Peter HAMMILL, une légende parmi nous

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L’homme « d’aucun hit » était au Spirit of 66 en cette fin de mois de janvier 2010. Son dernier passage en Belgique honorait également les organisateurs de cette salle mais il était alors accompagné de ses deux compères du Van der Graaf Generator, Hugh Banton et Guy Evans. C’était au mois d’avril 2007. Ce concert, tout comme le précédent du VdGG, avait été relayé par de nombreux avis sur les ondes de Classic 21. Peter Hammill en concert solo dans le format piano/guitare d’il y a 20 ans, aucune excuse n’était justifiée et les absents n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Hammill solo car, contrairement à son précédent passage en notre royaume sous son nom PH (4AD à Dixmude en mai 2006), il était vraiment seul sur scène cette fois, son violoniste attitré depuis quelques années, Stuart Gordon pour le nommer, n’étant pas de la partie.

Dans une salle plus que bien remplie, l’artiste a offert son cœur et sa foi en la musique aux présents. Une musique qui lui appartient de la tête au pied. Le parcours de Peter Hammill est atypique et chacun de ses concerts relève de la prestation engagée. Depuis l’album « Skin » de 1986, l’auteur-compositeur ne s’inquiéte plus de la gloire commerciale et, déjà que l’on ne pouvait pas dire qu’avant cela était vraiment sa préoccupation première, il distilla des chansons sans concessions sur plus d’albums que vous n’avez de doigts de main.


Cela dit, l’homme peut aussi être un peu diva et inabordable. Les plus acharnés se souviendront de l’épisode de Klaus Klang éconduit de sa première partie à Bruxelles après un faux pas la veille à Liège, ou d’autres événements (le concert VdGG du Spirit 66 déjà nommé) où il était tout bonnement inabordable.

Étonnamment « friendly », cette prestation de 2010. Un coup de flash donné par un des admirateurs l’ayant juste arrêté dans une chanson pour un « no flash please » demandé avec le sourire. Et un passage final par la salle pour de nombreux autographes et petites discussions avec les retardataires fébriles, complétaient aussi une prestation où l’artiste s’était surtout présenté en tant qu’homme à ses fans.

Et il a bien fait. Tout ce qu’il a donné de lui pendant plus d’1h30 lui a été rendu par l’assistance et un silence religieux fut le tapis d’un son à la netteté parfaite. Une prestation découpée en trois pour lui permettre de jouer de sa guitare acoustique dans la partie centrale de la performance. Une prestation où il s’est permis d’aller rechercher des perles ou surtout des coups de cœur et tendres complicités, dans toutes les périodes de sa discographie qui compte quand même une quarantaine d’album.

En commençant par le très intime « Don’t tell me”, le ton de la confidence était d’ailleurs expliqué d’emblée tout comme avec « Curtains » et l’histoire de ce couple. Le très beau « Just Good Friends » dans une interprétation lente aux paroles plus parlées que chantées sera aussi un frisson d’émotion. La vraie mélancolie des chansons de Hammill y prend tout son sens. Et une partie centrale aux harmoniques compliquées sur un chant plus tendre devient le reflet de cette relation exposée par ce merveilleux texte au point final « Are we still good friends? » évocateur.

La première partie piano, se termina avec un morceau du tout dernier album, «
Thin Air
»
, sorti en 2009. Une première partie piano qui étonna par sa justesse, l’artiste, dans sa fougue, n’ayant pas trop de honte parfois à jouer une note ou deux à côté de la bonne.


A la guitare sèche, la tension des chansons se marque plus et mieux dans la sonorité un peu saturée par l’électrification. Pourtant, le deuxième morceau, le mythique « The Birds » (du tout premier album solo en 1970), aura des sonorités distillées comme le bruit de la rivière derrière le chant des oiseaux, justement. Après notre « Central Hotel » à nous Belges, une autre récente (album «
Singularity
»
de 2006) et une chanson d’amour de jeunesse (album « Nadir’s Big Chance » de 1975). Sur cette dernière, « Been alone so long », la fragilité émotionnelle de la voix de PH fait merveille. Il délaissa sa guitare après « Modern », sorti aussi de l’époque lointaine (1974).

Le retour au piano donna à écouter des morceaux moins anciens, l’album « Singularity », album de son retour à la bonne santé après son accident cardiaque, se taillant la part du lion. L’intro dissonante de « Friday afternoon » n’enlève pas les douceurs de ces morceaux qui nous emmènent vers la fin du set. Le dernier morceau, le sublime « Stranger Still », permit à l’artiste de finir comme il chantait dans les années 80 (« The Margin », 1985). Enfin presque, la rage et les cris de cette époque ne sont plus les mêmes. Mais cela fait déjà longtemps que l’homme s’est adouci en live. Cet extrait de « Sitting Targets » (1981), un des albums charnières de la discographie, fut joué malgré tout, tout en tension et agressivité.

En rappel, un morceau calme au piano finit, dans la même intimité que son commencement, un concert joué d’homme à homme entre un artiste et un public conquis d’avance certes mais subjugué par le charisme de cet homme. Sans aucun hit à son palmarès peut-être, mais avec des centaines de chansons qui marquent les vies, les âmes, d’émotions indélébiles.

A la prochaine, Peter, tu passes quand tu veux !

Voir absolument le très complet
www.sofasound.com

Set list :

  • Don’t tell me
  • Curtains
  • Just good friends
  • Shell
  • The Mercy
  • Confortable
  • The Birds
  • Central Hotel
  • Your eyes give it shape
  • Been alone so long
  • Modern
  • Unrehearsed
  • Tenderness
  • Friday Afternoon
  • White dot
  • Stranger still
  • Rappel (non identifié)

Les autres photos de
Peter Hammill

Photos © 2010 Simon Degossely

Une pensée sur “Peter HAMMILL, une légende parmi nous

  • février 10, 2010 à 14:35
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    Tout à fait d’accord avec Simon. Ce concert était une pure merveille, j’étais avec deux amis dont un voyait Peter Hammill pour la troisième fois, ce concert était de loin son meilleur. Quant au respect réciproque entre le public et l’artiste, c’est un euphémisme. C’est la première fois que j’ai pu me rendre compte que le parquet du Spirit grince (c’est pas un reproche, Francis, ce parquet, c’est aussi le Spirit!), tant le silence était profond pendant la prestation. Et quelle gentillesse, quelle chaleur émanait de Peter. Lors du passage du VDGG à Limbourg, il était plus froid, mais se remettait à peine de son souci de santé.
    Pour ceux qui ont loupé cela, ils peuvent se consoler avec le double live “Typical” sorti vers 1996, un must, tout à fait dans le style du concert raconté ici. S’il revient en tournée, ne le loupez pas, il est d’ailleurs bien dommage qu’un artiste aussi immense ne fasse pas salle comble!

    Petite info: le morceau en rappel, c’était “Time To Burn” tiré de “A Foreign Town”

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