Arid dévoile son nouvel opus à l’AB

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Tradition ou pas, toujours est-il qu’Arid choisit quasi systématiquement l’Ancienne Belgique pour le lancement d’un nouvel album. Ainsi, un peu plus de deux ans après « All Things Come In Waves » (janvier 2008), le groupe gantois était de retour ce week-end dans la salle bruxelloise pour lever le voile sur « Under The Cold Street Lights », son quatrième album. Plein feu sur la première des deux dates archi sold-out, celle du samedi 27 février.

Pour ceux qui l’ignorent encore, Arid avait atteint la finale du célèbre concours Humo Rock Rally en 1996. Douze ans plus tard, un groupe nommé Roadburg réalise la même performance et se retrouve ce soir en avant-programme. Ils viennent tout juste de sortir un premier album, « Raise Cain », et leur bio parle d’un mélange radiophonique entre The Jesus & Mary Chain et Sonic Youth. Assez excitant sur papier, restait à les découvrir sur scène.

Ce jeune quintette limbourgeois peut se targuer de compter parmi ses membres d’excellents musiciens qui puisent leurs influences autant chez The Clash que chez dEUS. En revanche, la voix du chanteur part régulièrement en vrille et cela fait tache. Autre souci, le tout est très bien joué mais a du mal à rester dans l’oreille, excepté le single actuel à la construction ambitieuse, « Instant Flowers », avec lequel ils ont terminé leur set. Néanmoins, ne leur tournons pas trop vite le dos, ils ont le potentiel pour s’épanouir…

Sur le coup de 20h45, la tension devient palpable, d’autant plus que comme voici une dizaine de jours pour The XX, un immense morceau de tissu occulte la scène lors des derniers réglages techniques. Mais au lieu d’un drap blanc, c’est un épais rideau de velours rouge qui donne l’illusion de se retrouver dans une salle de théâtre, à quelques secondes d’une représentation. Toutefois, à la place des traditionnels trois coups, c’est un groupe en pleine action qui s’est révélé à nous au moment du lever de rideau.


En effet, on s’est d’emblée retrouvé dans le vif du sujet au son de « Something Brighter », un premier extrait de ce nouvel album tant attendu. Un chouia similaire à du Keane sur l’album, il prend une couleur plus Arid sur scène, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Suivra le plus curieux « Broken Dancer » mais ce qui va réellement lancer le concert, c’est « Come On », le nouveau single. Jasper Steverlinck est pareil à lui-même, simple, sympa et surtout bien en voix. Il a également laissé tomber sa coiffure permanentée. A sa droite, le guitariste David Du Pré arbore toujours son sourire de star et a l’air content d’être là. Le batteur Steven Van Havere, quant à lui, affiche une mine décontractée. Sur scène, comme ils en ont désormais l’habitude, ils sont accompagnés d’un bassiste et d’un claviériste.

« Tied To The Hands That Hold You » va ensuite mettre le feu dans une assemblée prête à exploser, avant de très rapidement redevenir attentive pour se laisser bercer par la mélodie d’« All Will Wait ». Jasper, très communicatif ce soir, remerciera de nombreuses fois le public et, en bon citoyen belge, s’efforcera de jouer à l’interprète en traduisant systématiquement dans une langue ce qu’il venait de dire dans l’autre. Surprenant par moments, mais unanimement apprécié par les deux communautés (le groupe est désormais autant acclamé au nord qu’au sud du pays).

La poursuite de la découverte du nouvel album passera par le décevant « Mindless » (le traitement en live du morceau ne nous fera pas revoir notre jugement), puis un peu plus tard par le délicat « Seven Odd Years » (apparemment inspiré par Bruce Springsteen) interprété au piano et ponctué par le refrain du « Like A Prayer » de Madonna. Entre-temps, on retiendra le toujours aussi efficace « You Are » (le seul extrait rescapé du deuxième album) ainsi que « Little Things Of Venom » (« un titre qui a fait le tour du monde grâce à un film »), rarement joué en live dans un passé récent mais qui nous procure toujours la même sensation envoûtante qu’il y a dix ans.


Le prenant « All That’s Here Is All That’s Left » ainsi que le nerveux « Custom Gold » convaincront par leur maîtrise sur scène et apparaîtront comme deux des meilleurs nouveaux titres ce soir. Le final sera quant à lui plus classique avec « Why Do You Run » et surtout « Life », pendant lequel David Du Pré joue de sa slide guitar installé sur une chaise, un peu à l’image du regretté Jeff Healy, et qui nous confirme, s’il en était encore besoin, que la magique voix de Jasper s’adapte à n’importe quel style.

Le premier rappel sera tout bonnement divin avec sans doute deux des plus belles compositions du groupe, « Me And My Melody » et « If You Go », pendant lesquels des frissons nous ont parcouru l’échine.

Après un court intermède en backstage, ils reviendront pour un ultime extrait d’« Under The Cold Street Lights », « Lock And Chain », qui, bien que très bon (et interprété dans un calme limite perturbant), n’arrive pas aux genoux de « The Flood » et « Cold Street Lights » (deux nouveaux titres magnifiques injustement oubliés ce soir), avant un excellent « Words » qui clôturera une prestation de grande qualité et qui nous confirmera le retour gagnant d’un groupe particulièrement attachant.

Par ailleurs, comme Jasper l’avait promis au micro pendant le set, ils n’ont pas failli à leur réputation de groupe proche de son public puisqu’ils ont inlassablement dédicacé des albums, signé des tickets, posé pour des photos et serré quantité de mains jusque bien tard après leur sortie de scène. Un groupe accessible et disponible, ce qui n’est visiblement pas incompatible avec le talent. Restez comme vous êtes, les gars. Et merci de nous avoir fait rêver.

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Arid

Photos © 2010 Olivier Bourgi

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