La bonne humeur contagieuse des MAGIC NUMBERS

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Vingt-quatre heures après les Charlatans, retour à l’Orangerie du Botanique pour un autre concert, mais au style complètement différent. Moins rock ‘n’ roll et plus flower power, les Magic Numbers n’en demeurent pas moins un groupe attachant. Leur troisième album, “The Runaway”, est sorti au début de l’été et ils venaient le défendre devant le public belge ce mercredi 27 octobre. On verra que cette soirée sera placée sous le signe de la générosité. Première surprise, c’est l’ajout d’une pré-première partie. En effet, le parfait inconnu Danny The Champ (le leader de Danny & The Champions Of The World) montera sur scène peu avant 20 heures pour une poignée de titres dépouillés, armé de sa simple guitare acoustique et d’une voix nasillarde oscillant entre Bob Dylan et Tom McRae. Se dégageant difficilement un espace entre le matériel des deux autres groupes et bravant un son plus ou moins approximatif, le bonhomme (qui fêtait son anniversaire) tirera néanmoins son épingle du jeu, surtout lors du dernier titre qui le verra emprunter une structure moins folk et moins conventionnelle. On lui souhaite une évolution à la Villagers

Duke Special avait déjà joué dans cette salle en ouverture d’un autre groupe. C’était The Divine Comedy en 2006. À l’époque, Peter Wilson était accompagné d’un batteur mais ce soir, il est tout seul derrière son piano ancestral. En tout cas, il ne passe pas inaperçu avec ses dreadlocks qui rendent hommage à Paul le Poulpe. Et son maquillage appuyé ne fait rien pour arranger les choses… Mais le tout fait partie du personnage et lorsque l’on entend sa voix claire et limpide (on pense à un Brian Molko expressif et moins maniéré), on est bien vite subjugué et son look passe clairement au second plan.

Inspiré par la littérature et le cinéma (il a notamment composé un titre en s’imprégnant d’un film muet des années 20), il adopte un profil où la théâtralité joue un rôle primordial. C’est en tout cas lorsqu’il reste fidèle à sa ligne de conduite que la sauce prend réellement (en d’autres termes, les balades molles à la Elton John passent au second plan). Par ailleurs, le public participera grandement à la réussite de sa prestation. Il faut dire qu’il ne ménagera pas sa peine en se faufilant à travers les spectateurs tout en leur tendant le micro. En final, une somptueuse version limite méconnaissable du “Love Will Tear Us Apart” de Joy Division achèvera de conquérir une assemblée qui se sera délectée de bout en bout.

Les Magic Numbers reviennent de loin. En effet, on pensait la double paire de frères et sœurs complètement finie après Those The Brokes, un insipide deuxième album sorti en 2006, qui succédait à leur rafraîchissant premier opus éponyme sorti l’année précédente. C’est dire si un hypothétique troisième album ne figurait pas dans notre wishlist. Pourtant, le morceau qu’ils avaient offert en téléchargement à l’époque (“Hurt So Good”) nous a fait revoir notre jugement et on a dès lors jeté une oreille attentive à “The Runaway”. Restait à voir le traitement qu’ils allaient lui réserver sur scène.

C’est justement l’excellente plage d’intro, “The Pulse”, qui va faire office de mise en jambes et confirmer notre bonne impression générale. “The Mule” et “Take A Chance” vont poursuivre un set entamé sous les meilleurs auspices. Les musiciens n’ont pas un physique de stars et ils le savent, mais ils compensent par une générosité et un capital sympathie qui fait plaisir à voir. Ils n’ont visiblement jamais été aussi épanouis et heureux d’être sur scène. La manière avenante avec laquelle Romeo Stodart conversera et blaguera avec le public ne laisse en effet planer aucun doute à ce sujet. Comme il se plaira à le répéter, cinq semaines de tournée, cela crée des liens et on en aura encore la confirmation plus tard dans la soirée.

Comme c’est souvent le cas dans ce genre de concert marathon, de très bons moments (“Forever Lost” dans une version speedée, “A Start With No Ending” avec une participation active du public, “Love Me Like You”) en côtoient d’autres nettement plus faibles (le triptyque “Restless River”, “I See You, You See Me” et “Try” nous a semblé particulièrement long et ennuyant). Heureusement, les voix des filles apportent un plus indéniable, même si on doit reconnaître que sur ce coup-là, la claviériste Angela Gannon surpasse de loin la bassiste Michele Stodart.

Cela dit, ils vont planifier quelques surprises qui vont non seulement garder le public en éveil mais également apporter une plus-value au concert. Comme sur cette composition dont le texte est uniquement constitué de noms de groupes. Et le pire, c’est que cela tient la route alors que des noms aussi improbables que Hell Is For Heroes ou Everything But The Girl se retrouvent aux côtés de The Cars ou des Yeah Yeah Yeahs. Une cover de Neil Young (“Harvest Moon”) avec le batteur Sean Gannon qui attrapera un harmonica sera aussi de très bonne facture.

Mais on ne sera pas à la fin de nos surprises car le premier titre du rappel allait voir des inconnus emmenés par un barbu en soutane blanche prendre possession des instruments et se lancer dans une version du “Born To Be Wild” de Steppenwolf. Le temps de comprendre ce qu’il se passait et on se rend compte qu’il s’agit tout simplement des roadies qui vont prendre leur pied l’espace de quelques minutes.

Le groupe reprendra sa place mais invitera tout le monde à rester sur scène et rappellera même les artistes des premières parties pour une sorte de jam session qui les verra reprendre “Dancing In The Dark” de Bruce Springsteen (apparemment un des titres les plus diffusés dans le bus de tournée) mais également souffler les bougies du gâteau d’anniversaire de Danny The Champ tout en débouchant le champagne. On aura également droit à des versions revues et corrigées des excellents “Mornings Eleven” et “This Is A Song” pour clôturer un set qui aura duré finalement près de 2h15. Mais même avec les quelques moments creux disséminés ça et là, on ne pouvait quitter le Botanique qu’avec un large sourire…

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