EVERYTHING EVERYTHING a encore tout à prouver

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Au lendemain de la double prestation pleine de sueur de Kyuss, l’AB Club accueillait dans un style radicalement différent Everything Everything, groupe électro pop désormais basé à Manchester dont le premier concert belge en salle prévu au Bota en avril 2010 avait été annulé. Après un passage au Pukkelpop quelques mois plus tard, on était curieux de découvrir sur scène dans un endroit confiné leur premier album, “Man Alive”, sorti entre-temps. C’est à Norman Palm qu’avait été confié le soin de débuter la soirée et ce dernier s’en est admirablement sorti, malgré des compositions majoritairement inconnues des oreilles de l’assemblée encore assez clairsemée sur le coup de 20h. Ce grand barbu à lunettes et à la guitare facile nous vient de Berlin et est entouré de deux musiciens finlandais. À eux trois, ils parviennent à créer un subtil mélange de sons électro (chacun a un sampler ou un appareil assimilé devant lui) et de guitare sèche, le tout rehaussé par une voix aux légères influences country.

On pense d’ailleurs par moments à Bright Eyes lors de son trip indie pop de 2005 avec l’album “Digital Ash In A Digital Urn”. Mais à côté de cela, lorsque l’électronique se retrouve mise de côté, il a la faculté d’installer une ambiance à l’émotion palpable, comme le démontre le magnifique morceau calme qui a scindé son set en deux parties. Ce qui veut dire qu’au final, on a assisté à une demi-heure assez captivante. Il va falloir retenir son nom…

Everything Everything vient de terminer le célèbre NME Award Tour dont l’affiche, cette année, réunissait également Crystal Castles, Magnetic Man et The Vaccines. Une sorte de première reconnaissance pour un groupe qui a réellement commencé à faire parler de lui à la toute fin de l’année 2009 lorsque la BBC les nominera pour leur classement annuel des espoirs musicaux de l’année à venir. Moins de neuf mois plus tard, leur album “Man Alive”, sorti chez Geffen, atteindra le top 20 anglais.

Ce soir, leur prestation sera un peu bizarre. D’un point de vue physique tout d’abord : le chanteur, Jonathan Higgs, entre Mark King (Level 42) et Eminem aux cheveux décolorés, ne doit pas boire que de l’eau (d’ailleurs, de quel liquide non identifié s’abreuvait-il à partir d’une gourde noire posée à ses pieds ?). Ses collègues musiciens, quant à eux, ont la particularité de grimacer tout en maniant leur instrument. Petit détail, ils sont tous les quatre vêtus d’un uniforme qui ressemble plus à une combinaison de pompiste qu’à un accoutrement de rockeur.

Musicalement, ensuite : on est dans une électro pop assez brouillonne mais surtout… curieuse. De temps en temps, c’est carrément le carnage sonore sur scène (“QWERTY Finger”). Mais, à bien y réfléchir, c’est la voix du chanteur qui interpelle et qui rend les compositions imprévisibles. Sans crier gare, il passe d’une voix haute à la Jimmy Somerville à celle, plus grave, d’un Damon Albarn par exemple, ce qui a pour conséquence de perturber l’auditoire, voire de parfois même taper sur le système (“Final Form”, “NASA Is On Your Side”).

Le résultat va donner une prestation inégale, pendant laquelle les synthés seront trop présents, malgré une (et parfois deux) guitares, une basse et une batterie. Ainsi, “Leave The Engine Room” et “Schoolin'” font penser à du Hurts en moins dépressif (mais en aussi pop) tandis que les chœurs sur “Weights” seront à la limite de nous envoyer vers le bar. Heureusement, quelques excellents moments vont rebooster la mécanique à l’instar du tube “MY KZ, UR BF” et surtout lorsque les guitares prennent la place qu’elles méritent. On voit alors un autre groupe et “Suffragette Suffragette” va terminer le set principal sur une note aussi musclée que positive.

Les rappels nous gratifieront d’une nouvelle chanson qui ne porte pas encore de nom, mais dont le potentiel réel nous fera penser aux bons moments de Hard-Fi, avant que le single “Photoshop Handsome” ne mette un point final à notre soirée. Une soirée dont le point d’orgue ne se trouvait pas nécessairement là où on l’attendait…

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