laisse à désirer. En fait, il chante par moment carrément faux, et le sommet sera atteint plus tard avec un catastrophique “Marathon Man” qu’il abandonnera en plein milieu sans aucune autre forme de procès. Heureusement, sa forme olympique (il est incapable de rester en place alors que ses bras se lèvent sans arrêt) et sa bonne humeur vont compenser cette faiblesse. Et comme il sait bien s’entourer, son backing band va sauver le concert en assurant une rythmique impeccable.


Il apparaîtra régulièrement avec un tambourin, mais c’est avec un harmonica qu’il se révèlera le plus habile, sur un très réussi “Corpses In Their Mouths”. Par après, il se concentrera principalement sur son nouvel album: les groovy “Laugh Now” et “Own Brain” (une anagramme de Ian Brown) ainsi que l’excellent “Vanity Kills” confirmeront tout le bien que l’on pense de ses dernières compositions. Suivra l’épisode du “Marathon Man” avorté, mais le bonhomme va se rattraper avec “Sister Rose” et surtout “F.E.A.R.”, dont les initiales seront reprises en cœur par la foule.

Le groupe disparaîtra ensuite pendant moins d’une minute avant de revenir pour des rappels qui allaient prendre tout le monde aux tripes. La faute au volume sonore de plus en plus puissant au fur et à mesure de l’avancement de la soirée, qui atteindra son paroxysme sur “Fool’s Gold”, à la limite de faire exploser les tympans du public. Il s’agira là de sa seule visite dans le répertoire des Stone Roses. On aurait peut-être préféré “Made Of Stone” ou “I Am The Resurrection”, mais consolons-nous en rappelant que voici quelques années, il n’acceptait aucun compromis…

Ce sont ses deux derniers singles qui vont clôturer la soirée, “Stellify”, tout d’abord, qui a tout d’un hit (sauf les ventes lors de sa sortie en septembre dernier) et “Just Like You”. Si l’on met de côté la voix hasardeuse du bonhomme (il en est conscient, cela dit), on a assisté à une prestation puissante, grâce à des musiciens hors pair. La reformation des Stones Roses n’est clairement pas à l’ordre du jour.

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Photos © 2010 Olivier Bourgi

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