L’ombre d’INTERPOL au Lotto Arena

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Après avoir assuré la première partie des concerts de U2 au stade Roi Baudouin en septembre dernier, les New Yorkais d’Interpol étaient de retour en Belgique ce mercredi 16 mars au Lotto Arena d’Anvers, un endroit qui correspond sans doute mieux à leur potentiel. Encore que, la salle était loin d’afficher complet ce soir… Ils avaient emmené avec eux Matthew Dear dans le but de chauffer le public mais on se demande si le terme est bien choisi. Car on ne peut pas dire que la musique de ce bonhomme dont la réputation de remixeur dépasse largement celle de chanteur parvienne à faire grimper le thermomètre. Bien au contraire, ses compositions largement inspirées de la new wave glaciale du début des années 80 ne sont jamais parvenues à emballer le Sportpaleis miniature, d’autant plus qu’elles sont loin de présenter une originalité à toute épreuve. Sans parler du son pourri qui n’a rien fait pour arranger les choses.

Heureusement, l’ingénieur du son était dans de meilleures dispositions au moment où les lumières se sont éteintes pour faire place aux stars du jour, si l’on excepte la piste réservée à la basse qui avait l’air défectueuse. Parlons-en, justement des bassistes qui ont récemment constitué le maillon faible du quatuor. Depuis le départ de l’insupportable Carlos Dengler en mai 2010, ils ont engagé David Pajo (ex-Slint et Tortoise notamment) qui a lui aussi quitté le navire tout récemment. C’est donc désormais le relativement inconnu Brad Truax qui tient la quatre cordes sur scène. Vu l’urgence avec laquelle il a été contraint d’étudier les morceaux, il n’est pas impossible que le son de son instrument ait été volontairement trafiqué, histoire de masquer certaines lacunes…

Notons encore la présence de Brandon Curtis (Secret Machines) qui amène une touche de claviers à l’ensemble. Lui aussi avait été engagé après le départ du fameux Carlos, soit directement après l’enregistrement du quatrième opus du groupe, sobrement intitulé “Interpol”. C’est d’ailleurs avec la plage d’intro de ce nouvel album, “Success”, que les choses sérieuses ont débuté. Sombre et froid comme le veut la tradition, il allait permettre aux musiciens de se mettre en place, avant de directement affoler l’assemblée avec des versions speedées d’anciens titres comme “Say Hello To The Angels” et “Hands Away”. Ajoutez-y “Narc” et on semble se diriger vers une set-list de rêve.

Malheureusement, après ce début en fanfare, il a fallu déchanter et on s’est clairement rendu compte de l’immense fossé qui sépare les deux impeccables premiers albums des deux suivants. En effet, “Memory Serves” et “Summer Well” n’ont clairement pas le potentiel de futurs classiques alors que “Rest My Chemistry” est l’un des deux seuls extraits rescapés du faible “Our Love To Admire” de 2007 (l’autre étant “The Heinrich Maneuver”). On sauvera malgré tout “Lights” à la construction toute en intensité progressive ainsi que le single “Barricade”.

C’est donc sans surprise qu’ils vont se plonger allègrement dans le début de leur carrière et, au vu de la réaction des spectateurs au son de “C’mere”, “Evil” ou autre “NYC”, on imagine aisément que ces derniers n’attendaient que ces titres pour vibrer. Paul Banks, plus que jamais confirmé dans son rôle de leader, n’est plus dérangé par l’égo de son encombrant ex-partenaire bassiste, mais cela ne suffit pas à donner une impulsion suffisamment significative pour transformer ce concert en triomphe intégral. On sera même loin du compte, même si “Not Even Jail” va nous rappeler combien le groupe peut être excellent.

On ne pourra en tout cas pas reprocher à Interpol un manque de générosité car ils reviendront pour un rappel de quatre titres, sans grande surprise puisés dans leur période dorée antérieure à 2005, dont on retiendra particulièrement l’excellent “Untitled” et le rarement joué “The New”. C’est l’efficace “Slow Hands” qui clôturera une prestation sobre mais malheureusement trop retenue. Après avoir successivement rempli l’AB sous toutes ses formes et Forest National, le Lotto Arena était sans doute un peu trop grand pour un groupe qui a peut-être déjà son avenir derrière lui. Et si c’est Carlos qui avait été le plus intelligent au final ?

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