DELPHIC, c’est chic!

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Aussi romantique soit-il, tout rockeur qui se respecte se doit de privilégier une date de concert par rapport à une prétendue fête des amoureux. Ainsi, tout comme en 2007 (Kasabian), c’est avec un groupe anglais que nous avons passé notre Saint-Valentin cette année. Et Delphic avait de sérieux atouts à faire valoir… En effet, avec “Acolyte”, ces natifs de Manchester ont sorti début janvier ce qui s’apparente déjà à un des premiers bons albums de l’année, qui s’inspire de la rave de la fin des années 80, à l’époque où l’Haçienda était le temple du genre. Mais ils y ajoutent une petite touche de rock indépendant qui les fait sonner très actuel. Autant dire que sa sortie a précipité la vente des derniers tickets pour ce concert qui affichait complet depuis plusieurs jours.

En première partie, c’est un groupe français, Clara Clara, qui avait la délicate tâche d’ouvrir pour eux. En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on risque de se souvenir d’eux, car il est bien question d’originalité dans leur chef. Tout d’abord, un batteur qui joue debout, ce n’est pas courant (on se souvient de celui d’Art Brut) mais en plus lorsque la batterie ressemble à un échafaudage de grosses caisses surmontées d’un tambourin, ça l’est encore moins (on dirait un membre des Tambours du Bronx échappé en solo). De plus, ce batteur est également le chanteur, et le fait qu’il hurle dans un micro d’opérateur téléphonique rend l’ensemble encore moins banal. Quant à sa voix, elle oscille entre cris barbares et expérimentation sonore (d’ailleurs entre les chansons, il ferait bien de couper le micro, cela nous éviterait de l’entendre renifler bruyamment…).

A ses côtés, un bassiste qui joue de son instrument comme une guitare et qui en sort des sons tout bonnement incroyables, ainsi qu’une claviériste, assez timide lorsqu’il s’agit de parler dans un micro, mais qui, par contre, se donne pendant les morceaux et va même taper avec une baguette sur le dossier d’une chaise. Lorsqu’on vous dit qu’il s’agit d’un groupe original… Ils jouent très fort au point de faire sursauter l’assemblée sur base régulière. Répétitif par moments, on arrive tout de même à rentrer dans leur trip sur la fin avec les deux derniers titres un rien plus accessibles. Au risque de paraître élitiste, on pourrait les comparer à un groupe obscur du nom d’Agaskodo Teliverek, qui eux aussi sont particulièrement déjantés.

Après cette introduction particulière, place à cette nouvelle hype du rock britannique, Delphic. On les avait découverts voici un an quasi jour pour jour (le 12 février 2009) en première partie de Bloc Party (quoi qu’on en dise, une de leurs influences majeures) et on les avait revus avec plaisir dans la fournaise du Marquee sur le coup de midi au Pukkelpop quelques mois plus tard. Mais c’est clairement dans le noir qu’il est indiqué de se faire percuter par les beats du groupe. Ils l’ont bien compris en installant progressivement une ambiance digne d’une discothèque dans la Rotonde, avec des jeux de lumières discrets mais efficaces qui ne font qu’anticiper la montée sur scène des musiciens…

Tout à coup, le chanteur James Cook, le guitariste Matt Cocksedge et le bidouilleur Rick Boardman font leur apparition, accompagnés de leur batteur attitré Dan Hadley. Le début du concert sera en tous points pareil à celui de l’album: “Clarion Call” installe relativement calmement l’ambiance avant de passer aux choses sérieuses avec le single “Doubt”, dont les parties de guitare seront particulièrement prenantes (d’ailleurs, l’air timide de Matt Cocksedge sera inversement proportionnel à son habilité à sortir des riffs efficaces et concis de sa six cordes), au même titre que la voix du chanteur qui ratisse très large. Ensuite, “Halcyon” (pas la cover d’Orbital, mais un titre qui en est franchement inspiré), va amener la Rotonde dans des contrées dance envoûtantes, qui vont coïncider avec le point culminant du concert.

Par après, l’intensité va quelque peu redescendre (les plus faibles “Submission” et “Red Lights”), ce qui va permettre de reprendre quelque peu son souffle car la suite allait de nouveau se révéler excellente, avec une version extra allongée du “This Momentary” qui rappelle les meilleurs moments d’Underworld au milieu des 90’s (période “Second Toughest In The Infants”) avant que “Counterpoint” (qui avait déjà clôturé leur set l’an dernier) ne nous confirme combien ils peuvent être efficaces.

C’est “Acolyte”, la plage titulaire de l’album, qui fera office de rappel, avec un titre start stop incroyable, dont le début fait penser au générique d’un film triste avant de virer sur une comédie burlesque et de finalement se muer en blockbuster catastrophe. Rien à redire, tout est parfaitement réglé et on ne peut que tomber sous leur charme. En plus, ils sont très accessibles et le succès n’a pas l’air de leur monter à la tête. Enfin une hype qui ne se la pète pas et qu’on reverra avec plaisir lors des festivals d’été…

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