Au CBGS’s avec My Own Private Alaska

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Un peu racoleur comme titre ? Peut-être, mais c’est la première chose qui a sauté aux yeux de ma moitié quand nous sommes entrés dans De Rots, une salle d’Anvers où nous n’avions jamais mis les pieds : la salle est agencée comme le CBGB, comme lui, elle est située en plein cœur de la ville (les concerts doivent d’ailleurs être terminés pour 22h tapantes). Repartis en tournée un peu « à l’arrache », les trois Toulousains de MOPA y jouaient sur leur route de retour de Londres. De l’aveu même de Tristan (piano), la promo a été un peu bâclée, c’est devant à peine 50 personnes que mon trio favori se produisait ce soir, et je ne suis pas certain que tous avaient fait le déplacement pour MOPA, la salle semblait accueillir pas mal d’habitués du lieu, venus à la découverte d’un groupe un peu au hasard.


Les garçons installent leurs instruments, Milka (chant) expose en guise de décor de scène des tableaux peints par Yohan (batterie), le concert peut débuter. C’est devant une assemblée plus que clairsemée et inattentive que Tristan annonce ce que nous allons avoir le plaisir d’entendre ce soir. La quasi-absence de réaction du public a un effet inattendu sur le groupe : n’ayant rien à perdre, et malgré quelques problèmes de son, MOPA a livré un concert d’anthologie ce soir. Un condensé de pure énergie, d’émotion, de complicité entre les membres du combo. Je ne me souviens pas avoir vu un concert de ces gaillards aussi intense, aussi punk, pour reprendre les mots de Milka au terme du set. Yohan a de nouveau tapé comme un fou, Tristan s’est éclaté les doigts à force de taper sur les touches de son piano, et Milka a hurlé comme si sa vie en dépendait. Une prestation qui prend aux tripes, fidèle à l’esprit MOPA.

Si lors des premiers titres (“Amen”, “Anchorage”), l’attention de l’audience est plus que moyenne, au fil des titres joués, et dès la fin de “After You”, le silence s’impose peu à peu entre les chansons. Comme pour attirer l’attention des spectateurs, Milka communique, remercie, sourit. Au fil du concert, les « sitting guys » restent de moins en moins assis, prennent un plaisir évident à se produire ce soir, et l’ambiance atteint son paroxysme sur le final, classiquement “I Am An Island”, terminée de façon totalement hallucinante (Milka arrive durant le final à placer quelques paroles du générique de La croisière s’amuse…).

En 45 minutes, je me suis pris une nouvelle claque, et par un groupe déjà vu plusieurs fois, ce n’est pas rien. Mon métalleux de service, s’accordant quelques vacances, a encore une fois raté un concert de mon groupe favori, j’en suis bien affligé pour lui, la prestation de ce soir était tout bonnement exceptionnelle. L’ingé son du groupe était parfaitement d’accord avec cette analyse à la fin du set. Un son certes imparfait, mais une énergie qui a déboulé sur le public comme un rouleau compresseur.

Après quelques dates aux States (la tournée qu’ils avaient prévue a malheureusement été amputée de plusieurs dates), il est probable que MOPA reprenne la route, et repasse par la Belgique. Avec une bonne promo, cette fois, nul doute qu’ils feront salle comble, et il se peut même que de nouveaux titres soient présentés, mais là, je m’aventure en terre inconnue, comme la cinquantaine de personnes qui ont découvert l’univers MOPA ce soir. Tant pour le lieu que pour la qualité de la prestation, De Rots était l’endroit où il fallait être ce soir.

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Photos © 2010 Bernard Hulet

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