Les RAVEONETTES de moins en moins frileux

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Le Vooruit de Gand a tout compris. Afin de permettre à tout un chacun de ne pas trop pester au beau milieu des embouteillages, les horaires de certaines manifestations se voient adaptés en ‘late night show’. Ainsi, ce jeudi 9 juin, les portes de la salle se sont ouvertes à 21h et le groupe principal, The Raveonettes, est monté sur scène à 22h30. Aucun risque donc de louper la moindre miette de la prestation des Danois qui viennent de sortir un impeccable nouvel album, « Raven In The Grave ». La première partie allait nous permettre de rester dans un cercle familial élargi puisque la chanteuse de Giana Factory (nom pas très aguichant, concédons-le) n’est autre que Louise Foo, la propre sœur de Sharon (moitié féminine des Raveonettes). Pour l’anecdote, en 2008, au festival de Dour, c’est elle qui avait tenu le micro pendant la grossesse de sa sœur. Autant dire qu’elle a déjà de la bouteille et que son expérience rejaillit sur les deux autres nanas qui composent le groupe, la guitariste Lisbet Fritze et la bassiste/claviériste Sofie Johanne. À noter que chacune y va de sa douce voix à un moment ou à un autre.

Musicalement, on est assez proche de groupes comme Warpaint ou Dum Dum Girls, si ce n’est que leur trip new wave semble plus marqué, grâce notamment à une mini batterie électronique dont les groupes des années 80 étaient friands (c’est la chanteuse qui tient la baguette, au propre comme au figuré). Mais le son synthétique qui provient du clavier n’est pas étranger non plus à cette direction un peu orientée dancefloor. Le revival s’arrête là car des guitares bien marquées viennent cohabiter avec ces influences disparates pour donner une demi-heure de bien bonne facture. Un premier album, « Save The Truth », est sorti l’an dernier.

Avec « Raven In The Grave », les Raveonettes ont enregistré un bien bel album, qui ne demande pas plus d’une écoute pour capter l’attention. Mine de rien, chaque nouvelle plaque du duo originaire de Copenhague amène une donne différente par rapport au précédent, même si, soyons d’accord, les guitares saturées et les atmosphères froides restent leurs marques de fabrique. Ainsi, autant « In And Out Of Love » (2009) y allait de son petit côté pop, autant « Lust Lust Lust » (2007) proposait des guitares nettement plus flippantes. Et on peut continuer comme ça jusqu’au mini album qui les a révélés en 2002, l’étourdissant « Whip It On » qui a scotché tout le monde en à peine 21 minutes…

Ce « Raven In The Grave », donc, apporte une sensibilité que l’on ne leur soupçonnait pas, même s’il s’agit d’une sensibilité made in The Raveonettes. Et on va rapidement en remarquer l’intensité sur scène avec « Recharge & Revolt », la plage d’intro de l’album qui sera également celle du concert. Et là, première surprise, c’est Sune Rose Wagner qui prend à son compte les vocaux d’une voix troublante, presque prenante. Petit détail amusant, deux jeux de batterie sont installés à l’arrière de la scène, mais restent pour l’instant à l’abandon. Les deux musiciens qui vont, ensemble ou séparément, s’en occuper (tout en restant debout) se trouvent pour l’instant aux côtés du duo, une guitare à la main.

« War In Heaven » va ensuite nous donner des frissons, en partie grâce à la blonde platine Sharon Foo dont la voix est comme par enchantement devenue beaucoup plus chaleureuse. L’association des deux va même se révéler particulièrement captivante sur « Let Me On Out » par exemple, ou le slow crapuleux (du moins dans sa première partie) qu’est « Apparitions ». D’une manière générale, empressons-nous de confirmer l’excellente impression laissée par le disque lors de son interprétation en live (celui-ci constituera d’ailleurs l’essentiel de la set-list ce soir). On épinglera encore les excellents « Evil Seeds » et « Ignite », délicieusement accessibles.

Ceci dit, les incursions dans leur back catalogue vont se révéler au moins aussi efficaces. Les illuminations visuelles de « Dead Sound », le mur de guitares cinglantes de « Noisy Summer », la pop 60’s de « Love In A Trashcan » ou la puissance décuplée d’« Attack Of The Ghost Riders » vont en effet nous en mettre plein les oreilles. Sans oublier le très Sonic Youth « Lust » alors que le poppy « Heart Of Stone » sera le seul extrait rescapé de l’album précédent.

C’est bizarrement avec un titre calme (« My Time’s Up ») qu’ils vont terminer leur set. Bizarre mais logique dans leur démarche puisqu’il s’agit de la plage qui referme « Raven In The Grave ». Ils reviendront néanmoins, mais seulement pour deux titres dont une dernière nouvelle composition, « Forget That You’re Young » (peut-être le titre le moins convaincant de la soirée) avant de déchirer les tympans du public au moyen d’« Aly, Walk With Me » et de ses guitares à la Suicide. On aurait bien voulu en avoir encore un peu, mais la programmation rock garage qui sortait déjà des haut-parleurs de la salle sonnait le glas de nos espoirs. Malgré sa durée réduite, les Danois nous ont gratifiés d’un excellent concert. On ira sans hésitation en reprendre une dose au Pukkelpop le 19 août prochain.

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