CHAPEL CLUB, pas encore le pèlerinage escompté

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L’AB Club est décidément the place to be ces jours-ci puisqu’après Kyuss et Everything Everything, c’est Chapel Club qui s’y produisait ce vendredi 1er avril. Cela dit, le groupe londonien n’en était pas à son coup d’essai sur le sol belge puisqu’il a déjà joué en 2010 dans le cadre de l’opération “New talents, cool price” du Botanique, au Pukkelpop ainsi qu’en première partie de Two Door Cinema Club. La différence, c’est qu’ils ont désormais un premier album à défendre, “Palace”.

Mais avant de pouvoir juger sur pièces, l’AB avait convié De Staat, un groupe Hollandais qui déménage, comme on a pu s’en rendre compte dès les premiers coups de batterie. Leurs compositions sont en effet majoritairement brutes et déstructurées, alors que la voix saccadée du chanteur Torre Florim rajoute un côté imprévisible à l’ensemble. Musicalement, on pense à du rock garage mâtiné de stoner (Queens Of The Stone Age doit être leur principale influence) aux écarts autorisés (les délires sonores expérimentaux de The Germans ne sont pas loin, comme le suggère les nombreuses machines commandées par le musicien chevelu du côté gauche de la scène).

Cela dit, le milieu de leur set nous semblera un rien moins intéressant, particulièrement lorsque le leader adopte une voix plus haute ou que le titre joué ressemble à un mix improbable entre rap à la De Jeugd Van Tegenwoordig, des guitares sauvages et des sonorités exotiques. Mais tout ceci s’envole à l’écoute d’un morceau accessible et bien ficelé, “Sweatshop”, un extrait de leur récente deuxième plaque (“Machinery”). Une heure de prestation sans préparation spécifique préalable, c’est peut-être un peu long mais cela nous aura au moins permis de réfléchir à l’utilité du volant de voiture que le chevelu mentionné plus haut n’aura même pas effleuré…

Après avoir été mentionné de nombreuses fois en tant que groupe prêt à exploser, Chapel Club a tourné intensivement en 2010, peaufinant les compositions qui allaient se retrouver sur “Palace”, un premier album quelque peu démonté par la critique à sa sortie en janvier dernier. Pourtant, leurs compositions mélancoliques sur fond de shoegazing ont de sérieux atouts à faire valoir, comme va le démontrer “Surfacing”, l’excellent titre en introduction ce soir.

Si l’on peut toutefois reprocher quelque chose aux cinq Londoniens, c’est bien leur présence scénique discrète. En effet, le petit (par la taille) chanteur Lewis Bowman, avec sa tête d’anglais typique, sa coiffure de militaire et son regard perdu, ne dégage pas un charisme à toute épreuve. Pas plus que ses collègues, d’ailleurs, qui ont l’air de s’ennuyer ferme sur scène et pour qui le verbe sourire semble être un lointain souvenir…

Après un début en fanfare (“Blind” est aussi de très bonne facture), l’intensité retombera d’un cran pour un petit moment, à quelques exceptions près (on retiendra surtout l’inédit “Roads” et la seconde partie de “Fine Light”, toutes guitares en avant). Car “Paper Thin” ne parvient pas à capter l’attention tandis que le single “O Maybe I” fait un peu trop penser à Gene (un groupe du milieu des 90’s qui plagiait les Smiths). À propos, la voix de Lewis Bowman fait penser plus souvent qu’à son tour à celle de Morrissey (c’est assez frappant sur “Bodies”, notamment).

La fin du set sera quant à elle nettement plus convaincante d’un point de vue musical, avec deux titres d’excellente facture (le savamment construit “All The Eastern Girls” et la bombe “Five Trees”), qui seront plutôt dans la lignée du souvenir que l’on avait d’eux lorsqu’ils avaient ouvert le Club du Pukkelpop en été dernier. Malheureusement, ce réveil arrivera un peu tard et on sera même limite frustré de les voir rentrer au vestiaire directement après.

Certes, ils reviendront sur scène pour “The Shore”, long morceau triste aux guitares noisy retenues pendant lequel le chanteur semblera absent, ou tout au moins dans son monde. Mais on n’aurait pas été contre l’une ou l’autre composition supplémentaire, car en terminant de la sorte, ils nous ont laissé sur notre faim. Dommage car le potentiel semble bel et bien là…

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