IQ commémore son album « The Wake » 25 ans après sa sortie

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IQ jouait donc pour la première fois dans son entièreté depuis sa sortie, il y a 25 ans, son album « The Wake ». J’ai découvert IQ en 2000 avec le fantastique « Subterranea », mais jamais je n’avais eu l’occasion de les voir live. C’est donc avec curiosité que j’ai gagné le Spirit of 66 qui s’avéra être plein de monde, sans être toutefois bondé. La scène est relativement dégagée et 3 écrans moyens sont suspendus au fond de la scène. A 21h30 apparaît le groupe qui entame son set avec le fabuleux «
Frequency
»
, qui a donné son titre au dernier album d’IQ. Le son est bon, comme à l’accoutumée au Spirit, les musiciens semblent heureux d’être sur scène et sont tout sourire, particulièrement le guitariste Mike Holmes et le bassiste John Jowitt. Peter Nicholls salue Verviers et on se retrouve assez vite pris par la musique majestueuse et dynamique d’IQ, qui enchaîne coup sur coup « Sacred Sound » et « Red Dust Shadow », tous deux de «
Dark Matter
»
.

Les mélodies sont un des ingrédients majeurs du répertoire d’IQ et il est simplement impossible de ne pas se laisser prendre par elles, d’autant qu’elles sont soutenues par une rythmique sans défaut, à la fois énergique et subtile, puissante quand il le faut. Les lignes de basse de Jowitt sont un pur régal, et le batteur Paul Cook alterne les jeux calmes et ceux plus hard, les deux compères communiquant par des sourires complices tout au long du set, tout comme le font Nicholls et Holmes de leur côté aussi. Suivent deux extraits d’« Ever », « qui semble très populaire en Belgique » dira Nicholls, dont le splendide « Leap of faith » suivi de « Came down ». Ensuite le fantastique « The Seventh house », réalisé il y a 10 ans déjà, dont le thème s’articule autour de l’absurdité de la guerre, et qui est rendu ici avec inspiration.


Peter Nicholls fait preuve d’une certaine présence sur scène, introduisant certains morceaux avec une courte introduction en français, comme aimait à le faire Peter Gabriel lorsqu’il officiait dans Genesis. Mais Nicholls n’est pas Gabriel et si présence il y a de sa part, il est encore loin d’égaler en jeu de scène et théâtralisation la mise en scène du Genesis des early ’70. Pourtant, IQ occupe l’espace sur scène et s’impose sans efforts comme un groupe prog ayant le sens du contact avec le public, sans excès, mais avec sincérité et maturité, un peu comme Overhead mais avec l’autorité de l’expérience en plus. De son côté, Marc Westworth remplace avec bonheur et virtuosité le claviériste fondateur Martin Orford, parti pour une carrière solo en 2007 et on ne peut s’empêcher de faire par moments un parallèle entre le jeu de Mike Holmes et celui de Steve Hackett, qui fondent littéralement leurs parties de guitare dans les compositions, sans démonstration gratuite mais avec énormément de feeling et de maîtrise.

IQ entame alors « The Wake » dans son intégralité, en suivant fidèlement l’ordre des morceaux tel qu’il apparaît sur l’album. Alors que le son sur le disque original date quelque peu aujourd’hui, l’interprétation sur scène avec un son actuel rend pleinement justice à l’œuvre et lui insuffle une nouvelle dynamique bienvenue. Bonne nouvelle, IQ va sortir d’ici peu une édition remastérisée de « The Wake » en double CD, l’occasion de redécouvrir cette œuvre avec une production actualisée, une autre Deluxe composée de 3 CD et 1 DVD reprenant des versions live de 1984 étant aussi disponible. Le titre « The Wake » n’a pas pris une ride, « The magic roundabout » est toujours aussi grandiose et l’intro de « Corners » cousine avec le Genesis post Gabriel. Le groupe se retire après « Headlong » qui clôture ainsi « The Wake ».

Deux rappels seront encore joués par IQ, reprenant entre autres « Failsafe » et « Speak my name » de « Subterranea » ainsi que « The darkest hour » figurant sur l’album « Ever ». IQ termine son set après plus de deux heures d’un excellent concert, joué par des musiciens qui s’amusent visiblement sur scène, au contact facile avec le public, qui le leur rend bien. Une ultime mention « Bonne nuit » apparaît sur les écrans derrière IQ, une dernière façon élégante, après leur salut final, de prendre congé pour le groupe de ses fans belges, allemands, hollandais et français qui s’étaient déplacés jusqu’à Verviers.

Photo © 2010 Eric Piettre

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