PPM Fest 2011 – Mons à l’heure de l’EUROPE

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Afin d’éviter le retour de polémiques sulfureuses similaires à celles suscitées par mon compte-rendu du Rock Sound Festival de Lessines, j’éviterai, dans la mesure du possible, de relater les événements de la journée comme je les ai vécus avec mes fidèles compagnons de route, puisque cette implication privée semble être, pour certains, synonyme de manque d’objectivité. Pourtant, le récit de cette deuxième édition du PPM Fest de Mons, tel que j’avais prévu de l’écrire, promettait d’être aussi épique que l’histoire du Magicien d’OZ puisqu’il impliquait, notamment, l’intervention d’un poussin fataliste amateur de musique Oï!, d’une méchante princesse blonde à la raie enflammée et de l’un des trois forgerons du jugement dernier. Tant pis, il vous faudra vous contenter de ceci. Samedi 30 avril 2011. Il est onze heures du matin et l’astre du jour illumine le ciel montois. Alors que le commun des mortels se prépare à extirper les glaçons du réfrigérateur pour rectifier la température du premier apéro de la journée, les valeureux Carolos de Stainless inaugurent la grande scène du PPM Fest. Le trio ne semble pas être impressionné outre mesure par l’immensité de la salle qui lui fait face. Il est vrai qu’à cette heure le parterre est plutôt clairsemé. Mais qu’à cela ne tienne, Stainless donne tout ce qu’il a dans les tripes et offre aux lève-tôt un set hard rock classique d’excellente facture dans lequel nous croyons reconnaître les influences conjuguées de Ted Nugent, de Motörhead, de Ratt et des premiers albums de Rush. Une excellente mise en bouche qui nous mène, dans une douceur relative, vers la première déflagration sonore de la journée.


Car si c’est Stainless qui a eu l’honneur d’ouvrir le bal, c’est à Last Breath Messiah que revient le plaisir de broyer les premiers tympans. Son mélange sulfureux et original de trash, de hardcore et de death brutal achève de réveiller ceux et celles qui, jusque-là, n’avaient pas encore réussi à oublier la douceur de la couette.

Bien qu’officiant dans un style relativement similaire à Last Breath Messiah, Age Of Torment nous laisse un peu sur notre faim. Mariant eux aussi le trash, le hardcore et le death, les Bruxellois nous présentent une prestation solide et sympathique ; beaucoup moins dévastatrice cependant que celle de leurs prédécesseurs.


La première incursion progressive du jour est signée par Syrens Call. Confortés par les réactions positives à leur dernier opus en date qui, admettons-le, est plutôt excellent, les Lillois croient débarquer chez nous en terrain conquis. Péchant probablement par excès de confiance, le sextet mené par la jolie Soraya Hostens ne semble pas donner le meilleur de lui-même et délivre un début de set assez mollasson. Le groupe a beau vouloir essayer, par la suite, de rattraper le coup ; en ce qui nous concerne, il est trop tard, la sauce ne prend plus. Petite déception donc, de la part de ce groupe dont nous attendions peut-être un peu trop.

Contrairement à Syrens Call, Ethernity a la rage. Cuisinant, tout comme les Lillois, le ‘gâteau métal progressif à cerise féminine’, le sextet déboule sur scène avec une évidente envie d’en découdre. Julie Colin et son gang de virtuoses ne restent pas en place une seule seconde. Virevoltant dans tous les sens avec une énergie communicative, les Namurois ne tardent pas à nous faire oublier la prestation statique des Français qui les ont précédés. Un groupe à revoir d’urgence.

Nous attendions avec impatience de voir Iron Mask sur scène. Et nous n’avons pas été déçus. Bien que nous ayons en Belgique un grand nombre de musiciens métal talentueux, nous n’avons pas vraiment beaucoup de prétendants au titre de ‘Belgian Guitar-Hero’. Si malgré tout, nous devions en choisir un, ce serait sans conteste Dushan Petrossi. Car le Bruxellois possède non seulement la crinière somptueuse d’Yngwie Malmsteen, mais aussi son incroyable doigté. Les amateurs de shredding sont donc à la fête, même s’ils doivent, pour bien profiter des descentes de manche vertigineuses du sieur Petrossi, faire abstraction de ses deux vocalistes, sympathiques, mais un brin envahissants.


À voir notre ami Antonio Carlino déambuler comme une âme en peine dans les couloirs du Lotto Mons Expo, nous ne pouvons nous empêcher de penser que, parfois, il est douloureux de réaliser un rêve. Il faut dire que Tony a sué sang et eau pendant plusieurs mois pour nous offrir une affiche somptueuse. Et de voir que le Lotto Mons Expo tarde à se remplir, doit probablement être une source de déception pour lui. Et, derrière ce sourire qui ne le quittera pas tout au long de la journée, nous pouvons deviner une tension intense. Le stress qui semble le ronger, il va pourtant s’offrir le luxe de l’oublier l’espace d’un instant. Car c’est l’heure de son moment de gloire : It’s Max Pie time baby ! À notre grand étonnement, nous constatons que le combo montois est amputé de son second guitariste. Heureusement, le ‘vide’ ne se fait pas sentir et Max Pie semble même y gagner en cohésion. Contrairement à leur prestation du Rock Sound au cours de laquelle ils avaient joué un bon nombre de covers, Tony Carlino et son gang n’interprètent aujourd’hui que des titres personnels. Tony profite de sa présence sur scène pour remercier ceux et celles qui l’ont aidé à mettre le PPM Fest sur pied, pour saluer quelques personnalités présentes dans la salle et pour fêter, au passage, l’anniversaire d’un couple d’amis. Les titres d’“Initial Process”, le premier album du groupe, passent très bien le cap de la scène et le public conquis en redemande. Nous le savons depuis l’année dernière, Tony Carlino se fait un devoir de prôner l’ouverture d’esprit en mélangeant, sur l’affiche de SON festival, des styles aussi variés que le métal progressif, le power métal, le death métal et le Hardcore. Ce credo d’ouverture, il l’applique aussi à la prestation de Max Pie en invitant Chris, le hurleur de Do Or Die pour une rencontre endiablée entre le métal progressif et le hardcore. Bluffant et jouissif !

L’une des très bonnes surprises de la journée est à mettre au crédit de Nightmare. À voir l’incroyable accueil réservé au combo grenoblois, nous nous doutons déjà que nos voisins français ont fait le déplacement en masse pour soutenir leur compatriote. Il faut dire que ces vétérans du power métal français (NDR : ils ont ouvert pour Def Leppard en 1983) valent vraiment le déplacement. Joe Amore, le vocaliste est l’archétype du chanteur métal. Son chant à la fois rauque et haut perché fait parfois penser au très regretté David Wayne de Metal Church. Sa joie de vivre communicative fait de la prestation de Nightmare l’un des moments les plus mémorables de la journée. La reprise de “Holy Diver”, en hommage à Ronnie James Dio est unanimement appréciée par un public conquis, qu’il soit Français, Belge, Italien ou Néerlandais.


Si Nightmare fait l’unanimité, Mind Key lui, semble décevoir son public. Le combo progressif napolitain dont Tony Carlino avait vanté les mérites en ces pages, débarque sur scène avec l’assurance que lui confère son sang latin. J’avoue personnellement ne pas bien connaître le groupe. Autour de moi, quelques connaisseurs manifestent leur déception face à la prestation scénique de cette formation dont ils apprécient pourtant les enregistrements. Dotés d’une technique imparable, les Italiens souffrent aujourd’hui d’un son plus que moyen. La communication avec le public ne semble pas être leur point fort, ce qui, à la longue, finit par en agacer plus d’un. Un groupe à revoir dans d’autres circonstances avant de se faire un avis définitif.

Bien que je reconnaisse d’énormes qualités à Resistance, j’avoue avoir un peu de mal à rentrer dans le concept de ce déluge ultra-brutal de fureur hardcore et de noirceur death métal. J’en profite donc pour m’éclipser après quelques titres afin de déguster quelques produits houblonnés. Heureusement pour le groupe, le public du PPM Fest n’est pas aussi obtus que votre serviteur et la prestation décapante du combo montois reçoit l’accueil chaleureux qu’elle mérite.


Empyrios déboule sur scène avec un set d’une violence rare pour un combo progressif. Simone Mularoni, le guitariste du groupe est un habitué de la scène du PPM Fest puisqu’il l’a déjà foulée l’année dernière en compagnie de DGM, sa formation principale. Les soli du six-cordiste italien sont impressionnants de technique. La section rythmique ultra percutante et l’alternance de vocaux clairs et extrêmes font d’Empyrios un groupe à part dans la sphère progressive. L’une des prestations les plus intenses de la journée.

La prestation des Allemands de Vanden Plas que nous attendions pourtant avec impatience, nous semble bien mollassonne après le décapant Empyrios. Jolie, technique, mais dénuée de l’énergie dont nous avions vraiment envie à cette heure de la journée. Nous nous résignons donc à la regarder de loin en soulageant consciencieusement les restes de nos amygdales atrophiées à l’aide d’un cataplasme concocté pour nous par d’innocents moines trappistes. Prosit !


On a parfois un peu tendance à l’oublier, mais, si l’on fait abstraction de Deep Purple, Rage a été l’un des, si pas le, tout premier groupe (NDR : bien avant Metallica, Scorpions, Kiss ou Epica) à évoluer sur scène en compagnie d’un orchestre symphonique. Et, si le groupe du sympathique Peavy Wagner foule désormais les planches dans la configuration minimale d’un power trio, la présence au sein de celui-ci du virtuose russe Victor Smolski suffit largement à faire oublier l’absence d’orchestrations classiques. Rage est redevenu, comme il l’était à ses débuts en 1986, un groupe cent pour cent heavy/power/speed métal et, sur la scène du PPM Fest, les samples qui rappellent son passé symphonique sont rares. Le public apprécie cependant au plus haut point la prestation tellurique du trio et lui réserve un accueil des plus chaleureux dès l’intro de “The Edge Of Darkness”. Et c’est, au final, une salle conquise qui salue la prestation de ses héros en reprenant à tue-tête le refrain d’un “Higher Than The Sky” plus que fédérateur.

Les Allemands se succèdent et ne se ressemblent pas. Après Vanden Plas et Rage, c’est au tour de Gamma Ray d’investir la scène montoise. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que Kai Hansen et son gang tuent. Pilotant sa Flying V comme Von Richtoffen le faisait avec son Fokker, Hansen lâche sur le fief de notre supposé futur premier ministre, une série impressionnante de bombes métalliques dévastatrices. Si “Empathy”, “To The Metal”, “Gamma Ray”, “Watcher In The Sky” et quelques autres font trembler les murs du Lotto Mons Expo, c’est sans conteste l’épique “Rebellion In Dreamland” et la reprise du classique “I Want Out”, d’Helloween qui font le plus de dégâts dans l’assistance. Nous venons de recevoir une leçon de métal !

Tobias Sammet ayant la réputation d’être une bête de scène au sens de l’humour exacerbé, nous nous attendions à un show époustouflant et à une franche partie de rigolade. Nous assistons donc un peu déçus à une prestation, certes d’excellente facture, mais pas franchement poilante. Seule la joute vocale Saxonesque opposant la partie gauche à la partie droite du public arrive à nous sortir un peu de notre léthargie zygomatique. Cela dit Tobias est un excellent vocaliste et un compositeur hors pair. Certains titres interprétés ce soir, comme “Tears of a Mandrake”, “Lavatory Love Machine”, “Vain Glory Opera” ou “Ministry Of Saints” sont de véritables tueries sur scène. Si, côté fun, Edguy ne correspond pas tout à fait à nos attentes, nous assistons tout de même à un très bon concert.


Il y a quelques années, votre serviteur avait décidé de tirer une croix définitive sur Hammerfall suite à un show kitch au possible au cours duquel les Suédois, déguisés en templiers d’opérette, interprétaient un ‘true’ métal caricatural au milieu d’un décor en carton-pâte à l’aspect stupide. Fort heureusement, Hammerfall n’en est plus là aujourd’hui. Débarrassés de ces artifices ridicules, Cans, Dronjak, Johansson, Larsson et Norgren apparaissent au public montois comme un excellent groupe de métal traditionnel. Revenant sur mon jugement, je prends, comme tout le monde semble-t-il, un immense plaisir à regarder et à écouter Hammerfall rendre hommage à Saxon, Accept et Helloween, trois des formations dont il est, semble-t-il, l’un des plus dignes héritiers.

Nous, les headbangers, nous avons souvent du mal à accepter que nos héros portent la sainte parole du métal en dehors de notre cercle fermé. J’avoue avoir moi-même banni les Scorpions de ma platine pendant plusieurs années suite à l’embarrassante affaire “Still Loving You”. Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, je n’ai jamais renoncé à mon admiration pour Europe. Fan du quintette depuis “Wings Of Tomorrow”, son second opus paru en 1984, j’ai toujours été persuadé qu’il était bien plus que le ‘groupe d’un seul hit’ et que la communauté métallique ne lui avait pas donné la chance de prouver qu’il avait autant sa place au panthéon du classic rock musclé que Rainbow, Judas Priest, Whitesnake ou Iron Maiden. C’est donc avec un plaisir certain que je regarde le combo d’Upplands Väsby infliger aux nombreux incrédules du PPM fest, l’une des plus cuisantes claques de la journée. La musique d’Europe, ce n’est pas pour les lopettes, qu’on se le dise une fois pour toutes !

Tony Carlino nous l’avait confié il y a peu dans une interview : ‘Avec Europe tout est beaucoup plus simple qu’avec les Scorpions’. Sur scène aussi, pas de démesure. Un backdrop portant le logo du groupe, et c’est presque tout. Pas d’écran géant, pas d’avancée de scène dans le public ni d’explosions intempestives. Europe débute sa prestation très simplement par l’excellent titre éponyme de son dernier opus en date “Last Look At Eden”. L’album, paru en 2009, est d’ailleurs très bien représenté ce soir puisque le groupe n’en interprète pas moins de quatre titres (“Last Look At Eden”, “New Love in Town”, “No Stone Unturned” et “The Beast”) ce qui le met à égalité avec la machine à tube “The Final Countdown” d’où seront extraits “Cherokee “, “Rock The Night”, “Carrie” et bien sur “The Final Countdown”.


John Norum, que le succès des eighties avait fait fuir au loin, est enfin de retour au bercail. Le guitariste qui, depuis son départ en 1987 jusqu’à sa réintégration en 2004, a affiné sa technique au contact de Dokken, de Glenn Hughes et même, pour un bref instant d’UFO évolue désormais dans un style où le groove et le feeling ont autant d’importance que la technique. (NDR : Nous vous conseillons d’ailleurs d’écouter son dernier album solo intitulé “Play Yard Blues” (2010) qui, comme son nom l’indique explore le côté le plus blues de sa personnalité). En ce 30 avril 2011, certains classiques d’Europe se voient transcendés par le ‘John Norum nouveau’, à l’instar du “Superstitious” de 1988, dont la superbe réinterprétation bluesy très ‘Whitesnake’ dans l’âme, ne laisse personne indifférent.

Par chance, Joey Tempest s’est défait de l’immense choucroute permanentée qui, dans les eighties, faisait frémir le sexe opposé. De sa période ‘rock-star’, il ne garde que ce sourire ‘Pepsodent’, parfois si éclatant que notre ami Bernie (NDR : le célèbre keupon photographe de Music in Belgium dont je n’ai, malheureusement, plus les moyens de relater les aventures puisqu’elles sont désormais taxées d’un copyright exorbitant) est obligé de rajouter un filtre antireflet à son imposant et onéreux objectif. Si Tempest n’est pas le plus subtil des danseurs (NDR : ses chorégraphies improvisées manquent parfois un peu de grâce et d’agilité), il est sans conteste l’un des meilleurs vocalistes de la scène hard rock mélodique suédoise. Son époustouflante interprétation de la power-ballade “New Love In Town” (NDR : écrite le jour de la naissance de son fils) en épate d’ailleurs plus d’un.

Bien que la setlist soit principalement axée, d’une part sur le dernier album, d’autre part sur le disque qui a connu le plus gros succès, Europe n’oublie ni ses fans de la première heure, ni ceux qui ne l’ont pas lâché après 1986 en interprétant le génial “Seven Doors Hotel” extrait du premier album éponyme de 1983, le fulgurant “Scream of Anger” (NDR : en premier rappel) tiré du “Wings Of Tomorrow” de 1984 et le superbe “Seventh Sign” issu du mésestimé “Prisoners In Paradise” de 1991.

Tempest et Norum attirent tous les regards. Mais il ne faut pas pour autant sous-estimer l’impact de Mic Michaeli (claviers), Ian Haugland (batterie) et John Leven (basse) qui, bien que plus discrets, sont tous virtuoses dans leurs domaines respectifs. La section rythmique au groove percutant et l’alternance de claviers symphoniques/vintage sont, tout autant que le jeu de guitare de Norum et la voix (plus posée et moins aiguë que par le passé) de Tempest, des éléments importants de ce qu’est devenue aujourd’hui la musique d’Europe.

Nombreux étaient ceux qui, avant la prestation d’Europe, avaient affirmé ne vouloir rester que le temps de quelques titres ; ‘comme ça, juste pour voir’. Un coup d’œil circulaire dans la salle, alors que résonnent déjà les célèbres notes de synthé de ce ‘Compte à Rebours Final’ me permet de constater qu’ils sont encore tous là, comme rivés à la portion du Lotto Mons Expo qui leur a été allouée pour la durée du concert. Ce soir Europe a convaincu les plus sceptiques et tant pis pour vous qui avez boudé leur venue en Belgique en causant, par la même occasion, beaucoup de soucis à notre ami Tony qui, franchement, aurait mérité un peu plus de soutien de votre part.

Avant de quitter Mons, nous jetons encore une oreille à Black Out, l’excellent cover band, qui enchante les derniers ‘Power Prog & Métal Fêtards’ au son de reprises de Deep Purple, Black Sabbath, Whitesnake et bien d’autres.

L’édition 2011 du PPM Fest a vécu et bien vécu. Nous y étions ! Pas vous ? C’est con !

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Photos © 2011 Bernard Hulet

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