La claque de BLOOD RED SHOES

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La petite cinquantaine de personnes présentes un dimanche soir de novembre 2007 dans la Rotonde du Botanique vous confirmeront l’énorme gifle prise dans la figure lors du premier concert belge de Blood Red Shoes. Ce lundi 15 mars, c’est dans une AB Box pleine à craquer (soit devant seize fois plus de monde) que le duo de Brighton venait présenter son deuxième album. Par ailleurs, ce fameux jour de novembre est considéré par beaucoup (en tout cas ceux qui étaient là) comme le “super Sunday” du rock indépendant émergent puisqu’au Witloof Bar se produisaient Los Campesinos! et Vampire Weekend. Précisons qu’à l’époque, aucun de ces groupes n’avait encore sorti d’album. Le flair du Botanique dans toute son ampleur…

Pulled Apart By Horses, le groupe qui assure leur première partie sur la tournée européenne actuelle, est originaire de Leeds. Vu la réputation et le tempérament qu’ont généralement les rockeurs du nord de l’Angleterre, on ne s’attendait pas à vivre un début de soirée calme. De fait, après une intro qui faisait la part belle aux larsens, le premier coup de batterie a sonné le glas des tympans des spectateurs des premiers rangs. Et pendant une demi-heure, ils ne vont laisser aucun répit à l’assemblée en décochant des compositions toutes guitares en avant, entre métal et hardcore, guidées par une voix à la limite de la rupture (Future Of The Left n’est pas très loin). Ajoutons encore la théâtralité de ces musiciens particulièrement démonstratifs.

En effet, le guitariste James Brown (!), adepte des notes aiguës décochées à l’aide de son médiator sur l’extrémité de sa gratte, va se rouler par terre et sauter dans tous les sens tout en suivant le rythme du batteur Lee Vincent (qui a l’air d’être le plus sage d’entre eux). Le bassiste Robert Lee (à l’abondante coiffure qui revient jusque devant son visage), participe au déluge sonore et aux chœurs tandis que l’intenable chanteur Tom Hudson ne tiendra pas en place une seconde. Il ira même régulièrement prendre la température dans le public, notamment après y avoir envoyé sa canette de bière vide. A défaut d’être varié, leur set aura été nerveux et énergique.

Blood Red Shoes, quant à eux, viennent de sortir un deuxième album, “Fire Like This”, qui succède à
Box Of Secrets
(2008). De prime abord, ce nouvel opus se compose de titres plus accessibles et plus légers. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. C’est en substance la leçon qui nous sera donnée ce soir, et d’une magistrale manière…

Comme pour se mettre en condition, ils débuteront leur set par “Doesn’t Matter Much”, la plage d’ouverture de leur premier album. Cela va également permettre au public de s’échauffer et de véritablement exploser dès les premiers accords de “I Wish I Was Someone Better”, joué au volume maximum. Inutile de préciser que les pogos faisaient fureur parmi les premiers rangs. Entre-temps, un premier nouveau titre, “It Is Happening Again” sera joué avec une maîtrise et une puissance qui caractérisent tellement bien le batteur Steven Ansell et la mignonne guitariste Laura-Mary Carter. Toute coquette, cette dernière est sapée comme une princesse, tandis qu’un ventilateur judicieusement dirigé vers son visage rend sa coiffure vivante et dynamique. Dommage qu’elle ne sourira qu’à de (très) rares occasions.

Musicalement, ils sont tout bonnement impressionnants. Lui frappe furieusement sur ses fûts, tout en restant naturel et en chantant d’une voix claire. C’est un régal d’entendre distinctement le son des différents éléments qui composent son kit. Quant à Laura-Mary, elle joue le plus naturellement du monde alors que les accords incendiaires sortant de sa six cordes donnent le tournis aux spectateurs.

“Light It Up” (au refrain scandé à l’unisson) et “It’s Getting Boring By The Sea” vont continuer la destruction massive et emballer un public qui manifestera bruyamment son contentement à plusieurs reprises. Parmi les nouvelles compositions, “Count Me Out” fera le boulot, mais c’est surtout la construction ambitieuse et graduelle de “When We Wake” qui fera sensation et qui nous fera prendre conscience de la voix magique de Laura-Mary, avant que sa guitare cinglante ne nous rappelle à l’ordre.

Par ailleurs, elle a beau être mignonne, elle n’en conserve pas moins un caractère de petite garce. Ainsi, à la fin de “This Is Not For You”, pour Dieu sait quelle raison, elle va jeter de rage sa guitare sur le sol avant de se diriger vers la sortie de la scène. Steven ira toutefois la rechercher pour la suite, l’excellent “Don’t Ask”, plage d’intro de la nouvelle plaque. C’est à ce moment que s’improvisera une invasion de scène. Dans un premier temps tolérée, elle risquera bien vite de dégénérer, obligeant la sécurité à intervenir afin de canaliser les envahisseurs et d’éviter tout débordement. Qu’à cela ne tienne, c’est alors à un ballet de stage divings que l’on a assisté pendant “Say Something, Say Anything”, qui va terminer le set principal dans un chaos destructeur.

Le temps de souffler quelques instants et les voici de nouveau prêts à faire trembler l’AB sur ses bases. Et, miracle, Laura-Mary est tout sourire… Elle remercie chaleureusement le public avant de reprendre son masque de rockeuse et de se lancer dans “Keeping It Close” le plus sérieusement du monde. Mais ce sont surtout les deux derniers titres, “Heartsink” et “Colours Fade” (à vocation franchement métal), qui vont résumer le mieux la soirée: un public déchaîné sous une pluie de décibels. Et pour couronner le tout, avant de quitter la scène, Steven goûtera lui aussi aux joies du stage diving… Quant à nous, après cette prestation sans moment faible, on est reparti après avoir reçu ce que l’on était venu chercher: une bonne claque. Et quelque chose me dit que la marque risque bien de rester visible jusqu’en fin d’année…

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