Autumn FOALS au Bota

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Il est monnaie courante qu’un groupe encensé lors de la sortie de son premier album se voit démonté lorsqu’arrive son follow-up. À ce petit jeu, Foals a habilement tiré son épingle du jeu en proposant “Total Life Forever”, un deuxième album travaillé et beaucoup plus mature. Après un aperçu au Pukkelpop cet été, le quintette d’Oxford était de passage à l’Orangerie du Botanique ce samedi 27 novembre pour une première visite à Bruxelles.

The Invisible est le nom du groupe qui les supporte lors de cette tournée. Ce trio londonien emmené par Dave Okumu, un chanteur black imposant tant par sa carrure que par sa voix soul chaleureuse, constituait un choix évident et pas seulement au travers de l’amitié qui lie les deux groupes. En effet, les rythmes groovants et dansants auxquels se greffent des envolées parfois très rock constituent leur base de travail. Cela dit, des accords stridents à la guitare amènent une diversité tandis qu’une basse omniprésente enveloppe leur set au même titre qu’une batterie puissante dicte sa rythmique. Et que dire du dernier morceau, long, planant (limite progressif) et hypnotique qui résume en une dizaine de minutes les influences d’un groupe qu’il est urgent de découvrir.

Pour dire la vérité, les prestations de Foals lors de leur tournée des festivals en 2008 (Dour et Pukkelpop) ne nous avaient guère emballés, malgré le succès critique et commercial d’Antidotes, un premier album qui faisait suite à des singles d’excellente facture (parmi lesquels “Hummer” et “Mathletics” qui n’existent que dans ce format). C’est donc un peu perplexe que l’on s’est rendu au Botanique, avec malgré tout un espoir, celui d’assister à un show à la hauteur de “Total Life Forever”, un second opus qui a l’air de se bonifier avec le temps (et qui a été nominé pour le Mercury Music Prize, décerné en septembre dernier à The XX).

C’est justement avec la plage d’intro de celui-ci, “Blue Blood”, que le groupe fait connaissance avec l’Orangerie et son public résolument acquis à sa cause. Ce titre a la particularité, à l’instar de la plage titulaire, d’installer une ambiance envoûtante qui va de pair avec un éclairage tamisé que les photographes détestent. Pour le public, c’est différent puisqu’il peut rentrer dans leur univers avec beaucoup plus de facilité. Yannis Philippakis, le leader à la voix claire (et au français respectable) torture sa guitare tout en vivant ses compositions (il finira dans le public et on se rendra compte qu’il est tout petit, en fait…).

“Olympic Airways” va revenir une première fois sur le passé du groupe, mais ce sont surtout les singles “Cassius” et “Balloons” qui vont occasionner un mouvement de foule assez impressionnant et, dans le cas du second cité, des baudruches vont, comme par miracle, virevolter au-dessus des têtes des spectateurs. Celui qui a pensé à en apporter a de la suite dans les idées… Cela dit, la batterie et la basse ont l’air d’être réglées un peu trop dans le rouge, ce qui, à la longue, finira par devenir désagréable (voire dangereux) pour nos tympans.

Et c’est lorsque l’on a l’impression que tout est un peu basé sur la même structure qu’une des particularités du nouvel album va nous contredire. En effet, “After Glow” et l’incroyable “Spanish Sahara” débutent calmement avant de progressivement prendre de l’ampleur et d’exploser dans un déluge de décibels du plus bel effet. Surtout que le traitement live de ces titres va mettre tout le monde d’accord. Mais ne sous-estimons pas la vocation dansante du premier album dont on appréciera, en toute fin de set, le new wave électro “Red Socks Pugie” et le pétillant “Electric Bloom”.

Cela dit, la fête n’était pas encore tout à fait terminée car ils allaient nous gratifier de rappels à vocation math rock étoffé qui allait nous laisser pantois, d’abord avec “The French Open” et ses paroles en français (“un peu d’air sur la terre…”) mais c’est surtout lors de l’interprétation du précité “Hummer” et de “Two Steps Twice” qu’ils vont se déchaîner (le chanteur allait en effet frapper comme un malade sur un élément de batterie, et Dave Okumu viendra même lui donner un coup de main) et surtout achever de nous convaincre. Car oui, en deux ans, Foals a pris de la bouteille…

On apprendra alors que le claviériste Edwin Congreave a notamment joué avec Caribou et que, justement, Caribou est à Bruxelles ce soir (ils jouaient à l’AB dans le cadre de l’événement Autumn Falls). Comme les deux groupes avaient rendez-vous au Magasin 4 pour un DJ set explosif, la soirée ne faisait, en fait, que commencer…

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