LONELADY, tiercé dans le désordre

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Julie Campbell, celle sur qui beaucoup de regards se tournent actuellement était en les murs ronds de la Rotonde ce 30 mars. Tête de proue du concept Lonelady, un nom pris un peu au hasard pour un trio composé de la chanteuse guitariste, du batteur énergique Andrew Cheetham et du figé Gareth aux claviers synthétiques. Lonelady, c’est dans l’histoire de la télévision, une cow-girl masquée, mais rien à voir avec la rousse anglaise. Lonelady a été choisi parce que c’est un nom sans signification, sans message ni sens vraiment affiché. Lonelady, comme pourrait se nommer une marque de bière, un lieu dit des Cornouailles. Ou comme un cheval à jouer au tiercé dans la 3e course.

Lonelady, c’est la conjugaison de trois éléments : Manchester d’où le groupe provient et se revendique. Factory des mêmes lieux et toute la mouvance cold wave portée par Joy Division. « Nerve up », premier album composé, écrit par Mrs Campbell, est enregistré au départ sur un petit 4 pistes dans un moulin, de la banlieue de Manchester toujours, initialement à l’abandon et remis en état pour l’occasion.

Un album à la pochette au design noir et qui n’est pas vraiment une crise de nerfs, mais un ensemble de chansons new wave bien trempées dans le début de l’histoire de cette tendance musicale. Les protagonistes ne rougissant pas d’ailleurs quand on leur parle de leurs pères Joy Division, New order, Gang of four ou mère Siouxie and the Banshees.

Sur le papier, le canasson est prometteur et on est tenté de le jouer gagnant, mais malheureusement, sur le champ de course, les gains ne sont pas à la hauteur de la mise.


Pour un set très court, et froid, presque tout l’album est joué. Juste joué. Le peu de variation live ne fait pas crier au génie de la scène. L’absence presque complète de contact avec le public rend aussi le concert très distant, en cela augmenté par un éclairage où jamais le visage de la chanteuse ne sera mis en valeur. Julie Campbell a-t-elle un beau sourire ou un sourire chevalin ? Inutile de se poser la question, elle n’a pas sourit.

« Immaterial », tranchant de riffs de Telecaster, commençant l’énumération, il est suivi du sautillant « If not now ». « Nerve up », titre de l’album sonne plus moderne avec ses intonations vocales sur plusieurs hauteurs. « Early the haste comes » et « Army » plus rapides entraîneront bien sans nous changer en pogotteurs fous.

Seul non présent sur l’album, « Bloedel », reprise du groupe The Fall de Mark E Smith, élément majeur du post-punk de Manchester en fin des années 70 et tiré d’une face B des 45 tours édités par Lonelady (l’importance du vinyle dans le merchandising est significative). Ce morceau, calme, nous errera dans les dédales cold wave tout en se la jouant avec une interprétation vocale digne d’un autre label de cette époque reculée mais souvent revisitée, le bien nommé 4AD.


« Marble » aux claviers déposés comme un pace maker par le « statue de cire » officiant aux synthés, jouera de ses belles sonorités et « Intuition » permettra au batteur de donner ce qu’il lui restait d’énergie après un set où il fut vraiment le seul élément mobile sur scène.

Le rappel sera consacré au très beau « No Fear More » qui, comme une lamentation, laissera plus encore un goût de trop peu.

Lonelady n’est pas un tocard. Non. Dès l’instant où l’on considère un groupe comme autre chose qu’un simple élément soumis aux caprices du pur hasard des ventes, mais comme une entité artistique dotée d’un potentiel, il est tout à fait concevable de miser sur ce qui est actuellement, et peut-être à tout jamais au vue de ce concert, un outsider. Lonelady évoluera peut-être et à la faveur d’un sol moins lourd, d’un fait de course plus favorable, …, que sais-je, et sortira du lot pour gagner sa course. Julie Campbell et ses musiciens méritent notre attention et en attendant, à jouer placé à tous les coups.

Setlist :

  • Immaterial
  • If not now
  • Nerve up
  • Early the haste comes
  • Army
  • Bloedel
  • Marble
  • Intuition
  • Fear no more

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Lonelady

Photos © 2010 Simon Degossely

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