CRYSTAL CASTLES au Botanique : clash ou trash ?

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Soirée à la limite de notre cible ce samedi 24 avril puisque le Botanique avait mis les petits plats dans les grands en réussissant à booker les extravagants Crystal Castles tout en prévoyant une after party orchestrée par Polé Polé. La fête aurait donc été parfaite si le nuage de cendres de ce fameux volcan islandais n’avait pas eu raison de la dernière partie de la soirée… Cela dit, le duo canadien était quant à lui bien présent et leurs fans aussi. Des fans à leur image, c’est-à-dire un peu extrêmes. Dans l’accoutrement, les accessoires cutanés (tatouages, piercings), voire même pour certains le physique… Ces derniers allaient tout de même devoir patienter un peu avant de jumper sur les beats de leurs idoles, puisqu’en première partie se produisait Team Ghost, un groupe parisien formé par Nicolas Fromageau, l’ancien complice d’Anthony Gonzalez au sein des excellents M83. Son projet actuel brasse toutefois une plus large palette d’influences, comme le démontre le premier titre qu’ils vont jouer ce soir. D’abord calme et envoûtant, il va déboucher sur un final post rock particulièrement enlevé mais pas sombre pour un sou.

Le leader porte un t-shirt mentionnant le terme “shoegazer” et cela prend de temps en temps un sens, mais pas strictement, vu qu’ici on voit distinctement son visage et qu’il est clairement pris dans son trip. Les compositions travaillées et construites empruntent des chemins qui mènent dans des contrées parfois pop rock intelligentes (Placebo, Phoenix) voire rêveuses (les morceaux plus calmes font penser à du Mud Flow en pleine forme, surtout que la voix n’est pas très éloignée de celle de Vincent Liben). C’est toutefois lorsqu’ils se lâchent qu’ils sont les plus convaincants, surtout que le son est réglé à la perfection. Leur premier EP, “You Never Did Anything Wrong To Me”, vient de sortir et il est à conseiller.

Le deuxième album de Crystal Castles, quant à lui, devait sortir au mois de juin prochain mais une fuite inopinée sur la toile les a décidés à avancer sa sortie physique au 24 mai alors qu’il est déjà disponible en version digitale. Les rares chanceux à avoir pu y jeter une oreille ont dès lors pu apprécier un peu plus que les autres le set de ce soir, vu qu’il s’est principalement articulé autour de cette nouvelle plaque.

En effet, l’ambiance et l’électricité sont montées d’un cran, alors que les roadies s’affairaient à régler les derniers détails. Toutefois, à part une batterie, un immense monticule de synthés et de séquencers en tout genre et une demi-douzaine de pylônes, il n’y a rien de bien particulier sur la scène. Du côté matériel en tout cas. Car d’un point de vue humain, ils valent le détour. A gauche, le moine des claviers, Ethan Kath va s’affairer à envoyer la sauce tandis qu’à ses côtés, la sauvageonne Alice Glass, genre de poupée russe maquillée à outrance, sosie de Karen O (Yeah Yeah Yeahs), va s’appliquer à assurer le spectacle visuel, alors qu’un batteur de tournée rajoute des sons live à un ensemble franchement électronique.

Cela dit, lors du début du set, on ne verra pas grand-chose vu qu’Alice Glass va passer le premier morceau une lampe stroboscopique à la main, provoquant des ombres mais surtout des risques élevés de crises d’épilepsie. Lorsque les lumières deviendront plus “saines”, elles se feront suffisamment tamisées que pour entretenir une sensation de mysticisme. Musicalement, la chanteuse n’apporte absolument rien vu qu’à de rares exceptions près, elle passe son temps à hurler dans son micro (on soupçonne même des parties en playback lorsque sa voix est trafiquée). Celui qui fait tout le boulot (ou qui a fait, vu que l’on doute quand même que tout soit réalisé en direct), c’est Ethan Kath. Mais dans ce cas, quel est l’intérêt d’un set live? Un DJ set agrémenté de projections sélectionnées n’aurait-il pas eu le même effet?

La réponse est oui et non. Oui car des titres comme “Courtship Dating”, “Crimewave”, leur classique “Alice Practice” et même certains du nouvel album tiennent sans problème la route tout seuls. Non car le grain de folie d’Alice Glass vaut malgré tout le déplacement. Entre ses visites sur le kit du batteur (qu’elle détruira au troisième titre, laissant le pauvre musicien dans l’embarras), des sprints sur scène micro à la main ou des stage divings réguliers (avec la complicité des molosses de la sécurité), on ne s’ennuie pas. Et puis, les effets lumineux simples mais judicieusement élaborés permettent de faire vivre leur set, qui stoppera net après un peu moins d’une heure.

Le sentiment final apparaît donc comme mitigé. Dans le même ordre d’idée, on préfère nettement les prestations live de LCD Soundsystem ou de !!! qui arrivent vraiment à faire passer un truc en live sans virer dans l’exubérance à outrance. Mais pour l’ambiance, ils n’ont pas failli, le public se déhanchant sur base permanente. Même l’ingénieur du son sera contaminé, lui qui jumpait tout seul derrière sa table de mixage… Nous, on repartira un peu plus perplexe…

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