The Horrors en trois phases au Cirque Royal

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Initialement prévu le 31 octobre dernier à l’Orangerie du Botanique, le concert de The Horrors a finalement eu lieu ce mardi 16 février au Cirque Royal. En effet, à l’époque, les corbeaux de Southend-On-Sea avaient préféré répondre aux yeux doux de Muse, qui les voulaient pour assurer leurs premières parties (notamment au Sportpaleis d’Anvers). Entre-temps, “Primary Colours”, leur excellent second album, a terminé en tête du référendum de fin d’année du NME. Il est vrai que le groupe a gagné en maturité et est devenu un rien plus accessible, évoluant d’un style punk gothique vers une new (cold) wave, à la noirceur toujours bien palpable.


C’est à un groupe qu’ils apprécient et qu’ils supportent depuis les premiers jours qu’ils avaient décidé de confier leur première partie, S.C.U.M. Ces très jeunes londoniens (on dirait que la batteuse aux long cheveux blonds n’est pas encore sortie de l’adolescence) ont pourtant des influences très pointues (Suicide, The Birthday Party,…) qui brassent un sentiment névrosé de mal-être. Très glaciales aussi (sans doute la raison pour laquelle deux d’entre eux portent un bonnet et un troisième une fourrure). Quant au chanteur, imaginez le physique de Richey Edwards des Manic Street Preachers avec la coiffure de Tim Burgess des Charlatans il y a vingt ans.

Le début de leur set sera relativement brouillon, sans guitare mais avec une basse omniprésente et une voix couverte par un son réglé assez fort. Par contre, une fois qu’ils empoignent une six cordes, cela change beaucoup de choses et on accroche plus facilement, d’autant plus que l’utilisation discrète d’un mini Moog apporte une légèreté bienvenue. Cela dit, le noir reste la règle et il n’est certainement pas question de joie de vivre…

Pas plus d’ailleurs que pour The Horrors, dont la prestation au festival de Dour l’été dernier avait été exemplaire. Après cinq bonnes minutes de larsens et de sons à la limite du supportable pour nos tympans, le groupe monte sur la scène du Cirque Royal. Ce soir, le maigrelet Faris Badwan a l’air nettement moins explosé qu’en juillet dernier. Par contre, il arbore toujours cette imposante coiffure ébouriffée. Ne lui demandons pas non plus de sourire ni de se confier au public…


Entamé avec le prenant “Mirror’s Image”, leur set débutera pourtant avec un son particulièrement pourri, en plus d’être saturé. Un set que l’on pourra diviser en trois parties, chacune plus prenante que la précédente. D’abord une première demi-heure à la balance catastrophique, qui va presque nous faire regretter le déplacement. En effet, la voix du chanteur était presqu’inaudible et les instruments se confondaient dans un brouhaha à la limite du pathétique, malgré de très bons titres sur le papier (enfin, sur le CD…), dont l’excellente plage titulaire (“Primary Colours”), le très Cramps “I Can’t Control Myself”, le flippant “New Ice Age” ou encore “Scarlet Fields” à la basse sinistre. Mais ce soir, aucun de ces titres ne dégageait l’intensité des enregistrements.

Paradoxalement, il faudra attendre la plage la plus morose de l’album, “I Only Think Of You”, genre de titre calme et oppressant (qui implore l’âme de Ian Curtis), pour enfin permettre au technicien préposé d’obtenir un son nickel. A partir de ce moment, on a vu une toute autre prestation, avec notamment “Whole New Way” (un single largement inspiré des Stone Roses), le très 60’s “Who Can Say” (on pense à “Leader Of The Pack” façon gothique) et surtout “Sea Within A Sea”, véritable morceau d’anthologie d’une dizaine de minutes, qui allie rock sombre et électro (d’ailleurs, les deux préposés aux synthés auraient pu faire partie de Kraftwerk avec leur accoutrement strict).


La troisième partie sera liée aux rappels. Des rappels qui vont se révéler d’une violence extrême et laisser de côté les compositions travaillées de “Primary Colours”. En effet, ils vont se replonger dans les titres de “Strange House”, leur premier album aux sonorités bien plus agressives, tournés vers un punk noisy qui allait provoquer quelques mouvements de foule spontanés. Comment peut-il en être autrement en commençant avec une reprise de Suicide (“Ghost River”) suivie d’une composition digne de The Clash version rock garage 60’s (“Count In Fives”). Quant à “Sheena Is A Parasite” et “Gloves”, inutile de vous dire qu’ils ont laissé des traces dans le moshpit…

Même s’il n’aura pas été constant, ce concert aura au moins eu le mérite de nous plonger dans les deux univers de The Horrors. Deux univers à l’opposé l’un de l’autre, mais tellement complémentaires à bien y réfléchir. Si seulement leur ingénieur du son s’était mis au boulot dès les premières notes…

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S.C.U.M.

Photos © 2010 Bernard Hulet

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