DOUR FESTIVAL 2011 (jour 2) : la journée parfaite…

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Deuxième étape du Dour Festival 2011 ce vendredi 15 juillet avec d’un point de vue météo la journée la plus clémente du week-end et du côté musical une affiche alléchante puisqu’entre le retour de Pulp, le post rock de Mogwai et la pop futuriste des Klaxons, les Iles Britanniques étaient particulièrement bien représentées… C’est pourtant avec un groupe belge que la journée débutera au Dance Hall. Même si Hoquets ne comprend qu’un seul natif du pays en son sein, le thème de leurs compositions ne fait aucun doute quant à leurs influences. C’est du belgo-belge pur jus, voire même du belgo-wallon. On part en effet dans une visite en règle des coins les plus pittoresques de Wallonie (“Cha-Cha-Charleroi”) en consommant des spécialités locales (“Couque De Dinant”, “Maitrank”) en compagnie de personnages typiques (“Tchantchès”, “Tatayet”) et le tout avec un sens marqué de la dérision (la chorégraphie sur “Chaud Boulet” vaut le détour). Le genre de mélange improbable (mais réussi) entre les Snuls et les Inconnus, le sens mélodique en plus, malgré qu’ils jouent sur des instruments qu’ils ont eux-mêmes fabriqués avec du brol (sans doute au retour d’une visite d’un parc à containers). Une belle tranche de fou rire et une ambiance de folie dès l’entame de la journée. À découvrir impérativement si ce n’est déjà fait…


La bonne humeur allait perdurer avec Dananananaykroyd sous le ClubCircuit Marquee. Ces six sauvages originaires de Glasgow que l’on avait découverts en janvier 2009 en première partie de Kaiser Chiefs à l’AB n’ont pas leur pareil pour mettre le feu à un auditoire. Quatre musiciens parfaitement au point permettent à deux chanteurs de se démener (le mot est faible…) sur scène et bien souvent dans le public. Ces derniers hurlent plus qu’ils ne chantent mais, bizarrement, le tout reste mélodieux malgré un apparent bordel sonore d’une puissance inouïe. Genre Futureheads en plus extrême, ils sont parvenus à leurs fins (et à nous exploser les tympans).

C’est ensuite Two Gallants qui allaient prendre le relais et nous emmener dans leur univers plus subtil et plus planant. En tout cas c’est ce que l’on pensait car les nouvelles compositions du duo se sont révélées bien plus musclées qu’attendu. Rien à voir avec le groupe qui nous avait profondément ennuyés en 2007 sur la Red Frequency. On a comme l’impression que le batteur Tyson Vogel a récupéré en puissance ce qu’il a perdu en chevelure (qui reste abondante, rassurez-vous) alors que la voix du chanteur guitariste Adam Stephens n’a sans doute jamais été aussi équilibrée pour raconter les histoires qui jalonnent leurs compositions. Et un titre comme “Steady Rollin'” n’a rien perdu de son émotion… En tout cas, le break qu’ils se sont accordés leur ont fait du bien. Vivement le quatrième album.


Etant donné que le nu-metal de Papa Roach (qui jouaient sur la Last Arena) fait désormais très dépassé, direction La Petite Maison Dans La Prairie pour les Français de Syd Matters dont le folk charmeur nous avait enchantés au même endroit il y a trois ans. Ils ont entre-temps sorti “Brotherocean”, leur quatrième album et on s’apprêtait à revivre une belle expérience. Malheureusement, leur prestation nous a paru linéaire et sans éclat, un peu comme si la magie s’en était allée. Ou alors on n’était plus aussi réceptif qu’à l’époque…

Après avoir disparu de la circulation pendant plusieurs années, les Gantois de Das Pop sont devenus subitement hyperactifs. Deux albums en trois ans (dont le récent “The Game”) et une série impressionnante de concerts (ils étaient notamment aux Ardentes et seront bientôt aux Lokerse Feesten ainsi qu’au Pukkelpop). Par rapport à l’an dernier (oui, ils étaient là aussi…), pas grand-chose de changé si ce n’est que les palmiers en plastic en fait place à deux énormes dés à jouer disposés de chaque côté de la scène. Musicalement, ils restent fidèles à leur nom en proposant des compositions légères aux refrains aisément mémorisables mais il faut bien admettre que, l’un dans l’autre, cela ne vole quand même pas bien haut. Même leur version de leur pourtant excellent “You” était loupée. Et les pitreries du leader Bent Van Looy n’ont rien arrangé…

S’en est suivi un petit break (non, pas d’Ice Cube pour nous, merci…) propice pour profiter des derniers rayons du soleil (Monsieur Météo ne s’était donc pas trompé, mais il fallait surtout bien en profiter…) dans l’attente de The Dø, le projet franco-finlandais qui allait monter sur scène au ClubCircuit Marquee. Ils étaient attendus au tournant suite au succès aussi massif qu’inattendu d’“A Mouthful” en 2008 et “Both Ways Open Jaws”, leur deuxième livraison (débarquée en mars dernier), a confirmé le potentiel du duo. Ceci dit, en concert, c’est autre chose et malgré une bonne volonté apparente, ils n’ont jamais dépassé le palier qui aurait fait de ce concert un des temps forts de la journée. Il y a eu de bons moments (“Gonna Be Sick!”, “Slippery Slope” et bien entendu “On My Shoulders”) mais il a quand même manqué quelque chose. À revoir en salle pour se faire une opinion plus précise. Le 12 octobre à l’Ancienne Belgique par exemple.

Les Écossais de Mogwai ont sorti début d’année un nouvel album, “Hardcore Will Never Die, But You Will”, qu’ils sont venus présenter à l’AB voici quelques mois. Ce soir, sur la Last Arena, ils vont jouer une version simplifiée de cette prestation tout en sachant qu’une heure, ce n’est évidemment pas assez pour un groupe dont les morceaux dépassent allègrement le format classique. Résultat, une mini set-list, mais intense avec d’excellents extraits de cette nouvelle plaque (“Rano Pano”, “Mexican Grand Prix”, “White Noise”) mais aussi le puissant “Mogwai Fear Satan”. Ceci dit, ce concert aurait pu dégager davantage d’intensité s’il s’était tenu à une heure plus tardive (c’est-à-dire dans le noir complet) et sous un chapiteau, histoire de vraiment se laisser emporter par des compositions qui ont besoin d’un environnement détaché pour prendre tout leur sens et de vraiment profiter des effets visuels. Une simple erreur de programmation ou une exigence du groupe ?


Surtout qu’au vu du peuple qui s’était massé sous le ClubCircuit Marquee même avant le début de la prestation des Klaxons, on se demande si un switch n’aurait pas été plus judicieux. Eux aussi ont mis pas mal de temps avant de donner un successeur à l’incroyable “Myths Of The Near Future” qui avait donné ses lettres de noblesse à un mouvement appelé nu-rave en 2007. Après bon nombre de sessions abordées et de remises en questions, ils sont réapparus en 2010 avec “Surfing The Void”, un album produit par Ross Robinson (!). Une association étonnante mais qui tient toutes ses promesses, contre toute attente. Ce soir, ils vont démarrer à du cent à l’heure avec un destructeur “Atlantis To Interzone” avant de proposer un set intense, sans temps mort et équitablement réparti entre les hymnes (“Gravity’s Rainbow”, “Golden Skans”, “Magick”,…) et titres plus récents mais boostés par la scène (“The Same Space”, “Twin Flames”, “Echoes”,…). Hormis le son qui laissait par moments à désirer, cela faisait bien longtemps que l’on n’avait plus vu les Klaxons dans une telle forme.

L’incontestable tête d’affiche de la journée (et sans doute du festival) était Pulp, un des acteurs majeurs de la seconde partie des 90’s et associé (à tort sans doute) au mouvement Britpop. Rappelons quand même que Jarvis Cocker a fondé le groupe à la fin des années 70 et a dû attendre 1994 pour goûter à autre chose qu’un succès d’estime grâce à l’album “His ‘n’ Hers”, qu’ils étaient justement venus présenter à Dour cette année-là.

C’est d’ailleurs avec “Do You Remember The First Time?” qu’ils vont intelligemment entamer leur prestation. Mais avant cela, un rideau était tendu devant la scène, l’occultant complètement et faisant office d’écran sur lequel étaient projetées des phrases destinées à faire monter l’ambiance.

Elégamment sapé comme à sa bonne habitude, Jarvis Cocker n’a pas changé d’un iota. Il a toujours la peau sur les os et la parole facile. Derrière lui, le groupe est au grand complet, y compris Russell Senior qui avait pourtant déserté en 1997. On se retrouve donc en présence du line-up classique et légendaire du groupe de Sheffield. Après “Pink Glove” (et ses gestes suggestifs) et “Pencil Skirt”, Jarvis attrape une guitare pour le toujours aussi excellent “Something Changed”. Les jeux de lumières sont intelligemment gérés et confèrent une ambiance idéale pour “Disco 2000” (destiné à contrer les beats des autres scènes) alors que les lasers verts et les fumigènes conviennent à merveille au controversé “Sorted For E’s & Wizz” (qui parle d’une descente d’ecstasy).

A l’instar de Suede (à voir le lendemain au même endroit) et de Pavement, ils ont décidé de raviver la flamme par simple nostalgie. Il n’y a pas de plan sur la comète pour enregistrer de nouvelles chansons, juste prendre du plaisir à jouer leurs titres de bravoure. Jarvis, jamais avare de commentaires et de petites histoires, va s’exprimer longuement entre les morceaux, souvent perché entre deux retours micro. Il va également escalader les murs d’enceintes, faire un tour dans le public avec une mini caméra portable (“I Spy”), rendre hommage à Ian Curtis (qui aurait eu 55 ans aujourd’hui) en récitant un passage de “Love Will Tear Us Apart”, se rappeler que lors de son dernier passage à Dour, il avait joué pour la première fois “Underwear” ou en amorçant un strip-tease langoureux (“This Is Hardcore”).

Impossible de s’ennuyer une seule seconde avec un type pareil et de rester de marbre sur “Babies” et surtout “Common People”, qui va clôturer une prestation impeccable dans une folie indescriptible. Ce soir, on a le sentiment d’avoir assisté à un “moment”…

Il était grand temps d’aller se désaltérer et finalement, c’est du bar que l’on a suivi (si l’on peut dire) la prestation de Vitalic sur la Last Arena. Efficace et dansant, mais en bruit de fond, c’était très bien aussi… Ainsi s’est donc clôturée notre deuxième journée du Dour Festival 2011. Pour demain, surtout ne pas oublier bottes et parapluie…

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Photos © 2011 Olivier Bourgi

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