Carl BARÂT encore un peu trop proche de son passé

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Après une reformation qui a débouché sur une poignée de concerts exclusifs l’été dernier, les Libertines ont de nouveau mis la clé sous le paillasson, faute de nouvelles compositions. Alors que Peter Doherty peaufine le nouvel album de Babyshambles, son complice Carl Barât sillonne les routes afin de défendre un premier disque solo. À l’origine prévu le 8 mars, c’est finalement ce vendredi 15 avril que l’ami Carlos s’est produit à l’Orangerie du Botanique. L’avant-programme saluait le retour au turbin des déjà expérimentés The Big Hat Band (ou TBHB comme visiblement ils souhaiteraient qu’on les dénomme désormais). Ils ont en effet remporté le Concours Circuit en 2006 et, parallèlement, ont assuré d’intéressantes premières parties (on se souvient notamment d’eux en support des Kooks à la Rotonde il y a cinq ans jour pour jour ce soir). Le hic, c’est que depuis tout ce temps, ils n’ont pas encore enregistré d’album. Cette lacune devrait toutefois être comblée en 2011 puisqu’ils reviennent avec de solides intentions après avoir disparu de la circulation pendant de nombreux mois.

On peut en tout cas dire qu’ils n’ont rien perdu de leur énergie à l’écoute du rock garage sans concession qu’ils mettent en avant. Bonne nouvelle, ils ont enfin viré leur cover du “Suffragette City” de David Bowie pour se concentrer sur des compositions originales autant inspirées par les Rolling Stones que par les Clash (ils dédieront d’ailleurs un titre à Mick Jones). Le temps a bonifié les anciens titres et le voile qu’ils ont levé sur les nouveaux augure de bien bonnes choses. Seul bémol, alors que le leader assure dans un anglais impeccable (normal, il est écossais), les commentaires superflus du guitariste à sa gauche gâchent les breaks entre les chansons. Mais dans l’ensemble, on a de nouveau envie d’explorer davantage leur univers. Il ne reste plus qu’à attendre le disque…

Tout à coup, alors que les lumières s’éteignent après les soundchecks, voici que débarque sur scène un bonhomme un peu débraillé arborant une coiffure à la Kurt Cobain, une guitare acoustique dans la main gauche et une bouteille de Champagne dans la droite. Non, il ne s’agit pas du nouveau look de Carl Barât mais bien d’un de ses potes musiciens, Kieran Leonard. Il jouera quatre titres acoustiques portés par un jeu de guitare simple et précis alors que sa voix rauque et agréable qui rappelle celle de Justin Currie (Del Amitri, quelqu’un s’en rappelle ?) équilibrera ses comptines légèrement folk. Inconnu avant d’arriver sur scène, il repartira sous un déluge d’applaudissements, manifestement satisfait d’avoir conquis le public belge en vingt minutes chrono.

Les choses sérieuses ont donc débuté sur le coup de 21h30 lorsque Carl Barât a rejoint ses musiciens quelques secondes après eux et a entamé son set avec “The Magus”. Une voix un peu hésitante et une balance hasardeuse vont malheureusement gâcher ce titre assez atypique lorsque l’on connaît le passé du chanteur. Cela dit, c’est précisément ce qui fait la force et l’originalité de son premier album solo. Contrairement à d’autres (on parle de vous, Paul Smith et Fran Healy), il a réussi à se créer un univers perso là où on ne l’attendait pas du tout, à l’exception peut-être de “Run With The Boys”, avec lequel il enchaînera après avoir attrapé sa guitare.

Ainsi, le groupe qui l’accompagne (cinq musiciens très smart en configuration quasi big band, comprenant notamment un contrebassiste/bassiste et une violoncelliste) va s’en donner à cœur joie sur les nouveaux titres. On appréciera particulièrement les cordes délicates de “Carve My Name” et les envolées lyriques de “She’s Something” sans oublier les atmosphères crooner de “The Fall”, composition cosignée Neil Hannon (The Divine Comedy) ou encore l’orchestration digne de Scott Walker sur “Je Regrette, Je Regrette”. Un vrai délice pour les oreilles.

Ceci dit, à notre plus grand désespoir (et comme cela avait déjà été le cas en octobre dernier à la Rotonde), les kids venus en nombre n’avaient cure de la direction mature de la star du jour. Eux ne s’étaient déplacés que pour vibrer au son des classiques des Libertines et, dans une moindre mesure, de Dirty Pretty Things. Au point qu’ils étaient à deux doigts de snober le matériel solo avant de devenir hystériques dès les premiers accords de “Up The Bracket”, “Deadwood” ou “Death On The Stairs”. D’autant plus que, “The Man Who Would Be King” mis à part, Carl Barât n’utilise pas ses musiciens comme il le devrait pour réarranger ne fut-ce qu’un minimum ces titres et leur donner une vision inédite…

Après “Bang Bang You’re Dead”, le groupe quittera la scène avant que Carl ne revienne pour des rappels que l’on assimilera plutôt à une seconde partie de set. Il va en effet dérouler une bonne demi-douzaine de chansons, en commençant en douceur avec des versions acoustiques de deux titres qui se retrouveront sur un EP à sortir début mai (“The Ballad Of Grimaldi”, un inédit de sa période Libertines ainsi que “Sing For My Supper”, une cover des Langley Sisters). Dans la même veine mais en plus prenant, on se délectera ensuite du magnifique “So Long, My Lover”, dernière incursion dans la plaque qu’il était venu défendre.

“This is not a Libertines concert” précisera-t-il en réaction aux requêtes de titres qui fusaient de toutes parts, avant d’instantanément se contredire en plongeant dans le back catalogue de son ancien groupe. “Music When The Lights Go Out”, “Time For Heroes” et “Don’t Look Back Into The Sun” constitueront donc le bouquet final de la soirée, pour le plus grand plaisir des ados. En ce qui nous concerne, on parlera plutôt de résignation. Il est vrai qu’ils n’étaient sans doute pas là en décembre 2002, le jour où les Libertines au grand complet avaient failli provoquer une émeute dans un Witloof Bar en ébullition…

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