BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB détruit tout sur son passage aux Nuits du Bota

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C’est fou comme cette année, avec le temps magnifique qui est le nôtre, on a l’impression que les Nuits du Botanique se déroulent toujours en septembre. Une petite laine s’avère en effet indispensable pour assister aux concerts qui se déroulent sous le Chapiteau. Bien que ce vendredi 14 mai, l’affiche proposée s’apprêtait à enflammer le bon millier de personnes qui s’étaient déplacées pour Black Rebel Motorcycle Club. Comme le veut la tradition, trois groupes étaient mandatés pour préparer le terrain avant la tête d’affiche. Ce sont les montois de Driving Dead Girl, quatuor rock ‘n’ roll jusqu’au bout des ongles, qui avaient la tâche d’ouvrir la scène.

Leur blues rock à la puissance décuplée et à l’énergie débordante aura encore bien fonctionné, surtout que le son était réglé à la perfection. Emmenés par un chanteur à la physionomie de Benoît Poelvoorde, un guitariste qui a la banane et un bassiste que l’on confondrait avec Kirk Hammett de Metallica, ils foncent tête baissée dans leur univers pas si balisé que cela finalement, au vu de la structure parfois un peu particulière de leurs compositions. Néanmoins, ils ont assuré et n’ont pas fait figure de parent pauvre par rapport à la concurrence de la soirée.

Car concurrence acharnée il y avait, notamment avec Wintersleep, un groupe qui avait assuré l’avant-première partie d’Editors à Forest National en novembre dernier. Et avec le recul, on regrette d’être arrivé en retard à l’époque (à notre décharge, ils avaient déjà quitté la scène à 20h…). En effet, leur style musical se confond parfaitement avec la noirceur déprimante du groupe de Tom Smith.

Ils vont littéralement nous envoûter avec le set le plus sombre du jour, largement dû à des compositions méticuleusement travaillées. On pense aux Maccabees avec un chanteur à la voix particulièrement nasillarde quelque part entre Bob Dylan et Joe Jackson. Ils ne respirent clairement pas la joie de vivre, mais ces canadiens risquent de finalement percer en Europe grâce à leur quatrième album, “New Inheritors”. C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

La soirée s’est poursuivie dans l’étrange et le planant avec Zaza, des New Yorkais qui vont réussir à hypnotiser le Chapiteau grâce à des ambiances au demeurant très noires sur un son noisy. Ils sont clairement influencés par la dark wave des années 80 (la batterie électronique y est pour quelque chose) alors que le chanteur a le timbre de voix d’un Peter Gabriel et que la basse sculpte un son aussi prenant que mystérieux. Encore un groupe à suivre de près vu que pour le moment, ils n’ont qu’un EP à leur actif (“Cameo”). L’album devrait arriver bientôt pour conforter notre impression.

22h30 et voici qu’arrive la tête d’affiche de la soirée (à ce propos, félicitations à l’organisation pour des horaires respectés à la minute près). Cela fait presque deux ans que l’on attendait un concert des corbeaux de Black Rebel Motorcycle Club (c’était à l’AB en juin 2008 et le baptême du feu de la batteuse Leah Shapiro). Ils ont sorti récemment un cinquième album, “Beat The Devil’s Tattoo”, sans doute un peu moins accessible que les précédents (un peu trop country noisy, peut-être), mais on sait tous que c’est sur scène que le trio New Yorkais donne la pleine mesure de sa puissance.


Car c’est bien de puissance qu’il s’agit. Le volume est en général poussé dans le rouge mais le son limpide et précis qui s’échappe de leurs amplis fait en sorte que cela ne dérange pas (bon, pour les acouphènes le lendemain, c’est une autre histoire, évidemment…). C’est avec deux extraits de la nouvelle plaque qu’ils vont entamer les débats et déjà placer la barre très haut: “War Machine” et surtout l’excellent “Mama Taught Me Better”. Et lorsqu’ils enchaînent avec “Red Eyes And Tears”, on est déjà à la limite de l’extase. Cela dit, peu importe le morceau, ils arrivent à le transcender lors de l’interprétation scénique en le rendant plus prenant que celui qu’ils viennent de terminer. Sans compter que les voix complémentaires de Peter Hayes et de Robert Levon Been font autant d’effet que leurs grattes respectives. On a tendance à l’oublier, mais ils ne sont que trois sur scène…

Les nouveaux titres ne dépareillent pas et on se rend compte que “Bad Blood” ou “Beat The Devil’s Tattoo” rivalisent sans peine avec les classiques shoegazing que sont “Love Burns”, “Berlin” ou “Weapon Of Choice”, alors que le puissant “Whatever Happened To My Rock ‘n’ Roll (Punk Song)” va nous rappeler la raison pour laquelle on était déjà à l’AB Club en mars 2002.


Une autre particularité du groupe est que de temps à autre, ils font ressortir leurs racines bluegrass et country, comme sur l’album “Howl” (2005), où ils avaient pris tout le monde à contre-pied. Ainsi, “Ain’t No Easy Way” et “Shuffle Your Feet” nous transportent dans des champs de coton gérés pas des caïds aux blousons noirs. Dans le même ordre d’idée, “Aya” apparaît en concert comme une pépite du blues rock (à la sauce Black Rebel bien entendu), tandis que “Half State” accentue la face psychédélique du trio.

La fin de leur set sera tout bonnement fantastique et les décibels vont encore prendre de l’ampleur sur “Conscience Killer, “Six Barrel Shotgun” et le plus ancien “Spread Your Love”. Généreux comme à leur bonne habitude, ils reviendront pour deux titres supplémentaires, les excellents “Stop” et “Shadow’s Keeper”, qui mettront un terme à deux heures de concert d’une grande intensité. Au risque de se répéter, l’adage est toujours d’actualité: Black Rebel Motorcycle Club est un groupe qui ne déçoit jamais en live, peu importe l’endroit…

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Black Rebel Motorcycle Club


Wintersleep
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Driving Dead Girl

Photos © 2010 Olivier Bourgi

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