Francis ROSSI au Trix, un Status Quo en solo

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Ce 14 septembre, Francis Rossi était au Trix à Anvers. Indéboulonnable guitariste, compositeur et maître à penser de Status Quo depuis plus de 40 ans, le grand Francis Rossi n’a plus besoin d’être présenté. L’homme a fait toute sa carrière chez les légendaires rois du boogie et fait partie intégrante de l’histoire du rock. Ce qu’on savait moins c’est que Monsieur Rossi caressait depuis bien longtemps le projet d’écrire des chansons rien que pour lui et qu’il les jouerait avec un groupe rien que pour lui. Cette année, c’est chose faite, Francis Rossi a sauté le pas et s’est fendu de son premier album solo, One step at a time.
Le petit monde des fans de Status Quo est en effervescence puisqu’ils vont voir Francis Rossi pour la première fois avec d’autres musiciens que les fameux Rick Parfitt et Andy Bown, pour ne citer que les plus anciens membres de Status Quo. Cette initiative de Francis Rossi mérite d’être soulignée car un monstre sacré du rock anglais dont les affaires tournent toutes seules n’avait aucune raison de se remettre en cause en repartant de rien avec un nouveau groupe et en écumant les petits clubs comme au temps de ses débuts. C’est pourtant ce défi que Francis Rossi se pose à lui-même et c’est tout à fait louable.

Le passage de Francis Rossi et de ses hommes au Trix d’Anvers est évidemment l’occasion de faire le chemin pour aller constater de visu comment se présentent les choses pour ce jeune homme de 62 ans qui se met enfin à son compte. C’est une route particulièrement calme qui s’offre à mon automobile en ce début de soirée. L’autoroute d’Anvers, habituellement pleine à craquer à cette heure de la journée, est quasi-vide, ce qui me fait faire le chemin en juste 40 minutes, un record. Devant le petit club du Trix, qui jouxte la salle de l’Hof Ter Lo, je retrouve mon ami Philippe, le plus grand fan européen de Status Quo, que l’on retrouve toujours dans l’ombre du groupe dès que celui-ci tourne à moins de 500 kilomètres de Bruxelles (parfois 1000, si le temps le permet).

Après l’ouverture des portes et l’installation devant la scène, le public (qui doit s’élever à tout au plus 120 personnes) voit arriver le groupe de première partie, The North, une formation animée par une certaine Mademoiselle Bernadette Rossi, qui n’est autre que la fille de Monsieur Francis. Cette tournée du groupe de Francis Rossi prend effectivement des allures familiales et l’on constate que la jolie Pamela a hérité du talent de son père. Avec deux guitaristes, un bassiste et un batteur, elle fournit au public un petit rock tranquille, dans une veine americana à la Sheryl Crow, Texas ou Amy McDonald. Le terrain est bien balisé : couplets, refrains, solos sont bien installés selon la norme et garantis sans dérive expérimentale avant-gardiste et néo-progressive. Le guitariste soliste, inébranlable sous sa grosse casquette grise, concocte des solos efficaces dont certains font penser à Robin Trower (“Killer”). Bernadette Rossi danse comme si elle jouait à la marelle et le guitariste rythmique cherche sa set list à la fin du concert, mais c’est moi qui l’ai déjà en poche. Bon sang ne saurait mentir, Bernadette Rossi rend hommage à son père avec une reprise du “In my chair” de Status Quo.

A 21h30 tapantes, on enchaîne sur le groupe de Francis Rossi. L’homme arrive en terrain conquis, manteau noir sur le dos et chemise blanche, la queue de cheval ayant disparu sous les ciseaux du coiffeur. A ses côtés, on est encore en famille puisque la guitare solo est assurée par le fils de John Edwards, bassiste de Status Quo, et la guitare rythmique par Nicholas Rossi, encore un des huit enfants de Monsieur Rossi. Signalons également la présence de Paul Hirsh derrière les claviers, qui avait remplacé momentanément Andy Bown chez Status Quo en 2001, pour assurer les tournées.

Francis Rossi arrive alerte, gai comme un pinson et lance d’office une version shuffle de “Caroline”. Décidément, on ne se démarque pas si facilement de Status Quo puisque le groupe a toujours commencé ses shows avec “Caroline”, sauf quand ce célébrissime hit de 1973 n’avait pas encore été écrit. L’intérêt fondamental de la prestation de ce soir est la découverte de titres discrets de Status Quo qui n’ont quasiment jamais été joués en live et que Francis Rossi a jugé bon de déterrer pour en faire profiter son public. C’est la bonne affaire de ce soir puisque nous allons avoir des extraits des trop vite oubliés “Rock ’till you drop” (1991) “Under the influence” (1999) ou “Back to back” (1983). Le dernier album studio en date de Status Quo, In search of the fourth chord, est également bien représenté avec trois chansons. Les chansons de l’album solo de Francis Rossi révèlent des compositions encore marquées par le boogie, mais plus pop que celles écrites pour Status Quo. On sent aussi un feeling plus boogie et jazzy dans les interprétations des chansons de Status Quo, ce soir, sans doute du fait de l’absence de Rick Parfitt, qui a toujours une attaque très rock dans son jeu de guitare.

Nous sommes peu ce soir mais nous profitons pleinement d’un Francis Rossi tout content d’être là, sautillant sur sa guitare lorsqu’il s’engage dans des solos endiablés au son du boogie assuré par ses camarades. Deux choristes sont également présentes, ce qui n’est pas pour gâcher le paysage. Lorsque Paul Hirsh sort de son hébétude derrière ses claviers pour prendre en guitare, on se retrouve avec quatre six-cordes en action. Freddie Edwards, costaud blondinet au visage de gosse, torture sa guitare et croise le fer avec Francis Rossi tandis que Nicholas Rossi alimente le débat en rythmiques savamment électrifiées. Le show est mené à bien en 90 minutes chrono, avec un rappel qui met tout le monde d’accord : le légendaire “Don’t waste my time”. Cette cure de bonne humeur remet tout le monde d’aplomb et fait comprendre que Francis Rossi a encore des cordes pour son arc. Ce diable d’homme est décidément hyperactif puisque sitôt sa tournée terminée, on le retrouvera avec Status Quo pour la rituelle tournée de fin d’année, qui se terminera comme de coutume à Londres au moment de Noël.

Set list : Caroline (shuffle version) / Claudie / All we really gonna do / You’ll come round / Crazy for you / Old time rock ‘n’ roll / Strike like lightning / Tallulah’s waiting / Tongue tied / Blessed are the meek / My little heartbreaker / Electric arena / One step at a time / Marguerita time / Rolling down the road / Diggin’ Burt Bacharah / Sleeping on the job / Twenty wild horses / Can’t give you more / Don’t waste my time (rappel)

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