ARCHIVE un rien plus frileux que d’habitude

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A peine quatre mois après leur passage aux Halles de Schaerbeek, Archive était de retour en Belgique ce dimanche 17 janvier, sur les planches de l’AB cette fois, dans le cadre d’une nouvelle tournée annoncée comme différente de la précédente.

En effet, à l’époque, ils avaient joué (dans l’ordre des morceaux) la quasi intégralité de l’album “Controlling Crowds”, agrémentée d’à peine trois titres plus anciens. Lors de l’interview que Darius Keeler et Pollard Berrier nous avaient accordée, ils promettaient de revenir jouer une set-list plus classique en 2010, tout en promotionnant la suite et la fin de l’histoire “Controlling Crowds” (dont la “Part IV” est sortie à l’automne). Cela dit, on ne les attendait pas aussi rapidement…

En revanche, pas de surprise pour la première partie, puisque c’est de nouveau Birdpen qui s’est amusé à chauffer la salle, dans une formule semi-acoustique ce soir, à l’exception d’un dernier morceau plus noisy et moins conventionnel. C’est du moins les commentaires que nous avons pu recueillir car la prestation du groupe de Dave Pen a débuté à… 19h15. Même un dimanche, et surtout avec une émission de radio qui se terminait à 18h à Eghezée, il était impossible d’être aux premiers postes en temps voulu…


Soit, l’essentiel était d’être bien en place lorsque les lumières se sont éteintes pour Archive, qui a entamé son set à 20h15, un horaire relativement inhabituel qui laissait entrevoir une prestation marathon du collectif londonien. On sait qu’ils n’hésitent pas à composer de longs morceaux dont la structure complexe nécessite une attention de tous les instants, souvent couplée à une volonté de se laisser emporter dans des contrées planantes. Mais, à l’instar de “Pills” (le morceau d’intro), ils peuvent aussi composer des titres efficaces, pour ne pas dire évidents. Celui-ci a été interprété par Maria Q, dont la présence avait cruellement manqué aux Halles (un écran vidéo ne remplace pas un individu) et d’emblée, on est conquis autant par sa voix que par sa prestance…

Il ne faudra pas longtemps pour se rendre compte que le groupe va tenir sa promesse, en revisitant d’anciens titres, comme “Sane” (extrait de “Lights”) et un lancinant “Finding It So Hard” (sur “You All Look The Same To Me”) impeccablement chanté par Dave Pen, complètement habité par la musique. Le crescendo ainsi mis en place laissait présager le meilleur pour la suite et un rêve fou nous a effleuré l’esprit. Celui de revivre la fabuleuse soirée d’octobre 2006 dans la même salle, où le groupe avait été parfait.

Malheureusement, il a fallu quelque peu déchanter. Pas que l’on ait assisté à une mauvaise prestation, loin de là, mais certains passages ont paru plus anecdotiques qu’en septembre dernier. Par exemple, le rappeur Rosko John, blouson noir, dreadlocks et casquette vissée sur la tête, nous aura un rien tapé sur le système (“Razed To The Ground”). Quant à “Blood In Numbers”, il sera tout simplement ennuyant…


Cela dit, de très bons moments auront émaillé le set, comme cette magnifique version de “Collapse/Collide”, avec Maria Q aux vocaux, qui nous fera frissonner pour la première fois de la soirée, grâce à un condensé d’émotions dictées par sa voix. L’occasion de fermer les yeux quelques instants, pour s’imbiber de l’aspect transcendant de leurs compositions. Bien qu’il soit préférable de ne pas les fermer trop longtemps afin de pouvoir profiter des projections sur l’écran géant, notamment une élégante gestuelle des mains pendant “Clones”. Autre moment privilégié, une excellente version de “Kings Of Speed”, auquel succèdera le désormais célèbre “Fuck U” dont la première note réveillera une assemblée plutôt occupée à apprécier poliment la dextérité des musiciens jusque là.

Entre-temps, “Bastardized Ink” nous aura montré combien les voix de Rosko John et de Maria Q (ici aussi impressionnante) peuvent se marier magnifiquement bien malgré des styles diamétralement opposés. N’oublions pas non plus Pollard Berrier, sans doute le membre le plus attachant du collectif, devenu en l’espace de deux albums totalement indispensable à l’équilibre de la formation. Cela se confirme notamment lors de “Lines”, un extrait du dernier album, pendant lequel il tire son épingle du jeu malgré le flow du rappeur qui commençait tout doucement à nous gonfler…

“Dangervisit” péchera par son manque de synchronisation avec des paroles qui défilaient un peu en retard sur l’écran géant, mais d’un point de vue musical, rien à redire, il s’agit bien là d’un titre taillé pour le live. Et que dire du très long “Lights”, qui ne lasse à aucun moment, interprété exactement comme en 2006, Darius Keeler seul à son piano avant que les membres du groupe ne le rejoignent un à un sur scène. Magnifique et toujours aussi empreint d’émotion…

Les rappels vont poursuivre le traitement, avec “Controlling Crowds” et ses images mettant en scène une horde de mannequins menaçants. Dix minutes qui nous rappellent combien leurs compositions tiennent la route, indépendamment de leurs durées. Restera le single “Bullets” et un très bon final qui rassemblera les neuf acteurs sur scène pour le très ancien “So Few Words” couplé à “Pulse”, le tout dégageant une intensité décuplée. Il aura toutefois manqué “Again”, qui aurait sans doute ponctué leur prestation de manière magique. Mais avec ses vingt minutes, on aurait largement dépassé les 2h30 de concert. Et puis, ils l’avaient faite aux Halles, celle-là. Les concerts d’Archive sont donc clairement complémentaires…

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Photos © 2010 Bernard Hulet

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