Interview avec Marcela Bovio et Johan van Stratum de STREAM OF PASSION

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Eindhoven 1er juillet 2011. Arrivé avec un peu de retard pour cause d’embouteillage (près de 3 heures de route pour Bruxelles-Eindhoven, quelques 135 km…), l’interview s’est d’abord déroulée avec le bassiste Johan van Stratum, ensuite avec Marcela Bovio, étant d’abord prise par une autre interview et nous ayant rejoint par la suite. En plus des « meet & greet » après les concerts, le groupe offre parfois des « Eat & greet » avant le concert à leurs fans sur la base d’un petit concours à gagner, et c’était le cas ici à Eindhoven. Le timing était donc compté, mais cela n’a en rien entamé la gentillesse et la disponibilité des deux seuls membres fondateurs du groupe restants. MiB : Johan, merci d’accorder cette interview à MiB. J’ai été surpris par l’annonce et la rapide réalisation de «
Darker days
»
après votre tournée au Canada. D’abord, comment s’est passée cette tournée canadienne ? Y aura-t-il une nouvelle tournée là-bas dans le futur ?

Johan van Stratum : La tournée s’est très bien déroulée, en compagnie de 2 groupes canadiens, Unexpect et Manahil, sur une petite dizaine de dates. Cela a permis au groupe de consolider ses liens, ce qui est assez normal quand on circule en Tour Van pendant 2 semaines, et a favorisé l’envie urgente de réaliser assez vite le nouvel album.


MiB : Le line up de Stream Of Passion semble aujourd’hui stable. Cela-t-il eu un impact sur la réalisation de l’album « Darker days » qui apparaît comme l’album de la maturité alors que le précédent « The Flame Within » était peut-être plus un album de transition ?

Johan van Stratum : Bien sûr, la tournée canadienne ayant généré ce sentiment de groupe soudé, l’envie d’enregistrer un nouvel album s’est imposée de fait. Notre ancien batteur Davy Mickers ayant quitté le groupe pour des raisons personnelles peu après l’enregistrement de « The Flame Within », nous avons ressenti le besoin d’enregistrer rapidement un album avec le line up qui correspond à l’identité actuelle du groupe.

MiB : Parlons du nouvel album « Darker days », qui apparaît plus métal et qui contient plus de mélodies subtiles, plus de finesse dans les arrangements, avec des structures plus complexes que dans « The Flame Within ». Êtes-vous d’accord avec ce point de vue ?

Johan van Stratum : « Darker days » est plus métal, plus heavy que notre album précédent et c’est la direction dans laquelle nous voulions tous aller. Nous adorons jouer live et plus nous jouons live, plus nous partageons cette énergie entre nous sur scène. Et partager ce feeling avec le public et le voir y prendre du plaisir est un sentiment merveilleux pour nous. C’est pourquoi il est très important pour nous d’essayer d’apporter cette même énergie dans nos enregistrements et c’est ce que nous avons voulu faire dans « Darker days ». Mais il est vrai aussi que les arrangements sont plus travaillés et plus fournis sur notre nouvel album. Nous essayons d’apporter de la finesse sur une base énergique.

MiB : Peut-on aussi dire que « Darker days » est plus prog ? Un titre comme « This moment » me rappelle par exemple l’ancien groupe de Marcela Bovio, Elfonia. Pouvons-nous imaginer entendre dans le futur des parties jazz ou classiques dans des morceaux de Stream Of Passion ?

Johan van Stratum : Non, je ne crois pas. Nous avons exploré différents styles pour les assimiler à notre son et le résultat est un rock métal mené par des guitares heavy et une solide rythmique, sur lesquels viennent se greffer des arrangements symphoniques et un piano nerveux ou plus mélodique.

MiB : Comment se passe le processus de création dans Stream Of Passion ? Qui vient avec les idées ?

Johan van Stratum : Marcela propose une ligne vocale mélodique autour de laquelle nous essayons de trouver un accompagnement rythmique. Une fois la structure acceptée, nous allons plus loin dans le détail et finalisons les arrangements définitifs.

MiB : Savez-vous combien de disques vous avez vendus jusqu’à présent ?

Johan van Stratum : Honnêtement, non, aucune idée.

MiB : Quel est le futur de Stream Of Passion ? Prévoyez-vous de tourner internationalement, aux USA, en Amérique du Sud ?

Johan van Stratum : Nous tournons actuellement beaucoup aux Pays-Bas et régulièrement en Belgique. Nous espérons pouvoir tourner en Allemagne et internationalement, notre management y travaille et la sortie de notre nouvel album est une opportunité à saisir dans ce sens. Nous avons un projet en Amérique du Sud, mais je ne peux en dire plus pour le moment.

MiB : Comment considérez-vous le marché européen de la musique ? Que pensez-vous du fait que tous les subsides alloués au secteur culturel aux Pays-Bas seront supprimés dans un très proche futur (ndlr : c’est en effet une loi qui vient d’être votée aux Pays-Bas) ?

Johan van Stratum : Le marché de la musique évolue pas mal, entre autres avec Internet qui génère des impacts positifs et négatifs. Ce n’est jamais facile pour un artiste ou un musicien de vivre de sa musique, il faut être un entrepreneur, s’imposer dans le milieu et conquérir son public, et rien n’est jamais gagné. Nous adorons jouer live, c’est donc essentiellement avec les concerts que viennent nos revenus musicaux. En effet, la nouvelle loi votée aux Pays-Bas ne va certainement pas faciliter la chose dans l’avenir, pas seulement pour la musique mais pour tout ce qui est artistique en général, pour les théâtres, etc. Les gens seront-ils prêts à payer le double ou le triple de ce qu’ils paient aujourd’hui ? Cela va probablement opérer une sélection parmi les artistes.

MiB : Je considère que Stream Of Passion possède une des meilleures chanteuses dans le monde du rock mais il y a aujourd’hui beaucoup de groupes métal avec une chanteuse, surtout aux Pays-Bas. À votre avis, quelle est la spécificité de Stream Of Passion par rapport à d’autres groupes tels que Delain, Within Temptation, Epica, etc. ?

Johan van Stratum : Difficile à dire, je crois que l’on compose avec nos propres caractéristiques et qu’on joue sur scène tels que nous sentons les choses. Nous avons une chanteuse exceptionnelle, de bons musiciens et l’on fait tout pour jouer notre musique en y prenant du plaisir et ainsi transmettre ce plaisir à notre public.


Marcela Bovio : Lorsqu’on a commencé « Darker days », on a commencé à incorporer toutes sortes d’influences et de caractéristiques telles que des rythmes latin du folk mexicain et aussi ma rencontre avec l’Europe. Mais c’est surtout le côté humain et relationnel du groupe qui pour moi en fait sa spécificité, qui en fait la solution alchimique.

MiB : Marcela, vous vivez maintenant aux Pays-Bas depuis 2 ou 3 ans. Quelle est votre impression aujourd’hui des Pays-Bas, de l’Europe ? Qu’en est-il de la culture, de la pluie, de la nourriture, etc. ? Cela a-t-il un impact sur l’écriture de vos textes ?

Marcela Bovio : Le temps et les conditions sont totalement différentes de là d’où je viens. Les gens sont vraiment gentils et très bien, les Hollandais sont vraiment très respectueux, très sociaux, je ne réalisais pas cela et je pense que chez nous, les gens pourraient bien s’en inspirer. Mais être loin de sa famille et le temps est ce qui me manque ici. La neige cet hiver, par exemple, m’a affecté bien plus que je ne l’aurais imaginé et ces jours d’hiver plus courts et plus sombres ont provoqué un impact dans ma manière de voir les choses, que j’ai essayé d’exprimer dans les paroles de « Darker days ».

MiB : Marcela Bovio, vous travaillez aussi en tant que développeur dans le secteur IT, cela signifie-t-il qu’il est toujours difficile aujourd’hui de vivre de la musique uniquement ?

Marcela Bovio : Je travaille plein temps comme IT développeur, mais le reste de mon temps je le consacre entièrement à la musique et au groupe. Travailler comme IT développeur demande d’être créatif, tout comme il faut l’être avec le groupe. Actuellement, mes revenus proviennent à 50% de mes activités IT et 50% de la musique.

MiB : Je crois que vous suivez encore des leçons de chant actuellement, ce qui me surprend étant donné le très haut niveau auquel vous vous situez…


Marcela Bovio : Oui, je suis des cours de chant classique et, même quand on se situe à un bon niveau, il y a toujours des leçons à apprendre et de nouvelles choses à apprendre. J’aimerais bien chanter du classique, ce que j’ai déjà fait au Mexique, mais ce serait en dehors de Stream Of Passion.

Pour terminer, nous avons posé à Marcela Bovio « le questionnaire des premières fois ».

Quel était votre 1er groupe ?
M.B. : Hydra, un groupe de pop metal, avec lequel on s’était payé une démo.

Le 1er concert que vous avez donné ?
M.B. : c’était avec Hydra évidemment, pour mon anniversaire, devant quelques amis, et avec 3 guitares.

Le 1er concert auquel vous avez assisté ?
M.B. : je ne m’en souviens pas, je crois que c’était un groupe pop mexicain.

Votre 1er disque ?
M.B. : le disque d’un groupe espagnol Héroes del Silencio, un groupe rock chantant en espagnol et ayant énormément de succès en Amérique du sud.

Votre 1er héros musical ?
M.B. : Bach, c’est avec lui que j’ai commencé à apprendre la musique.

Votre 1er instrument ?
M.B. : la flûte à bec puis traversière.

Votre 1re composition ?
M.B.: c’était pour Hydra.

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Stream Of Passion

Photos © 2011 Hugues Timmermans

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