PAIN OF SALVATION secoue la Ferme du Biéreau

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Ce vendredi 29 octobre, l’organisation Federock présentait une soirée de rock progressif suédois avec un groupe culte de cette scène en headliner, Pain Of Salvation. Ils ont secoué la Ferme du Biéreau sans douleur, et pour le salut de toutes vibrations rock ! En première partie de cette soirée suédoise, Beardfish qui pratique un rock progressif d’excellente facture mais relativement conventionnel. Sur scène, Beardfish assure son rock avec présence, notamment le bassiste Robert Hansen aux mouvements assez personnels, presque dansants. Très bons musiciens, ils ont présenté des titres issus de leurs 2 derniers opus, « Sleeping in traffic, part two » (2008) et « Destined Solitaire » (2009). Des arrangements complexes mais exécutés avec passion et le chant solide de Richard Sjöblom tout autant que ses parties de claviers aux tons variés font de Beardfish un excellent groupe live, qui avait d’ailleurs été invité par Dream Theater pour la tournée Progressive Nation en 2009, c’est dire le potentiel que dégage le groupe sur scène. Hélas, Beardfish n’a pu y participer suite aux déboires financiers de son label InsideOut à cette époque. Sur 2 titres, Sjöblom a pris la guitare pour un jeu assez heavy, prenant les soli en alternance avec le guitariste David Zackrisson. Une première partie de qualité par un groupe qui vaut la peine d’être vu et revu.

Je ne connaissais pas bien Pain Of Salvation sinon d’excellente réputation, et parce que j’avais à l’époque écouté « Be », que j’avais pas mal apprécié, et aussi parce que je possède leur splendide « 12:5 », album dans lequel ils revisitent en acoustique et avec intelligence toute une série de leurs titres, en les réécrivant et en proposant donc une autre lecture/audition. Pain Of Salvation m’a tout simplement bluffé par sa prestation à la Ferme du Biéreau.

Une intro d’un chœur vocal chanté en suédois dans une pénombre bleutée précède l’entrée en matière de Pain Of Salvation, tout en puissance, avec « Of two beginnings ». Très vite, on est sous l’emprise du charismatique Daniel Gildenlow, qui chante divinement et s’adresse au public sans verser dans les poncifs éculés auxquels on a trop souvent droit. Le son est excellent et le groupe visite tous ses albums. « Ending theme » et « People passing by » installent la magie Pain Of Salvation, puisant dans ses ressources vocales étendues et dans la virtuosité de tous ses membres, sans jamais de démonstration gratuite. Johan Hallgren est un sacré guitariste doublé d’un bon chanteur, Per Schelander compense sans complexe la perte de Kristoffer Gildenlow même s’il n’atteint pas son niveau (cfr l’intro de « Passing by »), Leo Margarit joue dans la cour des grands et Fredrik Hermansson possède à la fois un look à la Jordan Rudess et son niveau. À ces qualités instrumentales s’ajoute la forte personnalité scénique du groupe, Gildenlow faisant preuve d’agilité physique tout au long du show.

« Linoleum » est puissant, tout comme « Ashes », plus en crescendo. « Road Salt », superbement rendu, confirme tout le talent vocal du leader de Pain Of Salvation, qui fait montre dans ce titre d’un feeling énorme, suivi par « Of dust » magique, à la coloration soul. « Kingdom of loss » impressionne et en impose, chanté par Gildenlow du haut d’une tribune. « Falling » est un hommage déclaré à Pink Floyd et son 1er mouvement de son « Shine on crazy diamond », et là, une fois de plus, Pain Of Salvation instaure un climat unique, qui renforce encore le pouvoir des compositions.

En rappel, une version personnelle du « Come together » des Beatles, chanté par Johan Hallgren avec Gildenlow à la batterie, suivie par une autre reprise, l’imparable « Nights in white satin » des Moody Blues, avec cette fois le batteur Leo Margarit au chant. Ces deux covers nous offrent des moments d’improvisation rares aujourd’hui dans les concerts mais tellement bienvenus en terme de spontanéité musicale, et nous montrent les capacités multi instrumentistes des membres de Pain Of Salvation.

Pain Of Salvation nous a gratifié d’un grand concert, confortant ainsi la place prédominante qu’il occupe dans le rock progressif aujourd’hui, n’ayant rien à envier à un Dream Theater ou à un Opeth, étant largement meilleur qu’eux sur le plan de la présence scénique par exemple. C’est simple, je n’ai plus pris une claque comme cela en progressif depuis des années, que dis-je des décades, probablement depuis les premiers concerts de Genesis avec Gabriel dans les early seventies. Un concert phénoménal, du tout grand prog-métal de premier plan.

Merci à Federock pour leur organisation exemplaire et la qualité des concerts qui nous sont proposés.

Liste des morceaux de Pain Of Salvation :

  1. Of two beginnings (« Remedy Lane »)
  2. Ending theme (« Remedy Lane »)
  3. People passing by (« Entropia »)
  4. Linoleum (« Road Salt »)
  5. Ashes (« The perfect element, part 1 »)
  6. Diffidentia (« Be »)
  7. Welcome to Entropia (« Entropia »)
  8. Winning a war (« Entropia »)
  9. No way (« Road Salt »)
  10. Road salt (« Road Salt »)
  11. Of dust (« Road Salt »)
  12. Kingdom of loss (« The perfect element, part 1 »)
  13. Falling (« The perfect element, part 1 »)
  14. The perfect element (« The perfect element, part 1 »)
  15. Come together (cover Beatles en rappel)
  16. Nights in white satin (cover Moody Blues en rappel)

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