MY OWN PRIVATE ALASKA à Lille : deux concerts sinon rien

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C’est en effet grâce à quelques messages échangés avec Milka que j’ai appris que le groupe donnait un showcase à la Fnac de Valenciennes en fin d’après-midi. Changement de plans et direction cette sympathique bourgade du Nord pour assister à un mini concert “acoustique” de mon groupe favori. L’exercice est périlleux, ils ne l’ont jamais tenté. Milka pose sa voix tout doucement, tandis que Yohan n’effleure ses caisses et ses cymbales que du bout des doigts et que Tristan règle le volume de son piano à un niveau incroyablement bas. L’exercice semble a priori surréaliste, mais au fil des quatre titres interprétés, aux quelques fans venus écouter le concert, s’ajoutent de nombreux badauds qui, passant par là, se retrouvent hypnotisés par le son de MOPA. “Die For Me”, “Broken Army”, “My Girl” sont joués en toute simplicité. Seule “Just Like You And Me” se voit rehaussée de quelques effets très subtils. Contrairement à ce qui se passe en concert, les titres sont annoncés un par un par un Milka particulièrement souriant. Autre fait inhabituel, Milka ne reste pas assis pendant le concert, mais se lève et se déplace sur la minuscule estrade.

Le showcase à peine terminé, alors que Yohan et Tristan se prêtent au jeu de la première salve d’interviews de la journée, Milka, en bon Toulousain, se précipite et m’entraîne dans le seul bistrot du coin qui diffuse la finale de la coupe d’Europe de rugby. C’est que Toulouse joue ce soir, il n’est pas question de rater ça (NDR : et Toulouse a gagné, je vous laisse imaginer la joie du gaillard).

C’est pas tout ça, mais il y a un concert, ce soir, à l’Aéronef, il est temps de s’y rendre, après ce moment de franche complicité. Le temps d’y arriver, Magyar Posse a déjà entamé son set.

Contrairement à ce que son patronyme pourrait laisser croire, ce groupe n’est pas hongrois, mais finlandais. Et on sent à leur attitude scénique que ces gaillards viennent du grand nord. Ils dégagent aussi peu de chaleur que les étendues neigeuses qui recouvrent leurs terres. Leur musique est à la croisée d’Ennio Morricone et des atmosphères de Jean-Pierre Melville et du post rock par moment progressiste. Une ambiance musicale qui prépare bien à pénétrer l’univers de MOPA, tant certaines fins de titres sont hypnotiques. Les compositions sont instrumentales, à l’exception d’un titre, hurlé par la moitié du groupe. Les Finlandais récoltent un joli succès de la part du public déjà présent bien nombreux.

Sitôt le matériel de Magyar Posse rangé, les MOPA installent le leur au milieu de tableaux peints par Yohan, et qui ont servi de décor scénique tout au long de la tournée. Alors que Tristan, fan de foot, espérait pouvoir regarder la finale de la Champion’s League, il installe cependant son piano pour pouvoir commencer à l’heure dite. Cette fois, l’ambiance des concerts de MOPA est respectée : Tristan s’installe au micro et nous récite la setlist du soir. Mais il ne s’en tient pas à cette seule énumération, il remercie le public, les techniciens et soliloque sur la tournée qui s’achève ce soir.


Milka avait promis à Valenciennes que le concert de ce soir serait plus “Rock ‘n Roll” (je cite), et de fait, dès les premières notes de “Amen”, le ton est donné, l’univers de MOPA est bien présent ce soir sur scène. Milka nous régale une fois de plus par l’étendue du registre de sa voix, par la puissance de ses hurlements, Yohan frappe ses caisses comme si sa vie en dépendait, mais peut effleurer ses cymbales quand l’ambiance se fait plus feutrée, et Tristan, fidèle à lui-même entre véritablement en transe lorsqu’il interprète ses partitions. Au terme du premier morceau, on l’entend, des premiers rangs, tenter de reprendre son souffle. Impressionnant ! Un moment est d’ailleurs nécessaire au groupe après chaque titre, pour reprendre ses esprits. Pour rappel, on ne sort pas indemne d’un morceau de My Own Private Alaska. Ce soir encore, Milka se lève, se déplace, semble dialoguer avec les musiciens tout en récitant ou hurlant ses textes. Il me confiera au terme du concert qu’il a pris cette habitude, par hasard, en Slovénie alors qu’il voulait écarter un tableau qui masquait la batterie. Non content d’avoir explosé le tableau, il a pris goût à ces moments debout. Exit, partiellement donc, le concept des “3 Sitting Guys”, mais comme à chaque fois que j’ai la chance de voir MOPA jouer, une évolution se fait sentir. Ces garçons ne se reposent décidément pas sur les lauriers déjà engrangés, mais se remettent continuellement en question, une bien belle attitude artistique !


Le set se termine comme à chaque fois par “I Am An Island”, la profession de foi du groupe. Yohan le conclut en explosant sa batterie sous les regards de Milka et Tristan. En moins d’une heure, ils nous ont à nouveau broyés, ont de nouveau remis en question notre rapport à la musique, bref nous ont encore mis une sacrée claque. Merci les garçons…

Le concert à peine terminé, c’est avec une gentillesse et une disponibilité sans faille que le groupe se prête au jeu des dédicaces. Le dialogue instauré avec chaque personne demandant un autographe est sincère, les trois garçons aiment leur public, ce dernier le lui rend à merveille.

Ne traînez tout de même pas trop, les garçons, on a encore une interview à faire, l’horaire ayant été bousculé par celui de la Coupe d’Europe de rugby.

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Magyar Posse

Photos © 2010 Bernard Hulet

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