MINTZKOV clôture son année à l’AB

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Sans crier gare, Mintzkov est devenu au fil des années une valeur sûre du rock indépendant au nord du pays. Leur troisième album (l’excellent “Rising Sun, Setting Sun”) sorti début d’année n’a d’ailleurs fait que confirmer ce statut et le public (majoritairement néerlandophone) qui se pressait ce vendredi 10 décembre à l’AB Box s’attendait à franchir un palier supplémentaire avec le groupe anversois. C’est à un nouveau projet, Tommigun qu’avait été demandé de chauffer la salle. Nouveau projet, certes, mais musiciens aguerris, puisque l’on y retrouve notamment Thomas Devos et Joeri Cnapelinckx, deux personnalités en vue du monde musical flamand, mais aussi Kaat Arnaert (sœur de Geike, l’ancienne voix d’Hooverphonic). Son timbre de voix recoupe d’ailleurs l’info, même si on a envie d’y ajouter un petit peu d’An Pierlé et de Shivaree. Celle du chanteur, quant à elle, évoque plutôt la nouvelle direction de Carl Barât.

Le micro se voit donc partagé équitablement entre ces deux voix complémentaires qui enrichissent un univers particulier. On pense par moments à Venus, notamment dans la recherche subtile des arrangements, surtout que les compositions sont travaillées, voire même assez ambitieuses. De ce fait, on assiste ça et là à des passages plus longs mais c’est précisément au moment où on commence à le penser qu’ils nous surprennent avec des parties nerveuses qui vont séduire l’assemblée. Et nous aussi par la même occasion.

Il y a dix ans, Mintzkov Luna remportait le concours Humo’s Rock Rally (devant Admiral Freebee et Venus In Flames pour la petite histoire) dont la finale se déroulait… à l’AB. C’est donc sur une scène qu’ils connaissent parfaitement que les cinq musiciens de Mintzkov (le Luna est tombé après le premier album) ont pris possession de leurs instruments et ont entamé leur set avec un titre très ancien, “I Do”, idéal pour lancer les festivités. Philip Bosschaerts, le chanteur à la tête de star (on dirait Hugh Grant) et Lies Lorquet, la blonde bassiste ont beau être les deux personnages en avant, ils doivent beaucoup à leurs trois compères musiciens. En effet, ces derniers assurent une rythmique impeccable et amènent l’équilibre indispensable à une machine bien huilée.

Cela dit, malgré un impressionnant mur d’étoiles filantes déclinées à l’infini en guise de décor à l’arrière de la scène, on remarque qu’ils sont un rien stressés et que l’émotion dégagée à l’écoute de la plaque a du mal à se reproduire sur scène. Pourtant, les excellents “Author Of The Play” et “Roadbuilding”, par exemple, sont d’excellentes compositions au potentiel infini, alors que “25th Hour” a tout d’un titre de dEUS (la voix du chanteur fait indéniablement penser à celle de Tom Barman). Sur “Return & Smile”, on aura enfin le plaisir d’entendre distinctement la voix de Lies Lorquet (qui devrait, selon nous, être bien plus souvent mise en valeur, on s’en rendra surtout compte sur “One Equals A Lot”) et les guitares nerveuses vont réveiller des spectateurs assez mous jusque là.

Il faudra effectivement attendre la moitié du set pour voir le public participer activement à la fête lorsqu’il entonnera à l’unisson (et quasi en a capella) le refrain d’“Opening Fire”, tandis que “The State We’re In” va enfin nous montrer ce dont Mintzkov est capable lorsque les musiciens se lâchent réellement. Dommage qu’“I Take Notes”, un extrait du tout premier album, bien que très beau, ne vienne faire retomber l’intensité directement après.

Car c’est bien ce que l’on reprochera à leur prestation ce soir. Il leur aura manqué un petit quelque chose (ici de la conviction, là de l’énergie) pour faire de la soirée un réel succès. Un peu comme s’ils étaient tétanisés par la possibilité d’atteindre l’échelon supérieur. Attention, ne nous méprenons pas, on a assisté à un bon concert (comme le démontreront encore les excellents “Finders Keepers” et “Ruby Red”), mais, vu leur potentiel, on s’attendait légitimement à plus de leur part.

Encore que la première partie des rappels va nous contredire et clairement nous combler avec l’extraordinaire “Gemini”, titre patiemment travaillé qui débute à la guitare acoustique, Philip Bosschaerts seul sur scène dans l’obscurité, avant que les autres musiciens ne viennent le rejoindre un à un pour terminer dans une explosion retenue de décibels. “Hitman” et sa basse à la Joy Division, va également apporter son lot de plaisir grâce à son final destructeur, avant que “Mimosa” ne clôture la soirée pour un dernier coup d’œil vers le passé. Mintzkov n’est pas encore tout à fait prêt à se hisser aux côtés des plus grands, mais ce moment ne saurait tarder…

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