UFO surprend le Spirit of 66 et perturbe de fond en comble sa setlist…

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N’ayant pu me rendre au concert de UFO au Coliseum le 1er mai dernier, j’ai évidemment saisi l’opportunité de les voir au Spirit, salle réputée qui procure à chaque fois et comme chacun le sait, proximité, convivialité et un son toujours excellent. Le fait que les musiciens qui s’y produisent veulent y revenir presque systématiquement est le meilleur gage de qualité qu’on puisse imaginer à ce niveau. Ce jeudi 21 octobre à 20h30, UFO prend possession de la scène d’un Spirit bondé, dans la même formule que celle décrite par Michel Serry dans sa chronique du concert au Coliseum (voir
notre compte-rendu
). Inutile de répéter les commentaires de Michel sur la présence scénique de UFO, rien n’a changé depuis le 1er mai : en effet, les deux jeunes que sont Vinnie Moore (46 ans tout de même) et Barry Sparks (42 ans…) donnent à la mobilité scénique d’UFO ses lettres de noblesse, tandis que les plus anciens Andy Parker (58 étés…), Paul Raymond (65 printemps verts… il en paraît 10 de moins) et Phil Mogg (62 automnes) s’en sortent pas mal du tout, tout en arpentant moins les planches du Spirit que leurs cadets. Excepté le confort acoustique et convivial du Spirit (et c’est loin d’être négligeable), le show de UFO semblait parti pour être plus ou moins semblable à celui de Charleroi.


Sauf que Phil Mogg était souffrant et qu’il ne pouvait plus assurer vocalement. Début de show ok, son impeccable, les 3 ou 4 premiers titres passent bien, même si l’on sent la voix de Mogg décliner et le chanteur de s’en expliquer avec humour au public. Après une demi-heure de concert, UFO attaque déjà « Rock Bottom, habituellement en fin de concert, et ce pour permettre à Mogg de se reposer vocalement, avec pour conséquence un solo nettement plus long de Moore, mais simplement magistral, un véritable régal pour les amateurs de guitare.

Retour du chanteur après ce « Rock Bottom » de plus d’un quart d’heure et UFO attaque dans la foulée « Doctor doctor ». On se dit alors que le set sera très court et on se rend compte que Mogg ré-agence tout le set en fonction d’une possible (très) prochaine extinction de voix. Heureusement, Mogg tiendra plus longtemps et demandera d’ailleurs entre chaque titre à ses musiciens et au public quel pourrait être le morceau suivant, en requérant tout de même des titres « killers ». C’est ainsi que des morceaux tels que « Try me », « Cherry », « Hot’n ready » passeront à la trappe, mais nous aurons tout de même droit à « Too hot too handle », un extended mais torride « Lights out », shoot shoot » et même à un rappel incluant « Only you can rock me », certains de ces titres avec l’aide de Barry Sparks au chant qui doublait solidement et secondait/soutenait ainsi avec talent un Mogg de plus en plus aphone, mais voulant visiblement rester présent jusqu’à l’impossible et donner ainsi un maximum de plaisir à son audience, avec une bonne dose d’humour british.

Et tout cela dans une bonne humeur et avec un plaisir évident de jouer sur scène de la part de chacun des musiciens. Andy Parker y met toujours autant d’énergie qu’à ses débuts, Paul Raymond arbore son look hardo-glam et sa coupe de cheveux impeccablement coiffée et sans l’ombre d’un cheveu blanc (il a été coiffeur avant d’être musicien, et donc est resté… disons coquet) mais assure avec autorité entre claviers et guitare rythmique, Barry Sparks est tellement heureux de jouer qu’il en contamine certainement le public, le virtuose Vinnie Moore favorise le contact en s’adressant aux spectateurs tout en jouant et leur serrant les mains entre deux morceaux et Phil Mogg affiche cet air décalé dont certaines expressions en rappellent d’autres de feu François Mitterrand – et ça m’a pris un bon moment pendant le concert pour trouver enfin avec qui il partageait cette similitude faciétale, mais la parenté fonctionnelle n’apparaît en effet pas immédiatement…).


Malgré le déficit vocal de Mogg, UFO a donné un excellent concert, en perturbant certes sa setlist mais en réagissant avec humour et en s’adaptant à la situation pour ne pas décevoir, ou le moins possible, son public. Un tel respect du public est à l’honneur de Mogg et de sa bande.
Ayant vu à plusieurs reprises UFO, la première fois à Linkebeek circa 1974 au moment de la sortie de « Phenomenon », avec 2 guitaristes, en l’occurrence Michael Schenker et Paul Chapman, au festival de Reading en 1975, un peu partout en Belgique ensuite, je retiens la prestation de ce jeudi 21 octobre 2010 au Spirit comme étant une des meilleures que j’ai pu voir du groupe, qui affiche aujourd’hui une excellente forme, eu égard à leur ancienneté.

Bref, un concert unique, qui ne se répétera sans doute jamais, comme me le dira Paul Raymond plus tard dans la soirée, avec sourire et disponibilité, en remerciant encore les spectateurs encore présents d’être venu.

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UFO

Photos © 2010 Eric Piettre

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